‹ Cours de philosophie positive (volume 2)Chapitre 26 sur 40 · TOME v · texte numérisé non relu

TOME v

PHILOSOPHIE PPSITIVB.

rationnellement séparables, 'à^moins de pousser l’analyse sociologique jusqu’à uu degré de précision qui serait aujourd’liui déplacé, suivant les prescriptions logiques du quatrième volume.’ Dans la transition graduelle de chaque forme tbéologigue à la suivante, non-seulement l’espril humain pouvait aisément combiner la destruction dé l’une avec l’élaboration de l’autre, mais il devait même y éU-e spontanément condint, sauf la tendance individuelle à cultiver plus spécialementTune ou l’au-

lique.

Mais il en devait être tout autrement pour sortir entièrement du système tbéologiquc et passer au système franchement positif, ce qui constitue nécessairement la plus profonde révolution , d’abord mentale, et finalement sociale, que notre espèce puisse subir dans ^ensemble de sa carrière. Par la nature propre de cette grande transition , le mouvement critique , devenu , pendant plusieurs siècles, extrêmement prononcé, s^ distingue tellement du mouvement orgapique, long-teiüps à peine appréciable, que,, malgré leur liaison fondamentale, chacun d’eux ne peut être sainement jugé que d’après une étude spéciale et directe. L’étendue et la difficulté d’uue semblable transformation ont alors, pour la première^ fois , graduellement conduit l’esprit humain à diriger son

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PHjrSlQUE «OCIALE.

essor révolution n Sire dPaprèS uqe ch)ctrine absolue* de négation sÿstématir^ue, ^font l’inévitable •ascendant tend à foire profondément niéconnaître la véritable isâne fufale*de rcnseii^le de la crise, quipârait ainsi consister dan# Fa[)plicatidn totale et la prépondérance continue de celte dèeU-ine nécessairement, passagère,, éomme la plupart des plûlosophes uiodernjs l’ont si vicieusement pensé. Il serait donc presque impossible d’étiler que^ la notion da mouvement organique ne .restât essentiellement absorbe par la considération , jusqu’ici beaueoup plus sensible et mieux caractérisée, du mouvement critique, si, dans .l’appréciation ra- ■' lionnelle des cinq derniers siècles de notre, civilisation, on n’instituait point, entjre deux études aussi distinctes , une séparation métbodique.'Ce qui repd ici réellement facultatif l’emploi rationnel d’un semblable artifice sociolo^que, c’est la nature éminen^ment abstraite de-uotve élaboratipn historique,. d’après les explications générales placées au début de qp volume : car, «dans uu travail historique qui aurait véritablement le caractère concret, cette division idéale entre (Jes phénomènes aimqltanés et. solidaires ne sauraik«lre légitime; taudis qu’elle est, au cou triyre, pleinement compaûble ^vec une analyse abstraite de l’évolution sociale, si d’ailleurs on l’y reconnaît

5oO PHILOSOPHIE POSITIVE.

utile à l’ëclâircissement <îu sujet, ce qui, pour le cas actuel, me Semble hautement ibcon testable; on ne iâit -ainsi qu’étendre à l’étude de la vie col-» lective un droit scientifique dès long-temps usuel dan* l’étude de la vîe individuelle. Utt reloué suffisant s?la saine appréciation logique de la différence ■ fondamentale entre niiBlolMTabstraîle et l’hîsloii’e concrète conduira spontané^jent le Iccteyr à dissiper SanS -^ïHficulté l’incertitude' qui pourrait lui rester ù cet égard. • - t •

.fDu reste, l’esprit philosophique de ce Traité est, sans doute, assez prononcé maintenànt pour , que l’emploi soutenu de cet indispensable artifice SQciologique ne conduise jamais le lecteur à mé-, conitaitre la solidarité nécessaire de ces deux inouveltiens simultanés, dent l’évidente connexité, déjà* érigée en principe par l’ensemble dçs conceptions , soit'Scientifiques, soit logiques, du quatrième voltirae, se trouve d’ailleurs directement établie d’avance d’après nos explications historique», et surtout résulte spontanément de la leçon précédente, qui'ar finalentèht montré' lé r^me mQnol^que’du'inbyen-âge comme la commune souwe immé4iat« l’une et l’autre impulsion. Tcuteifoisî afin de prévenir, autant que possiblé,

