‹ Cours de philosophieChapitre 5 sur 17 · PREFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXV

œuvres et cette éternelle bonté qui préside à ses conseils^ tout cela ne suffît-il pas aux plus profonds désirs et aux plus vastes espé<* rances? Est-il une ambition, une curiosité, une admiration, un besoin de providence , de miséricorde et de justice que Dieu ainsi com*' pris ne satisfasse pleinement? Est-il une âme dont il ne soit à tous ces titres et par tous ces attributs la consolation, le soutien, Féternelle félicité? Est-il une douleur qu'il n'adoucisse, une joie qu'il ne purifie ? Est-il rien où il soit en défaut?

Mais la religion elle-même, comment se montre-t-elle à nos yeux? Nous paraît-elle de nature à ne pouvoir fleurir dans toutes les consciences également? Ne se développet-elle chez le plus pieux qu'aux dépens du moins pieux? Ne confère-t-elle au premier les trésors de ses grâces qu'en 1^ enlevant au second ? ne couvre-t-elle l'un <Ttju'en dépouillant l'autre ? Non ; la religion est au contraire toute de sympathie et de communion. Noiis adorerions tous le même Dieu, et ^nous* l'adorerions du même cœur, dans le mênaîe culte et sous les mêmes formes que nous n'en serions que plus fervens, inspirés que nouis serions par ce concert de louanges adressées

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an Seigneur ^ ou des milliers de voix , s'unissant à la nôtre , viendraient comme l'envelopper, la soutenir et l'animer. La terre entière serait devant Dieu dans de semblables sentimens de vénération et d'amour , qu'elle n'en serait que plus ardente et plus pure en ses vœux. Ici encore «n opposition avec les biens matériels, plus il y a d'âmes à participer, meilleure est la part de chacune.

Ainsi, en religion comme en science, comme en poésie , comme en morale , toute richesse qui se communique , augmente au lieu de diminuer ; en quoi parait toute l'infériorité du bien réduit à l'utile , comparé au vrai bien, à celui qui, avec l'utile, embrasse les autres élémens de la perfection humaine*

Telle est, j'ose l'espérer, une des vérités salutaires qui sortiront de la lecture attentive de cet ouvrage , et qu'il peut pour sa part contribuer et servir à répandre parmi le peuple; non que je le croie directement accessible et utile au peuple, il est trop systématique, et le langage en convient mieux aux intelligences savantes qu'aux hommes de simple sens. C'est encore, quoique consacré aux matières de la morale , un

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traite de philosophie^ c'est , eomme je l'ai dit en commençant^ de la psychologie appliquée^ Mais de tout ouvrage, de quelque: valeur , quelle qu'en soit d'ailleurs la forme, il transpire infailliblement certaines idées, certains principes , qui , de dégrés . en dégrés , de diffusions en diffusions j.. finissent toujours par descendre et parvenir j,usqu'aux mas* ses; qu'il en soit ainsi du mien ; que connu seulement d'abord de ses. juges naturels, il ait ensuite avec le temps et par voie de commentaires.^ d!explications et d'interprétations, un public- plus nombreux, le public du grand nombre; qu'un peu plutôt ou un peu plus tard,, sans que personne {précisément en prenne le soin et le souci par le fait de tout le monde , qui , comme la force des choses, pousse tout à son terme, il arrive insensiblement, réduit il est vrai et refait, transformé et perdant son nom, à cette conscience commune où aboutit toute idée ; qu'il y porte, avec l'amour du bien^ le courage et la patience, l'espérance et la paix, cela peut suffire à mon ambition. Non que je sois indifférent à toute autre espèce de gloire et insensible au fond du cœur a la fortune littéraire. J'ai ma part, tout comme un au^

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tre, des nobles désirs, ou si Ton aime mieux , des faiblesses de l'écrivain ; mais cependant le mérite, auquel je tiens par dessus tout, est celui de faire sortir du livre que je publie quelques utiles leçons , et d'avoir, de près ou de loin, sur les opinions et les mœurs , une action qui contribue à les rendre meilleures et plus honnêtes.

