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spéculative sous le premier aspect puisse aucunement altérer J l'indispensable séparation des deux puissances, c'est par Ià;j| au contraire, que cette division doit être suffisamment con- 5| solidée : car, si celle des deux forces positives qui est?j| inévitablement inférieure en ascendant temporel Tétait aussi en considération sociale, une telle pondération serait aussitôt détruite, par l'entière dégradation de l'autorité spirituelle, ~$Wê C'est précisément de l'opposition naturelle de ces deux sortes^wS de suprématie que résultera entre les deux pouvoirs un état "■ iMÏI normal de rivalité générale, heureusement incompatible avec'||pl le despotisme prolongé d'aucun d'eux, et qui, malgré sa teniî§§l| dance inévitable à susciter quelquefois de graves conflits n'eri^fte constituera pas moins, comme je l'ai montré, la principale^ source régulière du mouvement politique. Du reste, eu seâ " reportant au principe philosophique de notre théorie .hiéràf^jk chique, il est clair que la même conception scientifique qui||| établit la dignité supérieure de la classe spéculative indiqué^S! directement la prépondérance pratique du pouvoir actif, enJJ les rattachant à l'ascendant nécessaire de la. vie organique^ proprement dite chez les plus éminentes natures animales,^ sans excepter la nature humaine, même parvenue à son plus^j noble développement social, suivant les explications décisives^ des quarantième et cinquante-unième chapitres. ''Mm
Nous avons ainsi suffisamment apprécié la principale diviVlf sion sociale, celle qui correspond aux deux modes les plus|| distincts de l'existence humaine, et qui régularise les deuxjë manières les plus différentes de classer les hommes, selon VSSÈ capacité ou selon la puissance. Il devient dès lors facile de m caractériser, d'après le même principe hiérarchique, la plà^è importante subdivision de chacune de ces deux grandes classesj| déjà indiquée d'ailleurs, quoique à une autre fin, au débutf|7 de ce.volume. Quant à la classe spéculative, elle se décom-tj| pose évidemment en deux très distinctes, suivant les deux directions fort différentes qu'y prend le commun esprit conteaï platif, tantôt philosophique ou scientifique, tantôt esthétique^ ou poétique. Malgré la similitude essentielle de mœurs ;ret| d'opinions qui doit rapprocher spontanément ces 4eux nfS tures contemplatives, en les séparant nettement de la naturel active, leur évidente diversité n'en constitue pas moins uney| nouvelle application irrécusable de notre théorie de coorditl nation. Quelle que soit l'importance sociale des beaux-arts]^ comme je l'ai soigneusement expliqué aux cinquante- troll'
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sième et cinquante-sixième chapitres, et quoique l'avenir leur réserve une éminente mission, que j'indiquerai directement à la fin de ce volume, il n'est pas douteux que le point de vue esthétique ne soit moins général et moins abstrait que le point de vue scientifique ou philosophique. Celui-ci est immédiatement relatif aux conceptions fondamentales destinées à diriger l'exercice universel de la raison humaine ; tandis que l'autre se rapporte seulement aux facultés d'expression, qui ne sauraient jamais occuper le premier rang dans notre système mental : en sorte que, chez la classe philosophique, le type humain s'approche nécessairement davantage de sa perfection caractéristique, par un essor supérieur des facultés d'abstraire, de généraliser et de coordonner, qui constituent certainement la principale prééminence de l'humanité sur l'animalité. Le principe biologique de notre hiérarchie sociale représente directement cette inégalité nécessaire entre les deux classes spirituelles : car si, en descendant l'échelle animale, les aptitudes industrielles sont celles qui, à raison de leur dignité inférieure, persistent le plus longtemps, on voit aussi les aptitudes esthétiques, sans se prolonger, à beaucoup près, autant, disparaître néanmoins plus tard que les aptitudes scientifiques, lesquelles, appréciées suivant leur attribut essentiel d'une certaine prévision des phénomènes, cessent ainsi bien plus promptement que toutes les autres, en témoignage "incontestable de.leur universelle suprématie. Pour la classe active ou pratique, qui nécessairement embrasse l'immense majorité, son développement plus complet et plus prononcé a déjà dû rendre ses divisions essentielles encore plus tranchées et mieux appréciables ; en sorte que, à leur égard, la théorie hiérarchique n'a guère qu'à rationaliser les distinctions consacrées jusqu'ici par l'usage spontané. Il faut, à cet effet, y considérer d'abord la principale décompo-' sition de l'activité industrielle, suivant qu'elle se borne à la production proprement dite, ou qu'elle se rapporte à la transmission des produits ; le second cas est évidemment supérieur au premier quant à l'abstraction des opérations et à la généralité des rapports : aussi est-il plus exclusivement propre à l'humanité. On doit ensuite subdiviser chacun d'eux selon que la production concerne la simple formation des matériaux ou leur élaboration directe, et que la transmission est immédiatement relative aux produits mêmes ou seulement à leurs signes représentatifs : il est clair que, des deux parts, le dernier