‘ les'déviàlfonsinvo.lontaires que pôunrait, àce sujet, 'Susciter momentanément un tel mode d’appcéeia-

^PilYSIQUE SOCIACE. 5oi

tion, il* u’es^ pas ici inuliletlerapp^er d’abord, en général, l’obli^atioa^ittidameptaleel’^’oir toujours eiî* vue l’iptune corelation effective' de ces deux ordres de phéhomènes sociaux, tout en procédént, pour plus de -netteté, à l’analyse séparée de'cbafun d’eux. Or, il est ast certainement évident y que ces deux raouvemeus hétérogènes, malgré leur » spontanéité nécessaire, ont dû constamment exercer l’un sur l’autre une réaction très puissante • poyr se consolider ets’accéléfermutuellenienî. La décOm|)osition croisstfiite,^ spirituelle ou tempo-^ relie , de l’ancien système social ne pouvait* çuecessivenfënt s’accomplir sans faciliter aussitôtd’essor gradué! desélémens coi4espondans du nouveau système, en. dinlinuant les principaux obstacles qui le retardaient ; de même , en sens inverse / ^ développement progressif des nouveaux élémens

soaiâux devait , non moins naturellement ,'impri- ** . ' ' mer un important surcroît d’énergie à l’action ré-

•volutionnaire; et surtout rendre ses résultats phis expressément irrévocables» Cetl^ double i'elatiou permanente n’est pas seulement inconlestabîe-depuis que l’antagonisme des deux systèoie^<a qpmmencé à dëveilir direct eU pleinement caractéristique : elle était, au jbud,^ tout aussi réelle, quoique plus difficitemen t appréciable pendant que lifhitfe . festait éneore inÿrecte et vaguement déilniefsons la

5oa PMll.OSpPH1E pOSITfcV^.

coiiduile iininCdiate el^exclusive df*resj>rit inétâ'> j)hj«>ique proprement dit. Personne^üjoVird’hni ne saurait méconnaître la grande influeiic^de la désorganisation successive du régime fliéôlogiq^e et militaire depuis le moyen-âge pour seconder le développement scientifi(|«ie et industriel de la^îviliaation moderne, dont da spontanéité Ibadaluentaie a meme été souvent mal jq)préciée en attribuant à cette considération indispensable une irralionnélle exagérdlion. Mais la réîffction Irh'erse, quoique beaucoup tOoins conupe jusqu’ici, n’est pas,, en clFet, moins certaine, ni ihoios importante. Ij8 suite <le ce travail doit bientôt fournît, au lectow^plusiéurs.oçcasions capitales de seRlii* spon-^ taiiément qlie le développement de l’esprit positif, aa^ant même que son intervention devînt explicite, a pu seul donner une véritable consistanqe à l’ascendant graduel de l’esprit métaphysique sur l^sprit ■’ théologique : sans une telle influwce, cette . lutte continue, au lieu de tendre vers une vraie rénovation pliikÆoplnqne,n>’eùl pu conduire qu’à de vaines et interminables discussions^ puisque, res^iL.tnétapl},ysîque ne pouvant, par sa nature, accdtnplir la dcmolkion successive'de la philosopl)ie-tliéologK[àe qtu; d’après sa disposition caractéristique à détroirciles conséquences îlü hora dés pri«ci|)fcs, il de^ak nécessaiferaent consacrei' ton-'