Je voudrais, avant de finir, présenter encore quelques remarques , que je ne crois pas déplacées.

Une préface, selon moi, termine et ne précède pas le livre auquel elle se rattache ; le commencement dans l'ordre de publication , elle est la fin dans l'ordre de composition ; résumé et non prélude , elle feL surtout pour objet 5 de revenir sUr reriàemble des questions qu'on a traitées et d'en apprécier, d'un dernier coup d'œil, les solutions générales. C*^st ainsi que j'ai conçu chacune de celles que j^ai écrites, et que je conçois aujojifrd'hui celle que je soumets au lecteur.

Aussi vais-je en profiter pour faire une sorte d'examen de plusieurs points de mon travail qui me paraissent demander explication ou rectification ; si ce n'était pas trop dire et prendre un rôle qui ne convient guère à un

auteur, j'appellerais cet examen un juge»

ment, une critique.

Et d abord, en relisant la section du chapitre 1^^ ^ où je traite du bien de r intelligence^ je ne suis pas parfaitement sûr de l'avoir suffisamment développée ; je n'y ai rien dit que je ne voulusse dire; mais je n'y ai pas dit tout ce que j'aurais voulu ; peut*être aurais-je bien fait de m'y étendre davantage. L'intelligence JQue un tel rôle dans la vie morale de l'homme, elle a une telle part dans sa desti* nation , qu'on ne saurait mettre trop de soin à en faire sentir toute l'importance. C'est par l'intelligence que nous avons la eonnaissance de nQUs^ibémes ; or, quoi de plus capital que cette connaissance pour toute csr

pèce de perfectionnement? C'étaitunprincipe de Sqcrate , que le plus beau fruit de la phi** losophie était dfe savoir s'entretenir ot converser avec soi-même. Rien en effet n'est meilleur^ pourvu que, dans ee retour sur soi-même, on apporte un soin sérîi&ux de tout voir et de tout juger, qu'on ne se dissimule aucun secret , qu on ne s'épargne aucun reproche, et qu'on ne s'accorde son estime qu'à bon droit et selon le vrai ; il ne peut pas y avoir pour l'âme un plus salutaire

exercice. Les religions l'ont bien senti quand sous des formes différentes, mais d'accord sur le fond elles ont consacré d'un de leurs préceptes l'examen de conscience. Connais-toi toi-même, avait dit à l'homme la religion païenne; confesse-toi à Dieu, lui a dit à son tour la religion chrétienne ; et toutes deux lui ont recommandé ce recueillement intérieur , afin qu'il eût à reconnaître le bien et le mal qui étaient en lui; seulement l'une n'a pas demandé , tandis que l'autre a voulu que cet acte s'accomplît sous le regard et pour ainsi dire au tribunal de Dieu. Tant d'importance attachée par la philosophie et les religions à la connaissance de soimême, montre assez que ce n'est pasiàun de ces actes vulgaires qu'on peut négliger ou acconiplir sans grand dommage ou grand profit ; tout bien y est lié , toute perfection en dépend. Pour qui s'ignore soi-même , il n'y a plus aucune sagesse , il n'y a que des instincts , des pratiques aveugles , des faits sans moralité, une vie brutale et inintelligente, à la place d'une vie éclairée et dirigée par la raison ; pour qui se sait au contraire , il y a tout un avenir de réforme, de progrès et de constante amélioration. On ne porte pas en

