XVIII PRÉFACE PERSONNELLE
venir beaucoup plus grave , en fournissant un point d'appui légal aux injustes animosités que j'ai involontairement soulevées et que le cours naturel de mes travaux doit directement augmenter, surtout d'après l'action nécessaire du volume actuel. En tant que répétiteur, mon sort est subordonné . chaque année , non seulement aux diverses impulsions d'une corporation mal disposée a mon égard, mais aussi à la délicate ou à la circonspection d'un ennemi reconnu, dont la conduite antérieure est fort loin de garantir, en ce qui me concerne, son équité ultérieure. Comme examinateur, je suis pareillement exposé a la réaction annuelle, suit des différentes passions que doit spontanément susciter le juste exercice de mon autorité, soit même des vaines utopies spéciales que peuvent suggérer a chacun de mes seigneurs officiels le mode d'accomplissement d'un tel office : des récriminations pédantesques qui, quoique collectives, n'en étaient pas moins inconvenantes et même ridicule-, m'ont déjà formellement averti de L'imminente gravité que pourrait, envers moi, acquérir inopinément un tel joug. A ce double titre, nies amis et mes ennemis savent également aujourd'hui que, parvenue a sa quarante-cinquième année, ma laborieuse
renvoyer à l'administration la responsabilité exclusive de mesures aussi choquantes pour tous les hommes sensés : il est clair que le pouvoir n'a sujet, d'autre torl essentiel que de céder, avec trop de coulance, à l'aveugle impulsion des préjugés ••! des ambitions scientifiques. Toute personne bien informée sait même maintenant que les dispositions irrationnelles et oppressives adoptées depuis dix ans à polytechnique émanent surtoul de la désastreuse influence par .M. Arago, fidèle organe spontané des jia.--i.nis ci des aberrations propres a la rla--' qu'il domine >i déplorablemenl aujourd'hui.
PRÉFACE PRRSONNKLI.K XIX
existence personnelle peut encore être brusquement bouleversée , malgré le scrupuleux accomplissement continu de tous mes devoirs professionnels, d'après une suffisante coalition momentanée des diverses antipathies qui s'opposent à mon légitime essor. C'est afin de sortir, autant qu'il est en mon pouvoir, de cette intolérable situation, que j'ai cru devoir, par cette préface, provoquer, à mon égard, une crise décisive, dont le péril, quelque réel qu'il puisse être, est, à mon sens, moins funeste que la perspective continue d'une imminente oppression.
Pour mieux caractériser, surtout quant à l'avenir, une telle appréciation personnelle, il me reste maintenant à la rattacher convenablement à la position nécessaire où me place directement l'ensemble de mon élaboration philosophique envers chacune des trois influences générales, théologique, métaphysique et scientifique, qui se disputent ou se partagent encore l'empire intellectuel.
Il serait certes superflu d'indiquer ici expressément que je ne devrai jamais attendre que d'activés persécutions, d'ailleurs patentes ou secrètes, de la part du parti Ihéologïque, avec lequel, quelque complète justice que j'aie sincèrement rendue à son antique prépondérance, ma philosophie ne comporte réellement aucune conciliation essentielle, à moins d'une entière transformation sacerdotale, sur laquelle il ne faut pas compter. Des mon adolescence, j'ai péniblement senti le poids personnel de cet inévitable antagonisme, première source générale des difficultés actuelles de ma situation. C'est, en