L'idée de l'infini contient donc les diverses idées né
(1) Tableau des catégories de Kant :
Se^îsibilité : Le temps, l'espace.
Ouantité : l'individualité, la pluralité, la totalité. Qualité : l'affirmation, la négation, la détermination. UGEMENT . Relation : la substance, la causalité, la réciprocité.
Modalité : la possibilité, la réalité, la nécessité. Raison : L'unité.
cessaires déjà énumérées, de temps, d'espace, d'unité, d'identité, de lois invariables, d'iinmtitabilité, de vrai, de bien et de beau.
9. Dans son exercice spontané et primitif, la raison ne produit point les idées sous une forme générale et abstraite, mais sous une forme particulière et concrète. C'est-à-dire que l'esprit n'affirme point d'une manière générale, par exemple, que tous les événements supposent une cause, mais à chaque événement pris à part il affirme une cause productrice de cet événement. Il en est de même de toutes les autres notions rationnelles. La réflexion dégageant l'universel renfermé dans le particulier, arrive seule à ces formules générales.
JO. C'est ce qui explique pourquoi la réflexion n'ajoute rien à la spontanéité et pourquoi cependant les formules obtenues par la réflexion sont incompréhensibles pour les intelligences qui ne sont pas sorties de Tétat spontané. De telle sorte que pour vérifier si telle notion universelle est, en eff"et, dans la raison humaine, il faut de nouveau changer sa forme, et la faire revenir au particulier pour interroger la raison spontanée de l'homme. Par exemple, la majeure partie des hommes ne comprendrait pas sans effort cette proposition : le temps est conçu comme le lien universel des événements, mais il n'en est pas un qui ne réponde pertinemment que tel fait est avant ou après tel autre, ce qui est la forme particulière de cette même proposition.
1. La raison, dans ses diverses notions ou révélations, intervient d'une manière nécessaire, c'est-à-dire par une loi de notre intelligence, qui ne peut s'y soustraire. Déplus, les vérités qu'elle manifeste soit sous leur forme particulière,
soit sous leur forme universelle, sont conçues comme ne pouvant pas ne pas être. Non seulement les changements sont produits par des causes, mais il répugne de concevoir le contraire, et cette vérité est non seulement inséparable de notre intelligence, ce qu'exprime le mot nécessaire, mais nous sommes certains de sa réalité objective, ce qu'exprime le moi absolu. Nous ne sommes point les auteurs ni les maîtres de ces notions qui sont la loi de notre intelligence et que nous ne pouvons ni produire, ni détruire à notre volonté, c'est ce qu'exprime le mot d'iinpersonnel (1). Enfin, tous les hommes les possèdent; les distances, les siècles, les différences de caractères, d'opinions, d'affections, ne changent rien à ce fond commun des intelligences. C'est ce qu'exprime le mot universel.
2. Le caractère d'impersonnel jette d'importantes lumières sur l'origine de la raison. La raison est en nous et ce n'est pas nous qui la constituons ; et non seulement nous ne la constituons pas, mais nous ne saurions la modifier : elle est plus forte que nos efforts, elle est supérieure à nous. Si elle est indépendante de nous, si elle ne vient pas de nous, d'où vient-elle donc ? sans doute du monde dont elle porte l'empreinte. Et quelle empreinte porte-t-elle? celle de l'absolu. Elle exprime ce qui est de soi, ce qui ne peut pas ne pas être, ce qui est avant tout, ce qui resterait «/;m tout, ce qui est éternellement. Elle exprime enfin le monde incréé, la nature clivine.