‹ Cours de philosophie positive (volume 4)Chapitre 20 sur 36 · PRÉFACE PERSONNELLE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE PERSONNELLE XXXV

en apparence si inégale, ne détermine contre moi la funeste réaction de puissantes animosités, sous le jeu desquelles je suis immédiatement placé. Mais, dans les conflits intellectuels, où le nombre a naturellement peu d'importance, une intime combinaison de la raison avec la morale constitue la principale force, d'après laquelle un seul esprit supérieur a quelquefois vaincu, même pendant sa vie, une multitude académique. Ici, d'ailleurs, j'ose assurer d'avance que je ne serai pas seul contre cette masse aveugle et passionnée. Quelque solitaire que soit mon existence, je sais que l'élite du public européen a déjà nettement témoigné, surtout en Angleterre et en Allemagne, par ses plus éminents précurseurs, son indignation spontanée contre les entraves personnelles qu'éprouve mon essor légitime, quoique ces nobles sympathies reposent encore sur une insuffisante connaissance de mes embarras privés. Les lecteurs les plus étrangers aux débats que cette préface a caractérisés comprendront aisément que les trois premiers volumes de ce Traité, tous relatifs aux diverses sciences existantes, constatent évidemment une haute aptitude didactique, quand même elle n'eût pas été directement démontrée par le concours spontané des expériences les plus décisives : ils apprendront avec surprise qu'on ait osé me refuser jusqu'ici, à ce sujet, une satisfaction méritée, si pleinement conforme à l'ensemble de ma double carrière, spéciale ou générale.

Tous ceux qui auront suffisamment apprécié les justes plaintes que je viens d'exposer sur ma situation personnelle sentiront, sans incertitude, ce que je dois ici liau-

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