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vain ses regards sur son âme ; on ne se dit pas avec réflexion : voilà ma vie, voilà mes œuvres; les voilà avec leurs motifs , leurs intentions et leurs desseins , sans se féliciter ou se re* pentir , sans prendre la ferme résolution de persister ou de se corriger. L'examen de conscience né suffit sans doute pas ; il en est de cet acte comme de la prière; la prière est une aspiration, une adhésion de cœur à l'ordre que doitsuivrepour lacompléter la pratique même de Tordre, de même lexamen de conscience; il lui faut une conséquence , un complément et un achèvement ; mais c'est une si excellente préparation et une initiation si efficace aux volontés sages et légitimes , qu'en vérité je conçois le pouvoir singulier qu'on lui a parfois attribué. A prendre les choses à la rigueur , il n'entraîne pas de plein droit l'expiation et l'absolution. Il n'est pas la seule condition , le seul élément de pureté , il faut y joindre l'épreuve , la vertu au sein de l'épreuve et la religieuse application à rentrer ou à se main* tenir dans la droite et bonne voie. Mais il n'est pas moins vrai que par lui-même , s'il est sincère et judicieux, accompagné de ferme propos et soutenu de résolution , il est le principe assuré de toute régénération morale, qu'il

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détache vraiment et délie du péché , comme il affermit dans l'attachement au juste et à l'honnête. L'examen de conscience se résout inévitablement en condamnation ou en approbation, en repentir ou en congratulation, enfin en une leçon de bonne vie, qui rarement manque son effet; car on se 'croit toujours soi-même , quand on se dit de telles choses 5 et comme toutes les fois qu'on croit , on est disposé à agir dans le sens de sa croyance.

Mais la connaissance de soi-même ne vaut pas seulement pour les actes du genre de ceux dont je viens de parler, et qui sont plus particulièrement du domaine de la morale; elle vaut encore pour tous les actes dont est capable l'âme humaine. Il n'est pas une de nos facultés dont l'exercice légitime ne présuppose une certaine étude, une certaine science de nous-mêmes. Quel est le premier précepte qu'on donne à celui qui veut tenter quelque travail et quelque tâche ? Consultez- vous, lui dit-on , et voyez ce que vous pouvez faire. On le dit au savant , on le dit au poète , on le dit à l'artiste et à l'industriel ; eux-mêmes, ils ont commencé par s'interroger sur leur nature ,

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sur leurs besoins et sur leurs moyens, et c'est dans ces réflexions qu'ils ont reconnu leur vocation. C'est une pensée qu'on retrouvera en plus d'un endroit de cet ouvrage, que l'humanité en quoi que ce soit n'a de grandeur que par l'épreuve ; or, l'épreuve, tient à la conscience, ce sont toutes les impressions douloureuses et irritantes qui viennent au sein de l'âme provoquer et exalter, par des atteintes souvent bien rudes , l'activité dont elle jouit, mais dont elle ne jouit librement , moralement et avec vertu , que quand par ht connaissance d'elle-même elle a appris à s'en servir. De quelle époque morale , de qiièl &it psychologique datent dans l'his* toire des sociétés la naissance ou la renaissance des arts, des lettres et des sciences?

de cette époque et de ce fait où les sociétés passant de la barbarie à la civilisation , c'està-dire d une première conscience à une autre conscience d'elles-mêmes , du sentiment de la seule vie brutale et matérielle , au sentiment de la vie morale et intellectuelle, font ^Ebrt pour satisfaire non plus seulement leurs appétits et leurs penchans purement physiques, mais de nouveaux, de plus nobles et de plus profonds besoins. Et

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iDême pour ce qui regarde l'utile , quand se montre une économie meilleure et mieux entendue? Quand on sait mieux apprécier les nécessités de la vie, qu'on les comprend mieux et qu'on peut y pourvoir avec plus de tempérance et de prudence. La connaissance de soi-même est de tout dans l'exercice de l'activité humaine. Elle est le commencement de toute sagesse.

Voilà une partie des considérations que je désirerais avoir présenté dans le chapitre que j'ai indiqué. Je les donne ici comme un supplément encore sans doute bien imparfait, que je prie le lecteur de rattacher à ce chapitre. C'est un service qu'il me rendra.