ordre industriel présente un caractère plus général et plus* abstrait que le précédent, conformément à notre règle cons- <5 tante de classement. Ces deux décompositions successives S constituent spontanément la vraie hiérarchie industrielle, en":é plaçant au premier rang les banquiers, à raison de la généra|H lité et de l'abstraction supérieures de leurs opérations propres^S ensuite les commerçants proprement dits, puis les manufac||l riers et enfin les agriculteurs, dont les travaux sont nécessai«";£« rement plus concrets et les relations plus spéciales que che£v||j les trois autres classes pratiques. ^pl
A cette coordination fondamentale de la nouvelle économi^H sociale, il serait ici déplacé d'ajouter aucune subdivision plusJfJS secondaire, soit spéculative, soit active ; outre que des dïsâl tinctions trop multipliées, qu'elle qu'en fût l'homogénéité|-3 offriraient d'abord le grave inconvénient d'altérer ou de diss£j|l muler l'unité nécessaire des classes correspondantes. Quand lof|| progrès de la réorganisation positive en aura suffisamment^^ indiqué la nécessité, il sera facile de les déterminer graduel-^ lement par l'application plus prolongée du même principé|l hiérarchique, sans qu'il convienne de trop anticiper, à cclj| égard, sur les besoins successifs. C'est pourquoi je m'abstiens^ à dessein de combiner ici les diverses indications spontané-^ ment obtenues dans les volumes précédents quant à la décom-;p*l position rationnelle de Tordre spéculatif, soit scientifique^^ soit esthétique, afin d'éviter toute discussion prématurée, quij|| pourrait faire oublier ou méconnaître la principale considéra-,^ tion. Je dois seulement, envers le premier, rappeler directe4^| ment la remarque déjà mentionnée, au début de ce volumeiV-|| • sur la distinction provisoire entre l'esprit scientifique propre-;'|f ment dit et l'esprit vraiment philosophique. Tout en appli^ quant cette distinction dans notre élaboration dynamique, quiM sans cela eût été confuse, j'ai soigneusement averti qu'elle ne;|| pouvait avoir qu'une simple destination historique, pour l&fSgj partie de la transition moderne où ces ckux esprits ont éièS" en effet, exceptionnellement séparés ; mais qu'une telle divi-| sion devrait être radicalement écartée pour la conception statique de l'ordre final, dont elle empêcherait directement^ l'appréciation rationnelle, comme reposant sur une vicieuse! opposition entre des facultés essentiellement identiques, sauf|| les inégalités de degré. Quoique j'aie eu ci-dessus implicite-;ment égard à cette indispensable condition, son importance)^ me détermine cependant, aGn de prévenir toute incertitude, àj|
ea formuler ici une dernière expression directe, en indiquant que, à l'état positif, la science et la philosophie, ainsi qu'elles doivent être conçues l'une et l'autre, seront désormais entièrement confondues, en sorte que le reste de ce volume emploiera indifféremment l'une ou l'autre dénomination.
Envers les subdivisions ultérieures de la hiérarchie positive, la considération vraiment essentielle qu'il faille signaler ici consiste en ce qu'elles émaneront toujours du même principe fondamental qui vient de nous fournir les distinctions primordiales, de façon à maintenir constamment l'unité nécessaire du classement social. Pour caractériser nettement une telle uniformité, il suffira de l'étendre directement à la plus extrême subordination industrielle, celle qui, dans chaque espèce de travaux, existe entre l'entrepreneur proprement dit et l'opérateur immédiat. Or cette coordination, la plus élémentaire de toutes, et qui, par suite comporte, surtout aujourd'hui, les plus dangereuses collisions, à raison de la continuité et de l'intimité des contacts, se rattache évidemment à notre principe hiérarchique, puisque le caractère propre de l'entrepreneur est certainement plus général et plus abstrait que celui du simple ouvrier, dont l'action et la responsabilité sont moins étendues. Ainsi cette dernière subordination, si importante à consolider, n'est assurément, en elle-même, ni plus arbitraire ni moins immuable qu'aucune des autres : à l'état normal, elle ne constitue pas davantage un abus de la force ou de la richesse, et repose sur les mêmes titres que les relations les moins contestées. Quoi qu'il en soit, il n'est plus douteux que le principe propre à expliquer ainsi, conformément aux indications spontanées de la raison publique, à la fois les cas les plus généraux et les plus particuliers, s'adaptera sans effort à une pareille appréciation des divers cas intermédiaires, aussitôt que l'application sociale l'exigera véritablement, malgré qu'on doive maintenant écarter, à ce sujet, toute vicieuse anticipation.
