‹ Cours de philosophieChapitre 37 sur 62 · DE LA CLASSIFICATION DES CONNAISSANCES HUMAINES · texte numérisé non relu

DE LA CLASSIFICATION DES CONNAISSANCES HUMAINES

/ Psychologie.

/Métaphysiques Lj^.^j.^ ; propr. dites )

'■ ... ^^\. i Logique, philosophiques I ° ^

y Morale.

Connaissances métaphysiques

/^Arithmétique.

[Mathématiques I Analyse mathématique.

..Géométrie synthétique.

Connaisssances physiques

/Lexicologie et grammaire.

Littéraires ^ Théorie et critique des ^ ) divers genres de com-

V positions littéraires.

Physiques proprem

iques ) u. ditesl

/'Physique expérimentale.

Chimie.

V Géologie.

. Physiologiques ^

( Botanique.

( Zoologie.

/Mécanique.

l Optique.

,. , } Astronomie.

Physico- /

mathématiques j xhéorie atomique.

Cristallographie.

Connaissances mixtes

ou \ ^Technologie,

physico - métaphysiques

.Théorie des beaux-arts.

Physico- ) .philosophiques \ Histoire.

\ Economie sociale.

380. Cette classification s'arrête, comme on le voit , à des divisions générales. On pourrait sans doute la pousser plus loin. On pourrait (je prends au hasard quelques exemples) diviser la géologie en géographie physique de la surface du globe, et en minéralogie et théorie de la terre ; la zoologie, en zoologie descriptive etanatomique, et en zoologie médicale; l'économie sociale, en jurisprudence et en politique. A son tour, pour me horner à un seul exemple , la zoologie médicale pourrait se subdiviser en hygiène, en pathologie et en thérapeutique. Mais évidemment je ne puis pas avoir pour but de suivre la division de la science jusque dans ses dernières ramifications; ce qui serait du reste au-dessus de mes forces, et ce qui n'aurait ici aucun intérêt. Mais ce qui a une importance vraiment philosophique , c'est d'indiquer avec précision et exactitude les principales branches et leur position respective dans l'arbre généalogique des connaissances, et c'est là seulement ce que j'ai essayé de faire. Je dis essayé; car il faut bien reconnaître que, dans l'état actuel des choses , et lorsqu'un grand nombre de sciences , à peine dégagées des langes de l'enfance , voient encore devant elles un immense horizon à parcourir, ce serait une exorbitante et ridicule prétention que celle d'arrêter une classification définitive des diverses connaissances humaines.

MORALE

O vilae Philosophia dux! Tu

magistra morum et disciplinée fuisti.

CicÉRON , Tusculanes.

381 . Nous avons vu que la volonté humaine pouvait s'exercer librement. Cette volonté libre, qui est à ellemême la raison de ses propres déterminations , nous a été donnée par le bienfaisant auteur de la nature afin que nous fissions le bien de notre propre mouvement, et qu'ainsi nous fussions capables de mérite. Mais la raison est si faible, les passions que nous avons laissées prendre racine dans notre cœur sont si fortes, que la volonté s'épuise et chancelle si elle n'est soutenue dans cette lutte continuelle qu'on nomme la vie humaine : le secours dont elle a tant besoin, elle le reçoit de la morale. Qui pourrait alors se refuser à reconnaître la nécessité de cette partie pratique de la philosophie et sa supériorité sur toutes les autres? Socrate ramenait tout à la science de bien vivre : aussi la vénération des siècles a-t-elle consacré pour lui le nom de sage par excellence. La science purement spéculative est précieuse sans doute; mais la vertu Test bien autrement. Un petit nombre sont obligés de chercher la première; tous sont obligés de pratiquer la seconde , et l'on ne peut se soustraire à cette obligation sans compromettre ses plus chers intérêts.

MORALE. â73

Au reste la spéculation n'a de prix., dans cette vie, qu'autant qu'elle a trait à quelque but pratique. La science doit tendre essentiellement à rendre les hommes meilleurs. Disons une vérité qui ne paraît point assez généralement appréciée à cause des besoins factices qui s'introduisent chaque jour dans la vie trop artificielle des peuples modernes ; c'est que toutes les connaissances, à quelque ordre de choses qu'elles appartiennent, ont des conséquences pratiques plus ou moins éloignées, des rapports à l'ordre moral : c'est à saisir ces rapports que nous sommes principalement appelés. Ceux-là donc renversent l'ordre naturel et méconnaissent leur destination, qui, absorbés par la spéculation, négligent le côté moral des choses.

382. On a dit qu'il était inutile de faire une science de la morale , parce que ses principes étaient évidents. Les principes de toutes les sciences sont évidents ; est-ce à dire pour cela que ces sciences soient inutiles? Et, si . l'on fait attention que les principes de la morale sont, par un privilège qui leur est particulier, sans cesse en guerre avec les passions, on sentira, ici plus que partout ailleurs, la nécessité d'un corps de préceptes explicites. Du reste je suis loin de prétendre qu'une connaissance approfondie et philosophique des principes de la morale soit nécessaire; mais ceux qui sont dépourvus de cette connaissance philosophique, ne sont point pour cela étrangers aux enseignements de la morale. La religion , qui seule peut s'adresser à tous les rangs de la société , fait pour le grand nombre ce que la philosophie ne peut faire que pour quelques privilégiés.

383. Je m'attacherai d'abord à établir les principes spéculatifs de la science; puis je traiterai des devoirs na-

turels, notifiés directement par la conscience, et des droits qui en sont la conséquence. On voit que je ne sépare pas les devoirs des droits qui en découlent. En effet la morale est la science des droits en même temps que des devoirs, et je tiens que tout droit correspond à un devoir et en dérive. En donnant aux droits cette origine sacrée , la seule véritable, on les rend bien autrement respectables : par là ils se distinguent des intérêts et des prétentions ; ils perdent ce caractère de personnalité que leur prête toujours l'égoïsme lorsqu'il s'en constitue le seul défenseur.

MORALE. CHAP. ï". 975

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