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DES MÉTHODES PHILOSOPHIQUES

le bon sens, la révélation, la philosophie, ont des parties qui leur sont communes, et des parties qui sont propres à chacune d'elles. Ainsi sont réservés, sans empiétement et sans concession fâcheuse, les droits du bon sens, ceux de la révélation et ceux delà philosophie.

Abordons maintenant l'examen de la méthode philosophique.

II. ~ Des méthodes qui ont été suivies jusqu'ici dans les recherches philosophiques.

1. La question de la méthode n'a été traitée que longtemps après le début de la science. Créés pour connaître, ardents à la poursuite de la véiité, nous ne soupçonnons nullement qu'elle puisse ne pas se rendre à nos premiers efforts. C'est en nous trompant que nous apprenons que nous pouvons nous tromper ; et c'est après nous être trompés plusieurs fois, que nous comprenons la nécessité de chercher la vérité d'après des règles certaines.

2. A proprement parler, la science ne suit donc cYahord aucune méthode. Le seul désir de connaître détermine au hasard ses premiers essais. L'homme alors ne réfléchit pas même pour choisir les objets de son étude; il s'attache instinctivement à ceux qui attirent davantage son attention: c'est pourquoi, entre le monde spirituel et le monde matériel, il préfère celui-ci. Car nous nous occupons naturellement et sans effort des corps, tandis qu'il faut nous faire une sorte de violence, pour réfléchir et examiner les choses qui ne se révèlent en aucune manière à nos sens. Les sciences cosmologiques eurent donc la priorité. En Grèce, les premières théories scientifiques, celles qui datent de Thaïes et de Pythagore, ont pour but V explication de Vunivers. C'est la question la plus ambitieuse qui ait jamais été

ai') MÉTHODES EMPLOYÉES

posée, elle a dû être néanmoins la première; car elle est le but définitif des recherches cosmologiques, et quoiqu'elle soit subordonnée à un nombre immense d'autres questions, ce n'est que plus tard qu'on s'en est aperçu et qu'on a pu s*en apercevoir. On a donc posé celte question sans se douter qu'elle fût hors de la portée de l'esprit humain, et par suite de la même illusion, on a cru que pour y répondre il suffisait de développer une grande hardiesse de génie. En d'autres termes, on s'est fait une question insoluble; et tenant néanmoins à la résoudre, on a imaginé, supposé, fait des hypothèses.

Quant au monde spirituel , il n'en fut question qu'en sous-ordre, et on l'assimila au monde matériel.

3. Ainsi, étude du monde matériel, dans lequel on absorba le monde spirituel, emploi de l'hypothèse : voilà les deux caractères de la méthode au début de la science grecque, si on doit donner le nom de méthode à une marche aussi aventureuse.

4. Deux siècles plus tard, la science, après avoir parcouru sous toutes leurs formes les grandes questions qui avaient été posées sur l'origine de l'univers, et n'avoir abouti qu'à des systèmes fictifs et à des contradictions de tout genre, fut appelée par Socrate à s'occuper directement du monde spirituel, jusque-là englobé, en quelque sorte, dans le monde matériel. Ici, le point de départ de la science est changé, ce n'est plus la nature, c'est l'homme. Ce changement est le premier effort de la réflexion, car il est évidemment contraire à notre inclination naturelle, par laquelle notre attention est portée vers les objets sensibles. La philosophie grecque, à proprement parler, ne date donc que de Socrate. Du reste, l'hypothèse ne fut point proscrite et continua de dominer. Platon et Aristote firent sans doute des observations nombreuses et profondes ; mais, en pre-

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