Par une facile combinaison des différentes indications qui précèdent, chacun peut désormais concevoir spontanément une première esquisse rationnelle de l'ensemble de l'économie positive, régulièrement disposée en une seule série statique, ordonnée suivant la généralité et l'abstraction toujours décroissantes du caractère social correspondant, et destinée à servir de base ultérieure à toute saine spéculation quelconque sur l'harmonie finale des sociétés modernes. La subordination
normale qui en résulte sera naturellement consolidée d'après ' son intime homogénéité; puisque, dans une telle hiérarchie, chaque classe ne peut méconnaître la dignité supérieure desprécédentes qu'en altérant aussitôt son propre titre essentiel' envers les suivantes, vu l'uniformité constante. du principeiStl de coordination ; les classes même les plus inférieures ne">|i sauraient oublier que ce principe coïncide nécessairement ";:^,f1 avec celui qui, plus largement appliqué, légitime la supério-;v^Çl rite de l'homme envers tous les autres animaux : on voit, en 4^
. outre, d'après les explications du cinquantième chapitre, qnè^g|| ce même principe hiérarchique étendu jusqu'à Tordre dômes-':. jSj tique y comprend la véritable loi de la subordination des^Ss sexes. ~ * lifl
En imposant régulièrement des obligations morales d'au*;w|| tant plus étendues et plus sévères à mesure que les influences'^! sociales deviennent plus générales, la commune, éducation 5^ fondamentale, ultérieurement complétée par des institutions^ convenables, tendra directement à contenir d'ailleurs, autant^ que possible, les abus inhérents à ces inégalités nécessaires. JJ Mais, en outre, la série statique considérée en sens inverse, | offre, par sa nature, une compensation inévitable, quoique^} insuffisante, directement propre à neutraliser d'exorbitantes; ;<r§ prétentions : car, à mesure que les opérations sociales de-X viennent ainsi plus particulières et plus concrètes, leur utilité
' réelle devient aussi, de toute nécessité, plus directe et moinSj*.|| ■ contestable, et par suite mieux assurée; en même tempsj vyi
, l'existence est plus indépendante (1) et la responsabilité h
(1) Au sujet de cette indépendance croissante, il importe ici de.^§S
résoudre sommairement une objection très naturelle, suscitée par|i|
l'apparente contradiction d'une telle remarque avec une autre notion??*
plus essentielle, établie, dès le début de ce Traité, envers la hiérarchie^
scientifique, première source philosophique de notre théorie actuelle^
du classement universel : car nous avons alors reconnu (voyez la^jj
deuxième leçon) que l'indépendance des spéculations humaines aug^"'
mentait nécessairement avec leur généralité, tandis qu'ici nous voyonsjT
. les" opérations sociales devenir spontanément plus indépendantes
mesure qu'elles sont plus particulières. Mais l'opposition est facile
- expliquer, en ayant suffisamment égard à la différence inévitable entréjjg
la vie spéculative et la vie active. Dans l'ordre théorique, où le but^f
n'est que de penser, il est clair que les conceptions ies plus abstraites'
[ . doivent le moins dépendre de toutes les autres, qui leur sont, au con-
p*+ -traire, essentiellement subordonnées. Il n'en peut plus être ainsi d<
l'ordre pratique, où il faut surtout exister et agir, ce qui doit érifcei
l'actualité des opérations en principale condition de leur indépen*
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moins étendue, en raison des relations plus circonscrites et d'une correspondance plus immédiate aux besoins les plus indispensables : en sorte que, si les premiers rangs s'honorent justement d'une coopération plus éminenle et plus difficile, les derniers s'attribuent légitimement, à leur tour, un office plus certain et plus urgent; en restreignant suffisamment leurs désirs, ceux-ci pourraient provisoirement subsister par eux-mêmes, sans dénaturer leur caractère essentiel, tandis que les autres ne le pourraient aucunement. Outre les garanties naturelles qu'une telle opposition fournit directement à l'harmonie sociale, elle est évidemment très favorable au bonheur privé, qui, une fois qu'est suffisamment consolidée la satisfaction des principales nécessités, dépend surtout d'une moindre sollicitude habituelle, du moins dans les cas, de plus en plus communs désormais, où le caractère individuel est assez conforme à la condition sociale; de façon que les derniers rangs des populations positives pourront, à cet égard, tirer d'importantes ressources de l'heureuse insouciance qui leur est propre, et qui constituerait, au contraire, un grave défaut chez des classes plus élevées. 11 est clair d'ailleurs que ces différentes tendances élémentaires de la nouvelle économie ne pourront obtenir une pleine efficacité sociale que lorsque le système fondamental de l'éducation universelle aura convenablement développé les mœurs et les attributs qui doivent y distinguer les divers ordres, et dont la confusion actuelle ne saurait offrir aucune idée; mais, à raison même d'une telle corrélation, je devais ici indiquer sommairement tous ces aperçus, afin de mieux signaler les conditions essentielles delà grande élaboration philosophique qui doit servir de base à l'éducation positive.
Considérée quant aux degrés successifs de la prépondérance matérielle, désormais mesurée surtout par la richesse, notre série statique présente nécessairement des résultats opposés, selon qu'on y envisage l'ordre spéculatif ou Tordre actif;
dance, dès lors croissante quand les fondions deviennent plus concrètes et moins générales." Cette marche inverse des deux séries positives sous un aspect aussi important ne constitue donc aucune contradiction véritable : elle signale seulement un nouveau motif essentiel de comprendre combien est réelle et indispensable notre distinction fondamentale entre les deux modes principaux de la vie sociale; distinction sans laquelle il serait impossible, à tous égards, d'établir aucune exacte appréciation de l'ensemble de l'économie moderne.
