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parcelle de matière que vous appelez votre cerveau est. indéfiniment divisible, c’est donc une nécessité qu’au lieu d’une âme vous en ayez mille , que votre âme-matière puisse se diviser, ou plutôt se multiplier â l’infini.
Maintenant, au lieu d’un acte de l’entendement, d’une comparaison, prenons pour exemple un acte volontaire, et appliquonslui la même argumentation, toujours en supposant lâme avec les propriétés de la matière, comme divisible et étendue.
20 Nous avons reconnu que l’acte moral reposait sur la liberté que nous avons de faire ou de ne pas faire, c’est-à-dire, de choisir, par le seul effet de notre puissance libre, entre les deux motifs qui sollicitent plus ou moins notre volonté. Eh bien ! si ces deux motifs , qui sont des pensées , peuvent venir se placer chacun dans une partie de l’âme que l’on suppose étendue , n’est-il pas évident qu il n y aura plus là autre chose que la balance des forces, que des poids qui s’ajoutent et se combattent; et alors, que sera et où sera votre liberté? Ne serez-vous pas assujéti, comme une balance immobile, à la nécessité du motif le plus fort? Et l’on ne
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pourra pas dire qu’il y ait en vous un principe supérieur et libre qui décide et veuille, puisque votre âme sera littéralement partagée par les deux motifs qui la sollicitent ; et les deux motifs étant ainsi introduits et casés dans deux fragmens de votre esprit, dites, je vous le demande encore, quelle place restera pour l’exercice de votre liberté?
3° Voici un autre argument qui ne paraîtra pas sans quelque force. Si l ame est corporelle , que doit-on penser des parties de ce corps pensant ? Sont-elles aussi des âmes, comme le tout est une âme? Mais dans une grandeur corporelle , il répugne d’admettre qu’une partie soit égale au tout. Il s’ensuit donc que , chacune de ces parties n’étant point une âme au même titre que le tout est une âme , ce seront autant d’âmes de diverses grandeurs : ce ne seront point par exemple des âmes douées de vie et de conscience. Mais si les parties ne sont pas des âmes douées de vie et de conscience, comment le tout composé de ces parties aura-t-il cette vie? Si chaque partie, en particulier, est privée de la vie, la composition ne la leur donnera pas ; car plusieurs choses inanimées, par leur simple
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adjonction, ne produiront jamais Ja vie, et plusieurs choses privées d’entendement ne produiront jamais i’intelligence.
Ainsi , ou chacune des parties de votre âme contiendra, réfléchira toute entière la vertu spirituelle de votre âme, ou, si elles ne possèdent pas en elles-mêmes cette vertu de la pensée, vous supposez par une contradiction qu’elles la donneront à leur totalité.
4° Et par un raisonnement analogue au précédent emprunté d’ailleurs au célèbre philosophe d’Alexandrie Piotin , le philosophe allemand Moïse Mendelssohn, dans son Phédon, observe avec raison et développe longuement ce point de vue, que la pensée ne peut provenir d'un tout composé , attendu que ces deux derniers termes n’ont aucune valeur réelle, mais seulement sont des créations de l’esprit.
Dans la nature, il y a bien l’idée du tout, mais non celle du composé dans le sens d’harmonie, de symétrie ; tout cela n’est que pure conception de 1 entendement. A ne considérer que la réalité, il y a bien par exemple en architecture, des pierres qui succèdent et coexistent à d autres pierres; mais c’est l’esprit seul qui, par sa vertu active, conçoit l’har-