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CARACTÈRES DE NOS IDÉES

dont est peut-être doué l'animal à qui le phénomène apparaît comme à moi, mais qui n'a jamais songé à la substance dont il sort. Voilà ce qu'on entend quand on dit que l'idée de la substance est nécessaire.

De même, telle connaissance, tel sentiment que j'aperçois en moi, pourrait ne pas y être, conséquemment je pourrais ne pas l'apercevoir; l'idée que j'en ai est contingente. Mais dès que j'aperçois cette connaissance, ce sentiment, il ne peut pas ne pas se faire que je ne conçoive pas qu'il appartient à l'être moi. C'est là une idée nécessaire.

3. Je ne perçois pas d'abord les saveurs en général, les figures en général, mais telle saveur, telle figure. De même j'aperçois en moi telle connaissance, tel sentiment, et non pas la connaissance en général, le sentiment en général. L'idée contingente de phénomène est donc particulière.

Mais il n'est vrai que telle saveur, telle figure, sont la saveur, la figure d'un corps ; il n'est vrai que telle connaissance, tel sentiment, appartiennent à un être connaissant et sentant, que parce qu'il est vrai partout, toujours et sans exception, que tout phénomène suppose une substance. L'idée nécessaire de substance est donc universelle.

4. Le phénomène queje connais existe dans un temps fini, dans un lieu fini, dans une mesure finie, dans un être fini ; mais par un complément nécessaire, ma pensée s'élève jusqu'à un être dont les attributs n'admettent de bornes, ni dans le temps, ni dans l'espace, ni dans le degré. L'idée contingente atteint le fini, l'idée nécessaire atteint Vinfini.

5. Ce que je vois, ce que j'entends, ce que je sens en moi, ce sont des faits actuels, c'est la réalité du moment, relative, qui pourrait ne pas être, mais quand je conçois que tout phénomène suppose une substance, cette vérité que je conçois ne peut pas ne pas être, elle est absolue.

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