PHYSIQUE SUCIALE. 5o3

jours les bases intellectuelles, au moins les plus générales, de cett,e même philosophie dont il ruinait essentiellement l’ellicacité sociale, et dont la décadence mentale t\e pouvait ainsi jamais sembler pleinement irrévocable. Aujourd’hui surtout, c’est paictf qu’on n’a jias communément assesi apprécié l’influence philosophique propre à l’esprit positif que l’on conserve encore trop souvent des illusions si désastreuses sur la perpétuité indéfinie du régime théologique convenablement modifié, comme q’aurai liêh de l’expliquer ultérieurement. On peut faire dans l’ordre te&porei , des remarques essentiellAnent équivaleptes, et cfertes non moins évidentes, sur la réaçtion capitale que l’essor graduel de l’esprit industi'iel a dû exercer de plus en plus pour rendre hautement irrévocable , chez fes modernes, le décroiseemeut spontané ’de* l’esprit militaire, quoique leur antagonisme n’ait été jusqu’ici presque jamais direct : faute d’uhe telle base générale, la rivalité politique des légistes mivers les militaires aurait pu se prolonger indéfiniment sans jamais pouvoij aboutira un véritable changement dé système; e’est la ptépoudérance universelle de la vie industrielle qui seule faïl maintenant sentir instinctivement à..touS les hommes judicieux l’incompalihilitç«adicale^de tout régime militaire avec la nature caractéristique de la civilisation actuelle.

Ces Indications sommaires sufliseut' ici, sans doute, 'pour. faire d’avance coiivenablement ressortir*, en général, l’enchaînement nécessaire et continu des deux mouvemens, hétérogènes «lais couvergens,. l’un critique, l’autre organique, que nous devons désormais analyser séparément, en prévenant^ainsi le seul grave inconvénient philop. sophique de cette, indispensable dicompositibn méthodique, ;c’est-à-diré la tendance à dissimuler l’intime connè»ilé des deux séries de phénomènes . sociaux. Nous pouvons donc ^(reprendre direc.^ temeut l’examen qui'constitu’e l’objet propre«de ce chapitre, en procédant d’«bq^dtà l’appréq|litlon rationnelle de la désoi^auisatioq cfoisSunte du système ihéologique et militaire pendanj^e cours des cinq dferniers siècles. • • ♦ .

Quoique le Caractère es^ntieUemeifttmégaliif de cette grande opération révelutioanaire doive da- •■turaUement inspirer, èdvers> une .telle période, i^iesott^de répugnance philosophique, -dépendant l’esp^t« générai de "ina * théorie fondamentale de l’évolution humaine, et spéçialemjpnt l’ensemble desexpliiçations ctmteducs ||u chapitre précédent, ont dû* d’avance dissipér spontanément ce qu’il pourrait y aaoir.d^nti-scieAtiâqtie dan«,uue semblable diipositioii) en faisant pç«8seM|ir que, malgré les profondes* aberretiqn^ désordres

iléploiaLles qui devaient Ki distiiiguei' , celte mémorable phase sociale constitue néanmpiii^, à sa manière, un intermédiaire aussi indispensalde qu’inévitable dans la marche lente et pénible du déyidoppement humain. A l’état catholique et féodal, le'syslème théologique et militaice était déjà, au fond, comraq nous l’avons, reconnu, en déaadenQe imminente, sans que rien pùt dès Ipps le préserver d’une prochaine et rapide décomposition ra^cale; or, d’un autrexôté, l’évolulion propre et directe des nouveaux élénf^ns sociaux comuiençail P peinefalors à être distinctement ébauchée, sans que leur tendance politique (jnalo pût être être encore aucunement souffbonnée, jusqu’à ce qu’une longue élaboration ultérieure leur eût perr mis de manifestér graduellement leur aptitude nécessaire, si mal appréciée, même aujourd’hui, des meilleurs esprits, à fournir les hases solides d’une vraie réorganisation. J1 était donc évidemmeut contradictoire aux lois naturelles du’ mouvement social que le passage d’un système à l’autre s’opérât .^ar substitution immédiate, en. prévenant toute discontinuité organique», quand même tous les pouvoirs Jiumains auraient pu alors généreuser ment consentir au chimérique sacri^cedejeurs dispositions les plus naturelles et de leurs intérêt» les {llus légitimes^. Ainsi, les sociétés modéra^ ne

PUILOSOPUIK. POSITIVE.