car, dans le premier, cette prépondérance diminue, tand que, dans le second, elle augmente, en suivant, de part éjH d'autre, la hiérarchie ascendante. En effet, les lois naturelles d\m* mouvement des richesses, si mal appréciées jusqu'ici par laï métaphysique économique, font à la fois dépendre un teli ascendant de deux conditions très distinctes, qui, dans leurfe plus grande intensité respective, sont directement opposéesfj l'extension plus générale et l'utilité plus directe des diverses? coopérations sociales. Tant que les travaux humains, en se! généralisant, restent néanmoins assez concrets pour que leur utilité demeure immédiatement appréciable à la raison coin-", mune, il n'est pas douteux que cette extension tend, par elle- j même, à procurer une plus haute rétribution spéciale des services rendus. Mais quand cet office social, devenu trop abstrait, ne comporte qu'une appréciation indirecte, lointaine et confuse, il est également incontestable que, malgré l'accroissement réel de son utilité finale, à raison d'une généralité supérieure, il procurera nécessairement une moindre richesse, par suite de l'insuffisante estimation privée d'une coopération dont l'influence partielle ne saurait plus comporter aucune exacte analyse usuelle. C'est sur l'oubli d'une telle opposition que repose directement le dangereux sophisme d'après lequel on prétendrait aujourd'hui, d'une manière plus ou moins explicite, ériger la richesse en mesure universelle et exclusive de la participation sociale, sans distinguer, à cet égard, entre Tordre spéculatif et l'ordre actif; sophisme éminemment perturbateur, qui tend à bouleverser l'économie moderne, en étendant au premier ordre la loi qui ne convient qu'au second. Si, par exemple, la coopération finale, même purement industrielle des grandes découvertes astronomiques qui ont tant ^ perfectionné l'art nautique, pouvait être suffisamment appré-^*. ciée dans chaque expédition particulière, il est sensible?*? qu'aucune fortune actuelle ne pourrait donner une-idée de^; la monstrueuse accumulation de nchesses qui se serait® ainsi déjà réalisée chez les héritiers temporels d'un Kepler, iS, d'un Newton, etc., fixât-on même leur rétribution partielle^|p au taux le plus minime. Rien n'est plus propre que de telles.^ hypothèses à manifester l'absurdité du prétendu principes relatif à la rémunération uniformément pécuniaire de tous? les services réels, en faisant comprendre que l'utilité la plu$ étendue, en tant que trop lointaine et trop diffuse par ui suite nécessaire de sa généralité supérieure, ne saurait troûj
ver sa jtiste récompense que dans une plus haute considération sociale. Cette distinction est tellement nécessaire que, même chez la classe spéculative, Tordre esthétique, à raison d'une plus facile appréciation privée, quoique son utilité finale soit certainement moindre, comporte naturellement une plus grande extension de richesses que l'ordre scientifique, dont l'existence serait presque impossible sans l'intervention continue de la sollicitude publique ; malgré que certains économistes aient sérieusement proposé d'abandonner aux seuls intérêts particuliers la protection habituelle des travaux les plus abstraits. D'après l'ensemble des considéra- ij tions précédentes, il est clair que le principal ascendante pécuniaire doit résider vers le milieu de la hiérarchie totale, chez la classe des banquiers, naturellement placée à la tête du mouvement industriel, et dont les opérations ordinaires, sans cesser d'admettre une exacte appréciation directe, offrent précisément le degré de généralité le plus convenable à l'accumulation des capitaux, Or, en même temps, ces caractères essentiels, envisagés sous un nouvel aspect, tendent spontanément à rendre cette classe réellement digne d'une telle prépondérance temporelle; du moins, comme envers toutes les^ autres, quand son éducation propre sera en suffisante harmonie, intellectuelle et morale, avec sa destination sociale; car l'habitude d'entreprises plus abstraites et plus étendues, devant y développer davantage l'esprit d'ensemble, y suscite une plus grande aptitude aux combinaisons politiques que dans tout le reste de l'ordre pratique; en sorte que là surtout se trouvera placé le principal siège ultérieur du pouvoir temporel proprement dit. Il faut d'ailleurs noter, à ce sujet, que cette classe sera toujours, par sa nature, la moins nombreuse des classes industrielles; car, en général, la hiérarchie positive doit nécessairement offrir une croissante extension numérique, à mesure que les travaux, devenus plus particuliers et plus urgents, admettent et exigent à la fois des agents plus multipliés.
Envisagée sous un autre aspect, l'appréciation précédente conduit naturellement à compléter l'explication générale par laquelle nous avons dû préparer cette sommaire détermination de la hiérarchie positive; car le caractère public que l'économie nouveMe imprimera nécessairement aux fonctions qualifiées aujourd'hui de privées ne doit influer essentiellement que sur la manière de concevoir leur commune destina-
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tion sociale, et n'affectera nullement le mode effectif de leur accomplissement, comme je l'ai déjà indiqué. A mesure que l'intelligence et la sociabilité se développent à la fois, l'activité individuelle devient susceptible de saisir spontanément, et, par suite, d'administrer convenablement des relations d'autant plus étendues ; en sorte que l'exécution spéciale des diverses opérations publiques peut être de plus en plus confiée à l'industrie privée, quand elles offrent des avantages assez directs et assez prochains, sans qu'une telle modification administrative doive d'ailleurs altérer, en aucune manière, la conception, toujours éminemment sociale, ni, par suite, l'indispensable discipline des travaux correspondants. Mais il est clair que, sous cet spect, les diverses fonctions de l'organisme positif doivent offrir des différences essentielles, suivant leur généralité et leur actualité fort inégales. Toutes celles de l'ordre actif, même les plus éminentes, pourront être finalement livrées sans danger au jeu naturel des impulsions individuelles, convenablement préparées par une sage éducation : en y réservant toujours la haute intervention facultative de la direction centrale, il importera beaucoup d'y éviter les abus de l'esprit réglementaire, qui tendrait à étouffer une salutaire spontanéité, source directe des plus heureux progrès, à l'égard d'offices alors suffisamment appréciables à h) raison commune. Dans l'ordre spéculatif, au contraire, une efficacité sociale trop détournée, trop lointaine, et, par suite, trop peu sentie du vulgaire, sans être pourtant moins réelle ni moins intense, doit nécessairement conduire, quoiqu'en n'y dédaignant pas l'appui secondaire de l'estimation privée, à y placer directement les divers travaux habituels sous la protection normale de la munificence publique : ce qui fera davantage ressortir le caractère politique de ces fonctions, à mesure qu'elles deviendront plus générales et plus abstraites, et dès lors- moins susceptibles d'appréciation individuelle. Tel est le seul sens régulier suivant lequel la distinction des professions en privées et publiques devra continuer à subsister, mais toujours subordonnée irectement à la notion fondamentale d'une commune destination sociale.
