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DE LA PESANTEUR

ou GRAVITATION CENTRALE.

Nous venons de jeter un coup d'œil sur l'ensemble des effets que le Physicien considère. Nous allons en parcourir les principaux détails.

La Pesanteur est l'un de ces phénomènes généraux qui se reproduisent sans cesse ) et nous en avons indiqué l'explication : il importe de la rendre précise.

Et d'abord le mot Pesanteur est une expression inexacte ; la matière ne pèse pas ; ce n'est qu'une apparence ; voici la réalité.

Chaque Globe étant, comme nous l'avons dit, au centre de deux actions , l'une produite , l'autre éprouvée , qui , l'une et l'autre , ont pour agent la matière atténuée , cette action et cette réaction mutuelles ont fait que le volume , la densité , et la place de chaque globe ont été déterminés par la nécessité où il s'est trouvé , dès le commencement de son existence , de se mettre en équilibre d'action et de réaction.

Ainsi , en premier lieu , par cela seul qu'un Globe existe , il est en Équilibre entre sa propre

action expansive et l'action compressive dont il est l'objet. Si , par une cause quelconque , l'Equilibre venait à se rompre , comme ce ne pourrait être qu'en faisant passer l'excès de prépondérance vers l'Expansion , puisque c'est la force essentielle et primitive, le Globe entrerait, surle-champ , en pleine dissolution.

En second lieu , ce même Equilibre de chaque Globe démontre que l'intervalle qui le sépare de tous ceux qui l'environnent est rempli par de la lumière en mouvement , se croisant dans tous les sens , et uniformément distribuée ; car si , dans tous les points de l'espace qu'elle traverse , la lumière ou matière atténuée n'était pas distribuée avec égalité , elle ne serait pas en Équilibre avec elle-même ; par conséquent les Globes qui la projettent ne seraient pas en Équilibre entre eux. Les uns éprouveraient une répression trop forte j les autres seraient animés d'une Expansion trop énergique ; dans l'ensemble des Globes , la réaction ne serait pas égale à l'action.

Supposons maintenant qu'au sein de l'espace , et à une distance considérable de tout globe , soit créé subitement un corps de petites dimensions, par exemple d'un pied de diamètre. Ce corps se trouve à l'instant pressé d'une manière

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égale sur tous les points de sa surface ; pai- conséquent , s'il n'a point reçu d'impulsion particulière , s'il n'a été que posé au lieu qu'il occupe , il y demeurera immobiles

Mais si la lumière émanée de tous les globes environnans ne peut point s'appliquer uniformément sur tous les points de la surface de ce corps, si, par exemple, un autre corps, également d'un pied de diamètre , est posé dans son voisinage , alors la Lumière , troublée dans son Équilibre , pressera , l'un vers l'autre , les deux obstacles qui s'opposent à l'uniformité de son impulsion ; elle tendra à les réunir , à les grouper, afin de reprendre cette impulsion uniforme ; elle les fera graviter l'un vers l'autre dans le sens d'une ligne droite dirigée du centre de l'un au centre de l'autre.

Et la vitesse de ce mouvement de gravitation ne pourra pas être constamment la même , parce que , à mesure que les deux corps s'avanceront l'un vers l'autre , ils se présenteront mutuellement une plus grande surface; chacun, par son interposition , arrêtera , sur la surface de l'autre , l'incidence d'une plus grande quantité de lumière ; l'équilibre de pression sera de plus en plus troublé.

Or , la Géométrie la plus simple démontre

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qu'à la moitié de la distance primitive , les surfaces respectives seront quatre fois plus grandes ; la lumière pressera donc avec quatre fois plus de force ; la vitesse de gravitation sera donc quatre fois plus grande.

Et au tiers de la distance primitive , la pression sera neuf fois plus grande ; au quart de la distance primitive , la pression sera seize fois plus grande ; et ainsi de suite ; c'est-à-dire que la pression , toujours mesurée par l'augmentation des surfaces respectives , sera toujours proportionnelle au carré de la diminution de la distance. La vitesse de gravitation croîtra dans le même rapport.

On sait aussi, depuis que Newton l'a démontré , que le mouvement de gravitation s'eft'ectue avec une vitesse qui croît en raison inverse du carré des distances.

Nous avons supposé que les deux corps étaient d'un même volume : s'ils étaient inégaux , si, paiexemple, le volume de l'un était double de celui de l'autre, alors la portion de lumière cachée pour £€lui-ci , serait double de celle qui serait cachée pour le premier ; par conséquent le corps simple graviterait vers le corps double avec deux fois plus de vitesse. C'est encoix; ce que lobservation démontre.

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Supposons maintenant deux corps d'une très grande disproportion, par exemple le Globe de la terre , et ce corps d'un pied de diamètre dont nous nous occupions tout à l'heure. Plaçons celui-ci à une certaine élévation , telle que mille pieds. La gravitation de ces deux corps sera réciproque ; mais la différence de volume étant très considérable , la gravitation de la terre sera insensible , tandis que le corps d'un pied de diamètre, pressé sur une seule de ses faces, gravitera vers le globe avec rapidité. Son mouvement s'accélérera uniformément de manière à ce que les espaces parcourus depuis le point du départ soient proportionnels aux carrés des temps écoulés ; c'est-à-dire qu'après deux secondes de temps , le corps se trouvera avoir fait quatre fois autant de chemin que dans la première seconde ,• après trois secondes , il en aura fait neuf fois autant , et ainsi de suite. Cette progression résulte de ce que telle est l'expression mathématique de la Loi d'impulsion , lorsqu'elle se renouvelle avec uniformité et continuité ; la somme d'effets qu'elle produit successivement dans le sein du mobile , s'accroît comme le carré des temps employés à l'exécution de ces effets.

Lorsque le mobile sera parvenu à la surface de la terre , il la pressera de son poids ; et ce poids

aura pour mesure la quantité de rayons stellaires qui ne pourront le traverser. S'il a beaucoup de densité , c'est-à-dire beaucoup de matière sous un petit volume , il arrêtera un grand nombre de rayons stellaires ; il aura un poids considérable; il affaissera ceux de ses appuis qui n'auront pas beaucoup de dureté. Si , au contraire , il ne contient, sous un grand volume, qu'une petite quantité de matière , il ne sera que d'un faible poids , parce qu'il se laissera traverser par le plus grand nombre des rayons stellaires qui lui seront adressés. On lui donnera , par comparaison , le titre de corps léger.

Telles sont les conditions principales de la pesanteur ou gravitation centrale. INIais plusieurs objections se présentent. Avant de les résoudre, nous devons fixer , le plus clairement possible , nos idées sur l'agent universel de la gravitation.

Cet agent, comme nous l'avons dit, est la lumière émanée des divers globes , soit stellaires, soit planétaires , et réduite , par l'Expansion , à la ténuité du simple élément.

Il est important d'établir que la fonction de substance compressive n'appartient spécialement à la lumière que lorsqu'elle est parvenue à cet état d'absolue simplicité; jusque-là, elle est

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