XII PRÉFACE PERSONNELLE
qui a suscité l'élaboration écrite que je termine maintenant pour la systématisation finale de la philosophie positive, graduellement préparée par mes divers prédécesseurs depuis Descartes et Bacon (I .
1 L'essor initial de cette opération orale fut douloureusement interrompu, .m printemps de 182H, par une crise cérébrale, résultée du fatal concoure de grandes peines morales avec de violents excès de travail. Sagement livrée à son cours spontané, cette crise eut sans doute bientôt rétabli l'étal normal, comme la suite le montra claire-
nt. Mais une sollicitude trop timide et trop irréfléchie, d'ailleurs si
naturelle en de tels cas, détermina malheureusement la désastreuse intervention d'une médication empirique, dans l'établissement particulier «lu fameux Eaquirol, où le plus absurde traitement me conduisit rapidement à une aliénation très caractérisée. Après que la médecine m'eut enfin heureusement déclare incurable, la puissance intrinsèque de mon organii ation, assistée d'affectueux soins domestiques, triompha naturellement, en quelques semaines, au commencement de l'hiver suivant, de la maladie, et surtout des remèdes. Ce succès essentiellement Bpontané se trouvait, dix-huit mois après, tellement consolidé que. en 1828, appréciant, dans un journal, le célèbre ouvrage de Brousaais sur l'irritation et la folie, j'utilisais déjà philosophiquement les lumières personnelles que cette triste expérience venait de me procurer bï chèrement envers ce grand Bujet. Le lecteur sait assez d'ailleurs comment je constatai irrécusablement, l'année suivante, que , , t.riible épisode n'avait nullement altéré la parfaite continuité de mon r mental, en accomplissant jusqu'au bout l'élaboration orale ainsi interrompue trois ans auparavant, el quia ensuite fait naître le Traité que j'achève aujourd'hui.
.le crois être maintenant assez connu pour qu'on n'impute point a de vaines préoccupation- personnelles 1,, confldence hardie que je vieil-
d'adresser à tous ceux qui -auront l'apprécier. En un tempe où l'anarchie morale comporte, chez de- natures intérieure-, le recours aux plus indignes moyens, sous l'excitation p - >u permanente
des antipathies individuelles oi Ilectives, j'ai cru devoir bm garantir
d'avance, par cette tranche exposition, contre les insinuations infâmes que pourraient ainsi secrètement susciter les animosités diverses que soulèvera de plus en plus l'essor de ma nouvelle philosophie, et auquel ce dernier volume doit surtout imprimer spontanément une dangereuse impulsion. Cette juste prévision repose déjà sur le honteux emploi de semblables machinations, auxquelles recourut vainement, en 1838, pour me enver- moi d'ignobles ressentiments privé-, un puissant personnage scientifique, dont le nom doit ici figurer enfin, en digne