‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 30 sur 271 · MÉTHODES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

MÉTHODES PHILOSOPHIQUES

d'Aquin) des vérités de la foi, et satisfaite de recevoir de l'autorité religieuse des principes certains, elle s'attacha surtout à chercher l'intelligence de ces principes (fides quœrens intellectum) et à en tirer les conséquences. C'est ce qu'on a appelé la méthode de raisonnement et d'autorité.

8. Nous verrons dans l'histoire de la philosophie que cette méthode ne s'est pas introduite sans raison, et que la philosophie, dans ce rôle en apparence secondaire, a eu sa grandeur et son importance. Mais la philosophie peut chercher à établir, autant qu'il est en elle, les principes mêmes dont elle doit tirer les conséquences, et ne pas se borner à les accepter. La méthode d'autorité, quoique siire, et même la plus sûre de toutes quand l'autorité à laquelle on s'adresse est infaillible, n'est cependant pas une méthode philosophique complète. Celui qui s'en rapporte aux savants , et accepte d'eux des vérités qu'il serait incapable d'établir lui-même, a raison d'agir ainsi, mais on ne peut pas dire pour cela qu'il soit savant dans le sens complet du mot.

9. D'ailleurs la révélation donne des principes, mais elle laisse à la liberté et à l'intelligence de l'homme le soin d'en découvrir les applications et de les faire, ce qui est impossible sans l'étude et la science. Loin de s'opposer à un développement philosophique et scientifique, elle le rend nécessaire, inévitable : car c'est par lui seulement que la civilisation enfantée par le christianisme peut avoir toute sa fécondité et toute sa puissance. On peut dire sans paradoxe et on doit dire avec confiance que le libre examen et Vautorité ont chacun leurs droits qui, bien entendus, se soutiennent au lieu de se nuire, et se supposent au lieu de s'exclure.

10. Ce parfait accord qui règne entre les choses considérées en soi, ne se retrouve plus quand on le cherche au milieu des hommes que leur faiblesse rend exclusifs et

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