DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
Tous les globes répandus dans l'infini de l'espace ne sont point de même grosseur. Sans chercher ici la raison de cette différence , reconnaissons-la comme positive ; elle est attestée par toutes les observations. Voici ses résultats.
La force d'Expansion, essentiellement possédée par chaque globe, n'a toute sa puissance que dans l'intérieur de ce globe même ; là seulement , elle est affranchie de la répression exercée par la force expansive des globes environnans.
Et comme cette répression extérieure s'applique en raison de la surface du corps qui la reçoit » il est évident que les globes très petits ne peuvent s'épancher hors d'eux-mêmes qu'avec beaucoup de difficulté, parce qu'ils ont beaucoup de surface relativement à leur volume; tandis que les globes ti'ès volumineux , n'ayant au contraire , relativement , que très peu de surface , ne peuvent être que très faiblement reprimés par l'Expansion des globes extérieurs.
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11 suit do là que les divers globes sonl distinguc's entre eux par plusieurs diiïereiiees deterluuiecs, à leur tour par la diderence des diamètres. Eu premier lieu, les globes d'uu grand volume out des enveloppes faibles et dilatées, relativement à celles des globes d'un petit volume; en sorte que, dans les globes d'un grand volume, l'émission de l'intérieur vers l'extérieur, est une opération facile , ainsi que l'introduction de la substance venue des globes extérieurs ; tandis que, dans les globes de petites dimensions, ces deux opérations se font avec difficulté; mais, dans les uns et dans les autres , elles sont toujours en équilibre; les globes d'un grand volume projettent beaucoup et reçoivent beaucoup ; l'ensemble de leur masse est soumis à un renouvellement abondant et rapide. Au contraire, les globes d'un petit volume pi'ojettent peu et reçoivent peu ; le renouvellement de leur masse ne se fait qu'avec peu d'abondance et de rapidité.
En second lieu, les globes de' petites dimensions ne peuvent, à cause de l'épaisseur et de la densité de leurs enveloppes, lancer au dfehors qu'une substance, non-seulement plus rare, mais plus atténuée, que celle qui est lancée par les globes de grandes dimensions.
Celle-ci , quoique très subtile encore , se trou-
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vaut assez forte , assez abondante , pour que nos yeux puissent Tapercevoir, forme pour nous le fluide éclnirant j auquel nous avons donné le nom àe Lumière.
Ainsi, le Soleil et les Étoiles produisent, par le mouvement expansif de leurs parties centrales, la Lumière qu'elles projettent dans l'espace.
La ténuité et la rareté de la substance lancée par la Terre, la Lune, les Planètes, généralement par les globes de petites dimensions, s'opposent à ce que nos yeux puissent l'apercevoir, à moins qu'ellQ ne soit fortement condensée comme dans les aurores boréales , ou dans certains phénomènes électi'iques , ou dans certaines opérations calorifiques ; alors seulement elle devient visible ; ce qui prouve qu'elle est essentiellement de même nature que la lumière du soleil , et qu'elle émane de ces globes par obéissance à la même force, par obéissance à l'Expansion.
Nous pouvons ainsi poser déjà pour principe : que la lumière , soit solaire , soit planétaire , soit stellaire , n'est auti^e chose que de la matière diversement atténuée par l'Expansion des globes qui la projettent; il n'existe nulle part, dans l'Univers, une substance particulière, à laquelle appartiennent spécialement les caractères du calorique ou ceux de la lumière ; la substance en-
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llère de chaque globe tend sans cesse à se réduire en matière subtile par l'efrort et la nécessité d'obéir à la Puissance première et universelle, à l'Expansion; mais, pour pai'venir à échapper à la répression que les autres globes exercent, elle a besoin d'être amenée à cet état de subtilité qui la constitue luniVcrCy ou calorique , selon qu'elle émane d'une Étoile ou d'une Planète , d'un globe de grandes dimensions, ou d'un globe de petites dimensions.
Ces idées sur la nature identique de Ta lumière, du calorique , et généralement de la matière , seront directement confirmées par un grand nombre de faits, et nous serviront à en expliquer un grand nombre d'autres ; mais nous sentons d'avance qu'elles sont fortement indiquées par le besoin de trouver, dans l'œuvre générale, l'unité parfaite , et la parfaite simplicité. Notre Esprit conçoit avec cette satisfaction , cette facilité , signes de la très grande vraisemblance , que de même qu'il n'y a qu'un mode unique de mouvement, V Expansion , il n'y a qu'un sujet unique de V Expansion, la matière; en sorte que l'Élément isolé , partout où il parvient à la simplicité radicale et absolue , est identique de masse et de figure ; qu'en dessus de cette simplicité , il n'y a que des agrégations plus ou moins avan-
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cées ; que la diversité des corpuscules , même de ceux qui nous semblent indécomposables, -est directement produite par les divers modes selon lesquels les élémens primitifs parviennent à s'agréger. On sent avec évidence que, pour amener toutes les combinaisons possibles, le iNIouvement, qui dispose du nombre, du temps, et de l'espace , n'a besoin que d'élémens très subtils, mais parfaitement égaux.
Ces considérations qui, bientôt, éclairciront les mystères de la Chimie et ceux de la Physiologie, acquièrent déjà le caractère de démonstration à l'aide des réflexions suivantes :
L'Expansion est partout, dans l'Univers, la Force essentielle et unique. Par cela même qu'elle est unique , elle est parfaitement simple , c'est-àdire qu'elle ne peut avoir qu'un seul mode d'application et d'exécution; d'où il suit que , nécessairement, elle agit sur son sujet universel, la Matière , de manière à lui imprimer, au dernier terme, son propre caractère, l'unité, la simplicité , l'identité.