/ ( D'après l'ensemble de notre élabora tien sociologique, il serait assurément superflu d'ajouter ici aucune explication directe sur la composition nécessairement mobile des di\£.çses ""^ ^classes quelconques de la hiérarchie positive. L'éducation uni-
verselle est, sous ce rapport, éminemment propre, -sans tA exciter une ambition perturbatrice, à placer chacun dans la//x* condition la plus convenable à ses principales aptitudes, en quelque rang que sa naissance l'ait jeté. Celte heureuse influence, beaucoup plus dépendante, par sa nature, des mœurs publiques que des institutions politiques, exige deux conditions opposées, mais également indispensables, dont l'accomplissement continu doit d'ailleurs ne porter aucune atteinte aux bases essentielles de l'économie générale ; il fautjTune part que l'accès de toute carrière sociale reste constamment ouvert a de justes prétentions individuelles, et que-cependant, d'une autre part, l'exclusion des indignes y demeure sans cesse praticable ; d'après la commune appréciation des garanties normales, à la fois intellectuelles et morales, que l'éducation fondamentale aura spécialement formulée pour chaque cas important. Sans doute, après que la confusion actuelle aura suffisamment abouti à un premier classement régulier, de telles mutations, quoique toujours possibles, et même réellement accomplies, devront ensuite devenir essentiellement exceptionnelles, en tant que fortement neutralisées par la tendance naturelle à l'hérédité des professions : puisque la plupart des hommes ne sauraient avoir, en réalité, de vocations déterminées, et que, en même temps, la plupart des fonctions sociales n'en exigent pas ; ce qui conservera nécessairement à l'imitation domestique une grande efficacité habituelle, sauf les cas très rares d'une véritable prédisposition. L'éducation rationnelle constituera d'ailleurs la plus puissante garantie contre la direction oppressive que pourrait faire craindre cette tendance héréditaire, dès lors spontanément contenue, par les mœurs autant que par les lois, entre les limites .générales où elle devra exercer ordinairement une influence également salutaire sur l'ordre public et sur le bonheur privé. Il serait, du reste, évidemment chimérique de redouter la transformation ultérieure des classes en castes, dans une économie entièrement dégagée du principe théologique ; car il est clair que les castes n'ont jamais pu exister solidement sans une véritable consécration religieuse. L'élite de l'humanité a depuis longtemps passé la dernière phase sociale suffisamment compatible avec le régime des castes, dont l'extrême vestige tend certainement à disparaître aujourd'hui chez la population la plus avancée, comme je l'ai assez indiqué. Il ne faut pas que des terreurs
puériies deviennent, à cet égard, l'occasion ou le prétexte d'une opposition indéfinie à toute vraie classification sociale, quand la prépondérance de l'esprit positif, toujours accessible, par sa nature, à une sage discussion, devra spontanément dissiper les inquiétudes qu'entretient encore, sous ce rapport, le caractère vague et absolu des conceptions ihéologico-méta physiques.
Ayant maintenant assez caractérisé la théorie hiérarchique propre au système final de l'éducation universelle, il ne nous reste plus ici, pour avoir enfin apprécié suffisamment la grande réorganisation spirituelle des sociétés modernes, qu'à y considérerai une manière sommaire mais directe, un dernier attribut essentiel, en indiquant convenablement son intime solidarité avec les justes réclamations sociales propres aux classes inférieures. 11 faut, à cet effet, signaler successivement la principale influence d'une telle connexité, soit sur la masse populaire, soit sur la, classe spéculative.
