‹ Cours de philosophie positive (volume 4)Chapitre 4 sur 36 · X PREFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

X PREFACE PERSONNELLE

vers beaucoup d'obstacles matériels, mou indispensable préparation, le sentiment graduel de la vraie hiérarchie encyclopédique commençait à se développer chez moi. ainsi que l'instinct croissant d'une harmonie finale entre mes tendances intellectuelles et mes tendances politiques, d'abord essentiellement indépendantes, quoique toujours également impérieuses (1 . Cet équilibre déci-

1 A cette époque, el quand j'étais parvenu à sentir à la fois la portée et l'insuffisance de la grande tentative de Coudorcet, mon évolution spontanée fut profondément troublée pendant quelques année cependant être jamais déviée ni suspendue, par une liaison funeste avec un écrivain fort ingénieux, mais très superficiel, dont la nature

beaucoup plus active que spéculative, était assurément peu philosophique, el oe comportait réellement d'autre mobile essentiel qu'une immense ambition personnelle le célèbre M de Saint-Simon;. Il avait, de bou côté, déjà s-uti . à sa manière, le besoin d'une i ration Bociale fondée sur une rénovation mentale, quelque vague et incohérente notion qu'il se formât d'ailleurs de l'une et de l'autre, - la profonde irrationalité de son éducation géuérale. Cette coïncidence devint [mur lui. à mon égard, la base d'une désastreuse iu-

qui détourna longtemps une partir notable de mon activité philosophique vers de vaines tentatives d'action politique directe ; quoique, du reste, il en -<>it résulté chez moi. outre une plus vive excitation à une publicité immédiate el peut-être même prématurée, une attention plu- décisive à l'efficacité sociale du développement industriel, «iir laquelle toutefois j'avais été auparavant éveillé par les doctrines

. . ioniques, premier fondement réel de la direction qui caractérisait

surtout M. de Saint-Simon. Lue telle conformité apparente, quoique très incomplète, en effet, constitua aussi, après notre rupture, le motif ou le prétexte des envieuses insinuations dirigées contre l'originalité de m. - premiers travaux en philosophie politique, en attribuant une im-

■ farde.' à une vicieuse qualification que m'avait inspirée, en

1825, i générosité fort mal entendue, ainsi étrangement récompi

el que ue portait point, deux ans auparavant, la première édition de l'écrit correspondant. L'ensemble .1.- mon essor ultérieur a depuis ips écarté spontanément ces vaines récriminations contre nu philosophe qui a souvent, j'ose le dire, accordé, à chacun de ses divers i -. fort au-delà île ce qu'il en avait véritablement tiré, il après la double tendance qui m'entraîne, soit à éviter .les détails indifférents au publie en rapportant la valeur totale de chaque conception lui qui en ;i manifesté I" premier germe distinct, lors môme que la

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sif résulta enfin, en 4822, de la découverte fondamentale qui me conduisit, dès l'âge de vingt-quatre ans, à une véritable unité mentale et même sociale, ensuite de plus en plus développée et consolidée sous l'inspiration continue de ma grande loi relative à l'ensemble de l'évolution humaine, individuelle ou collective : elle fut directement appliquée, en 1825 et 1826, à la réorganisation politique, dans les essais déjà cités souvent en ce Traité, et que je retirerai ultérieurement du recueil hétérogène où ils restent encore ég-arés. Une telle harmonie philosophique ne put être toutefois pleinement constituée que d'après la première exécution, commencée en 4825, et réalisée en 1829, de l'élaboration orale

saine appréciation et la réalisation principale m'en sont essentiellement «lues, soit à montrer, autant que possible, les racines antérieures qui peuvent douuer plus de force à mes propres pensées.

Quoique ce célèbre personnage ait, à mon égard, indignement abusé du facile ascendant individuel que devait lui procurer mon extrême jeunesse sur une nature profondément disposée à l'enthousiasme politique et philosophique, je dois cependant profiter d'une telle occasion pour venger ici sa mémoire des graves imputations que doivent inspirer, à tous les hommes sensés et à toutes les âmes pures, les honteuses aherrations éphémères qu'on a usé introduire sous son nom après sa mort. S'il eût vécu quelques années de plus, son absence totale de vraies convictions etson entraînement presque irrésistible \ ers les bruyants succès immédiats eussent peut-être égaré sa vieillesse fort au-delà des bornes qu'il avait toujours spéculativement respectées. Mais, quoi qu'il en suit d'une telle conjecture, je puis directement assurer que, pendant six années environ d'une intime liaison, je ue lui ai pas entendu proclamer une seule fois aucune de ces maximes profondément subversives de toute sociabilité élémentaire qui lui turent ensuite impudemment attribuées par des jongleurs qu'il n'avait jamais connus. J'ai pu seulement observer en lui, après l'affaiblissement résulté d'une fatale impression physique, cette tendance banale vers une vague religiosité, qui dérive aujourd'hui si fréquemment du sentiment secret de l'impuissance philosophique, chez ceux qui entreprennent la réorganisation sociale sans y être convenablement préparés par leur propre rénovation mentale,

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