Nous avonsdéjà cherché à fixer nos idées sur les conditions qui déterminent le terme absolu de l'action expansive ; eii ce moment , continuons de tiacer l'aperçu général des Phénomènes Physiques.
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Les globules lumineux lancés par les Etoiles, n'ont jamais plus de masse qu'à l'instant où ils échappent à ces Etoiles mêmes ; à mesure qu'ils s'avancent dans l'espace, ils se divisent; par le seul effet de l'Expansion qui toujours les anime, ils tendent progressivement, et sans. cesse, h se résoudre en leurs élemens.
Le terme arrive où ceux de ces globules qui n'ont point rencontré d'obstacles, sont paiTenus à la division extrême; leurs élémens alors sont libres, et réduits à toute leur ténuité, à celle qui les rend indécomposables ; alors encore , si aucun globe ne leur est opposé, ils suivent la direction qu'ils ont reçue ; ils rencontrent enfin un obstacle ; c'est là qu'ils perdent leur direction.
Comme l'Univers est infini, il est nécessaire que chaque Élément, en mouvement d'Expansion , rencontre enfin un globe qui l'arrête ; par conséquent , il est également nécessaire que chaque globe reçoive constamment, sur chacun de ses points, l'incidence convergente d'un très grand nombre d'élémens qui se poursuivent et se renouvellent sans cesse.
Ces élémens , pro venus de globes très éloignés, ne pénètrent pas jusques au centre des globes qu'ils rencontrent ;, ils sont arrêtés par les enveloppes de ces globes; ils s égarent dans leur sein;
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mais ils commencent par frapper tous les corps dont ces enveloppes sont formées ; en les frappant, ils tendent à les rassembler, parce qu'ils arrivent toujours avec convergence ; et comme leur convergence est uniformément dirigée vers le centre du globe qui les reçoit, ils pressent constamment, vers le centre de ce globe, tous les corps qu'ils peuvent frapper. C'est ainsi qu'ils produisent , dans l'atmosphère , à la surface , et dans les premières couches de chaque globe, de la Terre par exemple , tous les effets de compression, 'à: agrégation et de pesanteur.
Et comme, en quelques points des couches intérieures, ils rencontrent des corps vacillans, mal cimentés, ils finissent par les précipiter dans les entrailles du globe ; là , ils les abandonnent à la puissance d'Expansion.
C'est ainsi que le réservoir intérieur s'alimente de matière ; celle-ci , arrivée dans l'état de composition variée, très hétérogène, se divise , s'élabore , se résout en fluides subtils et homogènes ou peu hétérogènes, en Calorique y en Lumière, en Electricité ^ par obéissance à l'Expansion qui continue de l'agiter, elle reprend la route de l'évasion; elle était tombée de la circonférence vers le centre -, et elle était tombée en masse plus ou moins compacte , plus ou moins volumi- 1. 6
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neusc; maintenant elle s'élance du cm Ire vers la circonférence, et sous forme de corpuscules divisés; elle occupe, par conséquent, un beaucoup plus grand espace; elle cherclic des issues; sous certaines parties de la voûte intéi'ieure elle ne peut en trouver, à cause de l'épaisseur et de la densité des obstacles; alors elle s'accumule, se recompose sous des formes particulières, produit difTérens sels, du soufre, des bitumes, se mêle, à doses indéfiniment variées, aux eaux souterraines qu'elle rencontre , les rend chaudes , gazeuses, thermales i enfin, se condense très fortement sur d'autres points, et là, forme des métaux.
Mais ces divers emplois de la substance intérieure ne suffisent point à son action et à son abondance; pressée par l'Expansion qui toujoui'S l'agite et l'augmente, elle brise, çà et là, les masses qui lui résistent ; elle ouvre des volcans , qui , à leur tour, vomissent avec fracas, et dans le plus grand désordre , des métaux , des sels , du soufre , des bitumes , toutes ces substances confondues avec de l'eau, des sables, des rochers, que l'enveloppe terrestre a fournis.
Cependant de tels actes de l'Expansion irritée sont rares, et, pour une cause que nous exposerons dans la suite , deviennent plus rares cha-
que jour; leur multiplicité n'est plus ne'cessaire; TExpansion intérieure trouve, en quantité presque suffisante , à travers les enveloppes , des issues permanentes ; la matière de l'Expansion teiTestre jaillit sans cesse en Lumière atténuée , en Calorique y en Electricité; et, en jaillissant , ou seulement en faisant effort pour jaillir, elle dilate, elle divise, elle réagit contre la compression exercée, ou du moins toujours sollicitée, par l'impulsion qui émane des globes environnans; elle-même, après avoir produit, à la surface de la terre, ces effets d'extension, de décomposition , suit , avec plus ou moins de rapidité, le mouvement expansif qui la porte vers les autres globes ; elle va , à de grandes distances, exercer, à son tour, la puissance de répression.
On voit ainsi comment une même Cause , l'Expansion, fait passer alternativement la matière par les deux états auxquels elle est destinée, et comment elle l'entraîne à remplir les deux fonctions opposées , dont l'égalité et l'alternative constituent l'Équilibre de l'Univers.
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