‹ Cours de philosophie positive (volume 2)Chapitre 2 sur 21 · IL · texte numérisé non relu

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PRÉFACE PERSONNELLE XI

situation. Jusqu'à une époque très rapprochée, mon existence a toujours reposé sur un enseignement quotidien prolongé ordinairement pendant six ou huit heures. C'est au milieu de ces entraves qu'a été exécutée la première moitié de ce Traité ; le lecteur doit maintenant s'en expliquer la lenteur spéciale de publication II y a seulement dix ans que je fus introduit enfin à l'École polytechnique, dans le grade le plus subalterne, sous les généreux auspices spontanés d'un géomètre fort recommandable (feu M. Navier), dont la rare élévation morale honorait notre monde scientifique, et dont l'esprit, quoique trop exclusivement mathématique, avait pourtant su discerner, à un certain degré, ma valeur caractéristique. Dès lors directement devenue mieux appréciable, mon aptitude à l'enseignement fut ensuite solennellement constatée, sur ce grand théâtre, d'après l'épreuve décisive qui résulta, en i836, de l'obligation naturelle où je me trouvai d'y occuper, par intérim, la principale chaire mathématique. Mais, malgré cette irrécusable démonstration, que la noble sollicitude de mes élèves et de mon chef essentiel (l'illustre Dulong) a fait, j'ose le dire, soit alors, soit depuis, retentir avec éclat dans le monde savant, les antipathies scientifiques, spontanément développées à mesure que je perçais davantage, se sont jusqu'ici activement opposées à la juste rémunération de mes services spéciaux. On a cru jusqu'à présent, et on croira sans doute longtemps encore, m'avoir suffisamment récompensé en ajoutant, depuis cinq ans, à mon office précaire et subalterne dans l'enseignement polytechnique, des fonctions plus importantes, mais également temporaires, relatives au jugement initial des candidats. Gette double attribution est d'ailleurs, suivant la coutume française, tellement peu rétribuée, que je suis obligé, pour suffire aux nécessités de ma position, d'y joindre au dehors un actif enseignement quotidien, dans l'un des principaux établissements spécialement destinés à la préparation polytechnique. Il résulte de ces triples fonctions mathématiques un tel enchaînement d'obligations journalières que, depuis six ans, je n'ai pu trouver vingt jours consécutifs de suspension totale, susceptibles d'être pleinement consacrés ou à un véritable repos ou à l'exclusive poursuite de mes travaux philosophiques. Cette nouvelle phase de ma position personnelle ne m'a donc réellement procuré d'autre amélioration essentielle que de m'avoir laissé un peu plus de temps pour ma grande élaboration, en

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