I. — Donner une théorie des facultés de l'âme
1. Dans le chapitre second de la psychologie nous avons reconnu : 1° deux classes de phénomènes organiques liés aux phénomènes de conscience, savoir les impressions et les mouvements ; 2« trois classes générales de phénomènes de conscience, désignées par les verbes sentir, connaître, agir.
78 DES FACULTÉS DE l'aME.
2. Il reste à assigner à chacune de ces classes une faculté correspondante.
3. Les faits organiques, quoique liés intimement aux phénomènes de conscience, n'ont, nous l'avons dit, aucune ressemblance avec eux. Ils se réduisent en définitive à certains mouvements des nerfs, des muscles. Ils appartiennent à l'homme, considéré comme être vivmit et animé; les phénomènes de conscience appartiennent à l'homme considéré comme être spirituel.
Facultés organiques.
4. Puisque dans l'homme, être vivant et animé, il y a des impressions et des mouvements, il y a donc deux facultés organiques : 1° la faculté d'être impressionné; 2° la faculté de produire des mouvements.
5. On a donné à la faculté d'être impressionné le nom de sensibilité; à la faculté de produire des mouvements, le nom d'activité. Mais comme l'homme, être spirituel, est doué de deux facultés analogues, afin d'éviter l'équivoque on a joint l'épithète de physique ou celle d'organique à ces deux substantifs. Les deux facultés auxquelles se rattachent les impressions et les mouvements sont donc, 1° la sensibilité physique ou organique; â'' l'activité physique ou organique.
6. Si l'on considère que les impressions constituent une série ascendante, ou du dehors au dedans, que les mouvements constituent une série descendante, ou du dedans au dehors, que ces deux séries s'accomplissent dans un même organisme, que la première provoque la seconde, et que celle-ci est une réaction contre celle-là, on en conclura que la sensibilité et l'activité organiques ne sont qu'une seule et même force, tantôt excitée, tantôt excitant.