XXXIV PRÉFACE PERSONNELLE
toutes leurs forces, une vraie rénovation spéculative, que nos géomètres s'attacheront de plus en plus, sans s'inquiéter d'ailleurs, en aucune manière, des graves dangers sociaux que doit nécessairement offrir cette prolongation atificielle de l'interrègne spirituel. Le lecteur peut ainsi concevoir déjà que la résistance spontanée du milieu scientifique actuel à mon action philosophique n'offre rien d'essentiellement fortuit ou personnel, et qu'elle se développera désormais, avec une énergie croissante, soit à mon égard, soit envers mes collègues ou mes successeurs, à mesure que la nouvelle philosophie tendra directement vers son inévitable ascendant final : l'ensemble de ce volume ne laissera plus aucun doute sur l'intime réalité de mes prévisions à ce sujet. D'après une telle appréciation générale de la corrélation nécessaire qui lie aujourd'hui ma position privée à la situation fondamentale du monde intellectuel, chacun doit maintenant sentir combien cette préface était vraiment indispensable pour placer directement, par un appel décisif, la suite entière des grands travaux ultérieurs annoncés à la fin de ce volume, sous le noble patronage d'une opinion publique, non seulement française, mais aussi européenne, qui constitue mon unique refuge, et qui jusqu'ici n'a jamais failli à mes justes réclamations. Ceux qui trouveraient commode de continuer à m'opprimer sans me permettre la plainte vont probablement se récrier beaucoup contre le caractère insolite de cette sorte de manifeste, dont ils redouteront l'efficacité. Quelques amis sincères, trop timides ou trop superficiels, craindront, à leur tour, que celte lutte dangereuse.