XIV PRÉFACE PERSONNELLE
meut empêché, d'après ma discordance involontaire avec le milieu où jetais forcé de vivre, que ces longs et constants services m'aient procuré jusqu'ici la juste récompense personnelle qui en fût naturellement résultée, pour tout autre professeur uniquement livré, même avec moins de zèle et de succès, à de telles opérations. Les travaux transcendants, qui semblaient devoir rehausser le mérite de mes occupations professionnelles, ont constitué, au contraire, la principale cause des graves injustices que j'ai subies dans cette carrière, soit en vertu de la répugnance qu'ils inspiraient aux diverses iufluences dominantes, soit surtout par suite de la bas envie que je suscitai secrètement autour de moi, eu remplissant, avec une supériorité généralement reconnue, de- fonctions qui, de ma part, étaient ainsi évidemment accessoires. Quoique je sois jusqu'ici le seul philosophe qui n'ait fait, ni dans ses écrits, ni dans sa conduite, aucune concession contraire à ses convictions, l'état présent de la raison publique commence déjà réellemenl a permettre, du moins en France, une telle plénitude de la dignité spéculative; mais elle n'est pas encore suffisamment exempte de dan-ers personnels. Toujours résolu à maintenir entièrement intacte, à tout prix, mon indépendance philosophique, j'ai été sans sse rigoureuremenl écarté des diverses branches de nulle instruction publique, par les velléités rétrogrades et l'esprit tracassier du déplorable gouvernement dont l'heureuse secousse de 18-*HJiious a délivrés à jamais. Ainsi réduit exclusivement aux pénibles ressources de l'enseignement privé, il a longtemps été pourmoî encore