Je souhaiterais encore , au sujet du bien de ^intelligence , avoir montré avec plus de développement tout ce que l'âme gagne de perfections à cultiver sa pensée par l'art et la science ; de celles surtout de ces perfections qui ne sont plus précisément de simples mérites de l'esprit, mais des qualités et des biens du cœur^ Il est certain , en effet, que ce ne sont pas seulement le sentiment et l'imagination , le bon sens et la raison , facultés tout intellectuelles qu'excitent et font

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valoir la recherche et la perception , soit du beau^ soit du vrai; mais aussi d'autres dispositions, d'autres penchans de notre nature, de généreuses affections , de douces et nobles sympathies , le de'sintéressement , le dévouement, l'amour sincère de l'humanité, une pure et vive religion. Quand on a bien le goût du vrai , qu'on se plaît à le sentir , à le comprendre , à s'en nourrir, on a l'amour de tout ce qui a son principe et sa racine dans le vrai; on vit selon l'ordre par philosophie ; on est sage parce qu'on est savant. Être attaché à la vérité , à toute la vérité, c'est l'être par suite à la loi, qui n'en est que l'expression , qui n'est que la vérité sous sa forme obligatoire; c'est être docile à la règle en pensée comme en action, c'est à la fois voir et faire, faire ce qu'on voit et ce qu'on croit. Ainsi, à prendre le fait avec toutes ses conséquences , la science donne la vertu; seulement elle la donne telle ou telle, physique, sociale ou religieuse, selon qu'elle-même a pour objet Dieu , l'homme ou la nature ; comme elle se divise , elle la divise ; elle la partage à son image ; mais si elle était une , elle la ferait une ; la toute science ferait la toute vertu.

xlvj P&EFACE.

Le beau est comme le vrai, dont il n'est, au reste, qu'un point de vue. On ne l'admire pas, on ne l'adore pas sans essayer de l'exprimer, sans tenter de le représenter et de le réaliser de quelque façon, sans en être de quelque façon \e faiseur^ le poète. Or, il y a une manière d'en être le poète, qui est bien encore, si l'on veut, une sorte d'art et de talent, mais qui est quelque chose de mieux; car c'est lart dans l'honneur, le talent dans la vertu; c'est la poésie appliquée à la pratique de la loi morale. En effet, qu'un homme, ému de la beauté du devoir , l'âme ravie de l'idée qu'il s'en forme avec amour , s'efforce de faire passer son impression dans ses actions^ que, selon les circonstances, il soit brave, désintéressé , juste, humain ou religieux , et qu'il le soit excellemment, il est poète alors, non par le génie , il est vrai , mais par le cœur et le caractère ; non en amusant de sa pensée de curieuses imaginations, mais en se dévouant avec enthousiasme à une haute et sainte mission. Il est poète dans la meilleure, la plus noble acception du mot ; il fait vraiment œuvre admirable. Nul doute que dans ce point de vue le sentiment du beau ne soit un principe de moralité.

PRÉFACE. xlvij

Voilà quelques-unes des réflexions qui me paraissent nécessaires à ajouter au chapitre du bien de V intelligence.

On ne s'attend pas certainement que j'aille ainsi successivement de chapitre en chapitre, donnant à chacun d'eux son complément et son commentaire ; je ne l'ai fait . pour le premier 5 que parce que le défaut de développement m'y a paru trop sensible. Je me bornerai pour les autres à quelques remarques très-générales.

Peut-être jugera-t-on que j'ai donné une idée suffisante du bien de la sensibilité et du bien de la libeité ; si surtout l'on y ajoute ce que j'ai dit sur le même sujet en plus d'un endroit de la psychologie. Comme sous deux titres différens {Psychologie et Morale^ , mes deux ouvrages n'en font quun'; je ne crains pas, quand je le crois bon, de renvoyer de l'un à l'autre , d'expliquer l'un par l'autre.

