SENSIBILITÉ PSYCHOLOGIQUE
Comment ces deux ordres de choses si différentes en nature, la sensibilité des nerfs et la volonté, sont-elles ainsi unies et placées l'une sous la dépendance de l'autre? Nous ne saurions l'expliquer. Mais nous aurons à chercher en morale le but que la Providence se propose et le devoir qu'elle impose en établissant cette relation.
II. — De la faculté d'éprouver des sensations ou de la sensibilité psychologique.
i . Nous définissons la sensation d'après son origine : un état de l'âme produit par les impressions des organes, des nerfs et du cerveau.
2. Nous n'avons aucune connaissance directe de l'impression du cerveau ni de celle des nerfs ; mais nous percevons en général l'impression faite sur les organes, et par une métonymie naturelle nous disons que nous la sentons^ ce qui veut dire que nous percevons Vimpression qui nous fait sentir. C'est ce qu'on appelle localiser la sensation. Sentir son corps, sentir ses organes, c'est les percevoir par l'effet de sensations plus ou moins fortes ou plus ou moins faibles.
3. Par une extension de la même métonymie, le mot sentir s'app'ique même aux objets extérieurs, quand leur perception est inséparable de la perception de l'impression organique, c'est-à-dire toujours dans l'odorat, le goût et le toucher, rarement dans la vue et l'ouïe. On dit très bien sentir l'odeur d'une rose, le goût d'un fruit, la chaleur du soleil, c'est-à-dire les percevoir comme produisant de certaines sensations; tandis qu'on ne dirait pas sentir le son d'une cloche, ni sentir la couleur d'un corps (1).
(1) Quand la lumière est vive, l'iuipression faite sur l'œil se perçoit, et on dit alors très bien sentir la lumière, ce qui vient à l'appui de notre remarque.