Un pouvoir spirituel quelconque doit être, par sa nature, essentiellement populaire : puisque, sa mission caractéristique consistant surtout à faire, autant que possible, directement prévaloir la morale universelle dans l'ensemble du mouvement social, son devoir le plus étendu se rapporte à la constante protection des classes les plus nombreuses, habituellement plus exposées à l'oppression, et avec lesquelles l'éducation commune lui fait davantage entretenir des contacts journa- ■ • liers. Rien ne pouvait mieux témoigner 1 irrévocable décadence de la puissance catholique que de la voir graduellement abandonner, pendant le cours de la grande transition moderne, cette double fonction continue d'éclairer et de défendre le peuple, qui, au moyen âge, l'avait si noblement occupée : son intime répugnance envers l'instruction populaire, et sa prédilection spontanée pour les intérêts aristocratiques, constituent aujourd'hui les signes les moins équivoques du caractère profondément rétrograde de celte corporation déchue, depuis longtemps absorbée par le soin de plus en plus difficile de sa propre conservation. Pareillement, les chétives autorités spirituelles émanées du protestantisme ont toujours manifesté involontairement la nullité sociale inhérente, dès le début, à leur défaut radical d'indépendance, d'après leur commune inaptitude à la protection normale des classes inférieures. De même, enfin, l'empirisme et Tégoïsme qui rétrécissent aujourd'hui les vues et les sentiments chez
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les divers éléments spéculatifs propres à la société moderne, et qui les rendent encore indignes de tout véritable ascendant social, ne sauraient être, sous l'aspect politique, mieux caractérisés que par les étranges inclinations aristocratiques de tant de savants et d'artistes, qui, oubliant leur origine prolétaire, dédaigneraient de consacrer à l'instruction et à la défense du peuple l'influence qu'ils ont déjà obtenue, et qu'ils emploieraient plus volontiers à consolider des prétentions oppressives. Sans insister davantage à cet égard, il est d'abord évident que, dans l'état normal de l'économie finale, la puissance spirituelle sera spontanément liée à la masse populaire par des sympathies communes, tenant à une certaine similitude de situation pratique et à des habitudes équivalentes d'imprévoyance matérielle, ainsi que par des intérêts analogues envers les chefs temporels, maîtres nécessaires des principales richesses. Mais il faut surtout remarquer l'intime efficacité populaire de l'autorité spéculative, soit à raison de son office fondamental pour l'éducation universelle, soit ensuite d'après l'intervention régulière que, suivant nos indications antérieures, elle devra toujours exercer au milieu des divers conflits sociaux, afin d'y développer convenablement l'influence modératrice habituellement inhérente à l'élévation de ses vues et à la générosité de ses inclinations. Sous l'un et l'autre aspect, quoique féminente destination d'un tel pouvoir ne doive, sans doute, jamais prendre aucun caractère exclusif, incompatible avec son impartialité nécessaire, il est néanmoins évident que sa principale sollicitude sera dirigée habituellement vers les classes inférieures, qui, d'une part, ont beaucoup plus besoin d'une éducation publique à laquelle leurs moyens privés ne sauraient suppléer, et qui, d'une autre part, sont bien plus exposées aux lésions journalières. Longtemps avant que l'organisation spirituelle puisse être suffisamment constituée, ces diverses tendances fondamentales comporteront une véritable efficacité sociale , comme je l'ai déjà expliqué à d'autres égards, par l'influence immédiate de la grande élaboration philosophique que nous avons vue devoir préparer directement la régénération finale. D'un côté, une noble ardeur privée, à laquelle les gouvernements européens ne voudront ni ne pourront s'opposer, entraînera spontanément la plupart des esprits spéculatifs à faciliter déjà la systématisation ultérieure de l'éducation universelle, en consacrant une partie de leur activité continue à une sage
356 PHU.OSOPHIE POSITIVE
propagation de l'instruction positive, soit scientifique, soit esthétique, chez les classes maintenant dépourvues de toute culture mentale, et dont l'essor intellectuel peut être beaucoup plus développé qu'on ne le suppose sous la seule intervention de ces efforts volontaires, antérieurs à. tout établissement régulier; du moins quand un juste sentiment du principal besoin de la société actuelle aura partout suscité le zèle convenable (1). Même avec les éléments très imparfaits qui existent aujourd'hui, et sans aucune active assistance du pouvoir, cette opération préalable pourrait être bientôt poussée au point, surtout en France, d'imprimer aux justes réclamations populaires une consistance philosophique et une dignité morale directement propres à déterminer enfin une attention sérieuse et durable chez les classes prépondérantes. Le principal obstacle serait, à cet égard, certainement levé si lesesprits convenablement spéculatifs étaient animés de véritables convictions philosophiques, susceptibles d'y dissiper l'empirisme et d'y refouler l'égoïsme. Sous le second aspect mentionné ci-dessus, les heureux effets populaires de l'élaboration philosophique, quoique moins aisément appréciables, et devant exiger ici plus d'explications que les précédents, ne seront assurément ni moins réels, ni moins étendus, ni moins nécessaires, soit qu'ils consistent à éclairer convenablemnnt le peuple sur ses vrais intérêts, soit qu'ils se rapportent à leur défense immédiate au-
(1) Une telle conviction, chez moi très profonde et fort ancienne, m'a fait attacher un intérêt soutenu au cours populaire d'astronomie que je professe gratuitement, depuis douze ans, à la municipalité du IIIe arrondissement de Paris, quoique les officieuses remontrances ne m'aient certes pas manqué sur l'inutilité de cet enseignement pour la classe que j'y ai surtout en vue, comme sur les dérangements personnels qu'il peut m'occasiunner. Le choix d'un sujet éminemment philosophique, son éloignement spontané de toute grave préoccupation matérielle chez une population non maritime, et Sa destination immédiate aux classes inférieures, sans qu aucune auh;e soit d'ailleurs exclue, caractérisent assez la tendance directe et avouée de cette opération à l'universelle propagation sociale de l'esprit positif. Si quelques-uns de mes lecteurs ont déjà remarqué ma constante persévérance à cet égard, ils doivent maintenant apprécier l'intime solidarité d'un tel effort avec l'ensemble de mon entreprise philosophique, dont la pensée fondamentale imprimera toujours nécessairement à mes travaux quelconques son impérieuse unité. J'ai voulu, par cet exemple, donner, autant qu'il est en moi, le signal anticipé de cette combinaison directe entre la puissance spéculative et la force populaire, qui doit ultérieurement déterminer la réorganisation politique, quand la raison publique sera convenablement préparée.