Le chapite du bien de Vâme dans son rap-port avec la nature est , non pas sans doute par le fonds , mais par la forme et son intro^ duction dans un Traité de morale.^ une sorte d'innovation. Pour la justifier , j'ai dû entrer dans quelques explications qui ne sont peut-être pas exemptes de répétitions et

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de longueurs. Mais j'ai voulu que ma pensée ne pût pas être mal comprise, et c'est pourquoi j'ai insiste'. Malheureusement je n'avais pas ce qui m'eût été nécessaire pour bien prendre mes avantages en une semblable matière , je veux dire, la connaissance des sciences physiques et naturelles. Je me suis donc borné à ce qu'on pourrait appeler la philosophie de la question. Je crois m'être placé dans le vrai, mais je n'y suis pas entré profondément, et m'en suis tenu presque toujours aux plus sommaires généralités. Je le regrette, car il y avait là quelque chose de neuf k présenter. •

Je n'ai rien à dire sur le chapitre du bien relatif a la société; j'avais à éviter les lieux communs , je ne crois pas y être parvenu ; j'ai seulement tâché de préciser certains points du sujet qui, la plupart du temps, sont et restent trop vagues.

On verra comment au chapitre suivant, du bien relatif a la divinité y j'entends l'œuvre et la prière. J'en ai cherché , mais en aije trouvé la véritable solution? c'est ce que le lecteur décidera.

En traitant du beau moral ^ je me suis attaché à montrer qu'il n'est , sous tous les

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rapports , que la perfection et rexcellence du bien. Je ne pense pas avoir laissé cette opinion sans lumière ; à mes yeux du moins elle est évidente.

En voici une qui ne l'est pas moins , mais que je conçois mieux qu'on me conteste , c'est qu'il n'y a pas de bien sans bonheur. J'ai mis quelque application, peut-être même quelque insistance à l'établir dans sa vérité , et à prouver que, bien entendue, elle se défend contre toutes les objections auxquelles d'abord elle parait sujette.

Il ne me reste plus qu'à faire remarquer que touchant le mal et le malheur, je n'ai guère fait que tracer un résumé rapide des solutions que je propose. Il était inutile de m'y arrêter , après tout ce qui venait d'être dit du bien et du bonheur. Je crains cependant qu'il n'y ait dans ce morceau trop de sécheresse et de concision. Dans l'intérêt de mon ouvrage, j'aurais mieux aimé finir d'une ma*, nière moins aride ; mais la logique m'a fait la loi , et j'ai dû sacrifier avec sévérité des développemens qui n'avaient pas leur nécessité et leur raison.

Je prendrai congé du lecteur, en lui offrant , sous forme de maximes , les principaux

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points de la doctrine enseignée dans cet ouvrage; il aura ainsi d'avance un abrégé de ma pensée , qui ne lui sera peut-être pas inutile pour mieux en suivre l'exposition.

c( Soigne ton âme avant tout ; soigne-la dans son intelligence , sa sensibilité et sa liberté*

« Autant que tu le peux par conséquent^ rends-la propre à la science, à Fart et à Télo* quence.Purge-lades mauvaisespassions; con* serve-lui au contraire, etconserve*lui,enles épurant, celles qui sont bonnes et légitimes.

ce Qu'elle sache se posséder , délibérer et vouloir avec sagesse et énergie; qu'elle fasse tout ce qui est en son pouvoir pour le bien et pour l'ordre.

c Soigne ton corps et la nature dont il n'est qu'une partie^ afin de devenir toi-même meilleur et plus parfait; soigne-les à la fois sous le rapport de la beauté et de l'utilité , et comme conditions matérielles de puissance et de vertu.

« Respecte et aide dans leur droit, c'est-àdire dans leur destination , tes semblables , tes frères et les sociétés qu'ils forment entre eux sous le nom de familles , d'états et de nations. Sois juste et bienveillant dans tous

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tes rapports avec eux. En faisant leur bien , tu feras ton bien.

«Honore et adore Dieu ; rapporte-lui toutes tes actions ; couronne chacune de tes œuvres par une œuvre supérieure , plus générale et plus sainte , qui les embrasse et les consacre toutes y et soit dans sa plus haute expression le culte de Tordre universel , la conformité à la loi des lois , l'aspiration au principe qui est la souveraine perfection.

oc Agis ainsi constamment, et tu arriveras en même temps au bien et au bonheur, à tout le bonheur qui doit être la suite du bien que tu feras ; car c'est là le double but auquel tu parviendras, si tu suis sciemment, librement et moralement , la loi que ta raison te trace au nom de la Providence. »

MORALE

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