M BON SENS, RÉVÉLATION ET PHILOSOPHIE
bon sens , comme aussi sur quoi repose l'autorité du christianisme ; mais c'est là toute autre cliose que renier l'un ou l'autre.
U. En second lieu, et par une conséquence immédiate, s'il arrive que la philosophie ne parvienne pas à se rendre compte de toute vérité contenue dans le bon sens ou contenue dans la révélation, la certitude de la vérité qui aura ainsi échappé à sa recherche, n'en sera ni plus ni moins que ce qu'elle était auparavant. Comme si un fait se refuse aux essais d'explication tentés par un physicien, ce fait n'en sera d'ailleurs ni plus ni moins certain.
12. En troisième lieu, il répugne, et c'est là une vérité de bon sens, que si la philosophie s'y prend bien, elle puisse arriver à contredire ce qui était certain avant elle ; si donc il y avait contradiction entre ses solutions et celles qui sont données par le bon sens et par la révélation, cette coniradiction indiquerait de sa part un vice de procédé. On peut remarquer à ce sujet l'utilité de l'orthodoxie pour les progrès de la philosophie. La révélation donnant d'avance la solution de plusieurs problèmes importants, il devient plus facile de les résoudre philosophiquement; et d*un autre côté les erreurs philosophiques sont aperçues et signalées plus vite, par suite plus vite et plus sûrement rectifiées.
13. En quatrième lieu, il peut arriver, 1^ que certaines vérités qui ressortent du bon sens, ne soient pas exprimées formellement par la révélation, ni par la philosophie; 2° que certaines vérités enseignées par la révélation ne soient pas renfermées d'avance dans le bon sens et qu'elles échappent momentanément ou absolument à la vérification philosophique; 3° que certaines vérités purement philosophiques ne se trouvent exprimées d'avance ni par le bon sens ni par la révélation, c'est-à-dire que ces trois choses,