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près des classes dirigeantes. D'abord, en faisant prévaloir la réorganisation spirituelle, et dissipant sans retour les illusions relatives à l'efficacité illimitée des institutions proprement dites, la philosophie positive imprimera graduellement aux vœux populaires la direction permanente la plus favorable à leur satisfaction normale, comme je l'ai déjà indiqué en général, par cela seul qu'elle fera justement apprécier la supériorité réelle des solutions essentiellement morales sur les solutions purement politiques. Les dispositions populaires, perdant ainsi tout caractère anarchique, cesseront à la fois de fournir aux jongleurs et aux utopistes un dangereux moyen de perturbation sociale, et d'offrir aux classes supérieures un motif ou un prétexte d'ajourner indéfiniment toute large transaction. Il suffit ici de signaler distinctement une telle influence philosophique relativement aux questions les plus orageuses, au sujet desquelles on s'efforce aujourd'hui de développer, chez les prolétaires, des sentiments envieux et des conceptions chimériques, aussi incompatibles avec leur propre bonheur qu'avec l'harmonie générale/~Après avoir expliqué les lois naturelles qui, dans le système de la sociabilité moderne, doivent déJLerminer JjndispensaJpLe -Concentration des richesses parmi les chefs industriels, la philosophie positive fera sentir qu'il importé peu aux intérêts populaires en quelles mains se trouvent habituellement les capitaux, pourvu que leur emploi normal soit nécessairement utile à la masse sociale. Or, cette condition essentielle dépend bien davantage, par sa nature, des moyens moraux que des mesures politiques.JDes vues étroites et des passions haineuses auraient beau instituer légalement, contre l'accumulation spontanée des capitaux, de laborieuses entraves, au risque de paralyser directement toute véritable activité sociale : il est clair que ces procédés tyranniques comporteraient beaucoup moins d'efficacité réelle que la réprobation universelle appliquée par la morale positive à tout usage trop égoïste des richesses possédées; réprobation d'autant plus irrésistible, que ceux-là mômes qui devraient la subir n'en pourraient récuser le principe, inculqué à tous par la commune éducation fondamentale, comme l'a montré le catholicisme, au temps de sa prépondérance. Une appréciation analogue convient également à tous les divers dangers plus ou moins inséparables de l'état de propriété, et envers chacun desquels, après avoir écarté les exagérations vulgaires, la philosophie
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positive démontrera toujours que leur répression possible dépend surtout des opinions et des mœurs, dont la souveraine influence peut seule, sans aucune perturbation, diriger graduellement vers le bonheur commun les dispositions émanées des situations les plus susceptibles d'abus. On ne saurait donc méconnaître l'aptitude caractéristique de la nouvelle action philosophique à réformer utilement les tendances populaires d'après une judicieuse analyse des principales difficultés sociales, et par une salutaire transformation des questions de droit en questions de devoir, ainsi que je l'ai indiqué. Mais, en signalant au peuple la nature essentiellement morale de ses plus graves réclamations, la même philosophie fera nécessairement sentir aussi aux classes supérieures le poids d'une telle appréciation, en leur imposant avec énergie, au nom de principes qui ne sont plus ouvertement contestables, les grandes obligations moraJes inhérentes à leur position : en sorte que, par exemple, au sujet de la propriété, les riches se considéreront moralement comme les dépositaires nécessaires des capitaux publics, dont l'emploi effectif, sans pouvoir jamais entraîner aucune responsabilité politique, sauf, quelques cas exceptionnels d'extrême aberration, n'en doit pas moins rester toujours assujetti à une scrupuleuse discussion morale, nécessairement accessible à tous sous les conditions convenables, et dont l'autorité spirituelle constituera ultérieurement l'organe normal. D'après une étude apprfondie de l'évolution moderne, la philosophie positive montrera que, depuis l'abolition de la servitude personnelle, les masses prolétaires ne sont point encore, abstraction faite de toute déclamation anarchique, véritablement incorporées au système social; que la puissance du capital, d'abord moyen naturel d'émancipation et ensuite d'indépendance, est maintenant devenue exorbitante dans les transactions journalières; quelque juste prépondérance qu'elle y doive nécessairement exercer, à raison d'une généralité et d'une responsabilité supérieures, suivant la saine théorie hiérarchique. En un mot, celte philosophie fera comprendre que les relations industrielles, au lieu de rester livrées à un dangereux empirisme ou à un antagonisme oppressif, doivent être systématisées suivant les lois morales de l'harmonie universelle. Les devoirs populaires ainsi imposés aux classes supérieures ne seront pas réglés par le principe chrétien de l'aumône, qui, sans devoir jamais perdre son importance
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*, .oiulaire, ne peut plus comporter aucune haute destination ..><•: a le, d'après l'universelle amélioration réalisée à la fois, . .( uiianl le cours de la transition moderne, dans la condition , { la dignité humaines. Ces devoirs necessaires.se formuleront surtout par l'obligation fondamentale, soit individuelle, s,if collective, de procurer à tous, d'après les voies convenables, d'abord L'éducation, et ensuite le travail, seules condition- permanentes que doivent avoir en vue les justes réclamations sociales des prolétaires: leur prépondérance générale ,ii-vra d'ailleurs influer beaucoup sur la judicieuse déterminalion ultérieure des salaires journaliers, saûs qu'il convienne aujourd'hui de soulever, à ce sujet, des discussions trop prématurées pour n'être pas dangereuses. Il serait, également intempestif de vouloir maintenant apprécier jusqu'à quel point la plus grossière partie de cette double obligation universelle «in. plus tard susceptible d'être spécialement fortifiée par les institutions politiques : l'essentiel est de savoir que le principe en doit rester éminemment moral, sous peine à la fois «l'inefficacité et de perturbation, ce que je crois avoir ici rendu suffisamment incontestable.
