‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 59 sur 271 · Idée de cause · texte numérisé non relu

Idée de cause

Veffort musculaire est le premier acte qui dotine lieu à ridée de cause. Aussitôt que l'effort musculaire est connu, nous nous en attribuons la production, nous affirmons que c'est nous qui faisons l'effort, II y a bien là sans doute deux notions distinctes, dont la seconde est amenée par la première, lui est nécessaire et la complète. Mais il est clair que l'affirmation particulière par laquelle nous nous posons comme causes n'a de valeur qu'en vertu d'une affirmation universelle, que tout acte ou produit dérive d'une cause. L*idée de notre cause personnelle nous suggère donc l'idée universelle de cause, comme l'effort perçu nous a suggéré l'idée de notre cause personnelle (2). Une fois munis de

(1) Voir M. Cousin, Critique de Locke.

(2) Nous verrons au chapitre du Jugement et de V Abstraction, comment lious passons de ce jugement particulier : tel acte suppose une cause, au jugement universel : tout acte suppose une cause.

l'idée de cause, nous en renouvelons l'application à tous les effets nouveaux, soit à ceux que nous produisons, actes d'attention, déterminations, etc. ; soit à ceux qui sont produits en nous sans nous, tels que les sensations ; soit aux effets opérés hors de nous et qui nous font conclure les uns à des causes semblables à nous, à d'autres hommes, les autres à des agents secrets et naturels, la vie, l'instinct des animaux, l'attraction, l'affinité, le calorique, etc. Enfin, nous concevons une cause première et infime, aussi nécessaire pour expliquer les causes finies que ces causes finies elles-mêmes sont nécessaires pour expliquer leurs effets relatifs.

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