PRÉFACE PERSONNELLE XIII
Dès l'origine de mon essor philosophique, dénué de Loule fortune personnelle, même future, j'ai eu le bonheur de comprendre que mon existence matérielle devait directement reposer sur des occupations professionnelles indépendantes de mes travaux spéculatifs, dont le succès serait, par leur nature, Irop lointain et trop incomplet pour jamais suffire à consolider ma position privée. Afin toutefois que cette nécessité continue tendit, autant que possible, à développer ma vocation principale, sans jamais pouvoir l'altérer, je choisis spontanément, à cet effet, en 1816, renseignement mathématique, envers lequel mon aptitude spéciale avait été, j'ose le dire, déjà remarquée, pendant que j'étudiais à l'Ecole polytechnique, aussi bien par mes chefs que par mes camarades. Cet enseignement a sans cesse constitué, depuis celte époque, dans ses divers degrés, et sous tous ses modes, mon unique moyen d'existence. Mais quoique, pendant ces vingt-six années , mon élaboration philosophique n'ait jamais troublé, en aucune manière, ces devoirs spéciaux, toujours aussi scrupuleusement accomplis que si je m'en fusse exclusivement occupé, elle a essentielle-
punition unique «l'une telle conduite, le fameux géomètre Poisson. On n'a pas d'ailleurs oublié que quelques années auparavant, un moyen analogue avait aussi été employé en vain, dans le monde savant, quoique avec une intention beaucoup moins haineuse, afin de ruiner le crédil intellectuel de l'illustre navigateur qu'une récente catastrophe vient d'enlever à la France. Par ces deux exemples incontestables du déplorable égarement* pratique où peut couduire le jeu naturel de uos passions, même scientifiques, le lecteur comprendra, j'espère, le motif et la portée d'une explication où l'on aurait pu, sans cela, soupçonner l'influence d'inquiétudes exagérées, que la malveillance eûl même tenté peut-être d'ériger eu symptômes indirects d'une certaine persistance actuelle de l'accident qui en est l'objet.