Tels sont, en aperçu, les éminents services que la grande cause populaire doit immédiatement retirer de l'élaboration philosophique destinée à préparer la réorganisation^pirituelle des sociétés modernes par la fondation graduelle du système universel de l'éducation positive. Mais, quelle que soit leur extrême importance, on peut assurer, en sens inverse, que la réaction nécessaire de cette intime alliance sur la réalisation sociale de la nouvelle philosophie doit être, par sa nature," <l'un ordre encore plus élevé ; en sorte que, dans une telle combinaison, le peuple rendra aux philosophes plus même qu'il n'en aura reçu. En considérant d'abord l'économie finale, il est clair que l'adhésion populaire y constituera habituellement la plus sûre garantie du pouvoir spirituel contre les tentatives oppressives du pouvoir temporel. Quoique l'organisme p' -iiif soit nécessairement affranchi de nombreuses causes perturbatrices propres à l'organisme théologique du moyen ftffp. il ne faut pas croire néanmoins que les graves collisions politiques, inhérentes au jeu naturel des passions humaines,. y doivent devenir ordinairement impossibles ; seulement leur caractère général sera profondément modifié. Si, malgré l'ascendant religieux, la puissance catholique fut, comme nous ns vu, au temps même de son plus grand triomphe, tant
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exposée aux usurpations temporelles, on doit sentir, en gêné- £gg rai, que la spiritualité positive n'en saurait être essentiellement préservée, malgré la nature beaucoup plus conciliante de la nouvelle activité pratique et l'influence plus prononcée de l'intelligence sur la conduite. La dépendance matérielle, plus ou moins inévitable, de la corporation spéculative envers les chefs temporels, principaux dispensateurs de la richessse, fournira régulièrement à ceux-ci un moven continu de développer à son égard les orgueilleuses dispositions spontanément inspirées par la prééminence pécuniaire, et qui d'ail- :3i * leurs pourront alors être souvent aigries par l'injuste dédain '-/.il des théoriciens envers les praticiens. Or, la masse populaire, également liée à ces deux puissances, à l'une pour l'éduca- TM tion fondamentale et l'assistance morale, à l'autre pour le -«jfjd * travail journalier et les secours matériels, deviendra naturel- "M «• lement, beaucoup plus encore qu'au moyen âge, le régula- ?À teur final de leurs principaux conflits, dont l'issue effective "..^ dépendra toujours de la direction que suivra sa coopération >J| politique. Afin de compléter cette indication, il faut remar- jl quer que si, dans l'économie positive, davantage même que |, dans 1 économie catholique, les usurpations politiques doivent être à la fois bien plus dangereuses et plus imminentes chez le pouvoir temporel que chez le pouvoir spirituel, la.S! pondération populaire devra, suivant une compensation spon-; 4 tanée, favoriser communément l'autorité spirituelle, avec la- r^ quelle les prolétaires ne sauraient avoir habituellement que^f d'heureuses relations, tandis que leurs contacts journaliers avec les chefs pratiques sont toujours plus ou moins altérés ^| par les sentiments d'envie que suscite Irop souvent une su-:| périorité de richesse qui doit rarement sembler assez motivée, M C'est seulement au temps de son inévitable décadence que la •;! puissance catholique a vu, par un renversement décisif des -S§ dispositions antérieures, les affections populaires se tournera de préférence vers ses antagonistes temporels. De cet aperçu? directement relatif à l'ordre normal, nous pouvons aisémentg passer à une appréciation analogue, aujourd'hui plus impor-;|| tante à caractériser, envers l'époque prochaine de sa prépa-| ration graduelle. Si, en effet, l'assistance populaire, surtout^ morale, et quelquefois politique, doit être envisagée comme 4* ' habituellement indispensable à la nouvelle autorité spirituelle,;!! supposée réellement parvenue à sa pleine installation sociale^ à plus forte raison doit-on penser qu'un tel appui lui sera nérM