pouvaient aucunement éviter de se trouver, pendant pinceurs siècles, d’une manière de plus en fdus prononcée, dans cette situation profondément exceptionnelle, mais nécessairement transi- . toire, où le principal progrès politique serait, an , Ibnd , par une nécessité toujours croissante, essentiellefinent négatif,, tandis que l’ordre public serait surtout maintenli par une résistance de plus en plus rétrograde ;^onbJe cartictère parvepu aujourd’hui à sa plus haute intensité. Quant M’indispensâble oflice général qtie ce mouvement dé décomposition devait accomplir dans l’évolution totale des sociétés modernes^ je l’ai d’avance suilisamment indiquées expliqua'nt, dès le début du volume précédent, la*deslinatioH essentielle de la dôctrine révolutionnaire, qui a dû final^ent devenir le principal organe d’une telle suite d’opérations. Outre sa puissante influence , ci-dessus rappelée, pour seconder l’essor naturel de* nouveaux élémeos sociaux, par la suppression croissante des Entraves ’ primitives, son efficacité politique, et métne philosophique^ a surtout consisté à rendre non-seulement possible mais inévitable up vrai changement de système , soit en manifestant de plus en plus ritisnffisance rj^dicçle de t’anciçnne organisation, soit aussi en dissifmiit graduellement les obstacles nécq|isaires (|ui interdisaient spontanémentà-notre

Diy!' by Cooglc

PHYSIQUE SOCLâXE. ’Sb’J

faible intellîgense jusqu’à la siil^ple conceptiqn de toute véritable régénération , comme je l’ai établi au quarante- sixième chapitre. Sans la salutaire impulsion de cette énergie critique, il n’est pas douteux que niumanité languirait encore sous cê régime pYovisoire qui après avoir été indfspensable à son enfance, tendait epsnite à la prolonger indéfiniment, en conservant sa prépondérance trTalgré le suffisant accomplissement de sa principale destination. On doit meme reconnaître que, pour remplir convenablement son office essentiel, le mouvement critique avait besoin d’être'piJtissé^ surtout mentalement, jusqi/à son dernier terme naturel : cai*, sans l’entière suppression des divers préjugés, soit religieux , soit politiques, relatifs à l’ancienne orgarrifeation, notre apathie intellectuelle et îociale se serait certainentent bornée à chercher un dénouement facfle mais illusoire, en se contentant de faire subir au système primitif de vaines modifications, impuissamtès à ajiporter aucune satisfaction suffisante et durable auxtio’uveaux besoins de l’humanité. Quoique une telle émancipation ne puisse, sans doute, constituer qu’ilpe condition purement négative , ilrfi’én faut prfs moins l’envisager, même aujourd’hui, comme un préambule rigoureusement indispensable à loulesaine spéculation philosophique sur nue vraie

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r^organisalion-s^iale, ainsi que j’aurai- lieu de le faire bientôt sentir. II serait dope superflu d’iusis- 'ter ici davantage pour dissiper, à ce sujet, la répugnance naturelle que doit inspirer* eç tous genres, le spectacle de la destruction; chacun peut ' déjà 'suffisamment sentir d’avapce l’importante capitale, bien que trahsitoire, de ce grand mouvement critique, dont, l’exacte appréciïftion se rattache d’ailleurs*,* d’une manière si directe et si ihtime‘, à l’étude générale de la situation actuelle de l’éhte dè l’humanité. '

C^tte désorganisation croissante doit être, distmetément examinée! à partir d’une époque plus , reculée que celle^.communément adoptée par les plus judicieux philosophes, qui, d’après une analyse mal conçue, ne font presque jamais remonter une telle investigation historique au-delà du seizième siècle. Son vrai point de départ, dont l’indication est iqi nécessaire afin de prévenir, autant que possible^ le vague et l’ftlcertitude des spéculafioMS, devient ^sèment assignable d’après la théorie fondamentale établie au chapitre précédent sur la principale destination propre au régime menothéique du moyen-â^e, envisagé commetdevant .constituer, pa^sa nature, la dernière qlihaSe esséniielle du système théologique et ipilitaire. Il est facile de recqnnaitfe -, en effet ,' qfVe > dès la fin

PHYSIQUE SOCIALE/ ' 5o()

du Jlreizième .siècle, la conslitulion catholique et féodale avait sulfiSamment rempli, sous les rapports les plus importans, do moins selon sa vérit-able mesure naturelle, son olFice , indispetisable mais passager, pour l’ensemble de l’évolution humaine; et* que, en même temps, les conditions nécessaires de son existence politique avaient déjà reçu,de graves et irréparables altérations, annonçant aveQ,évidence une imminente décomposition ce qui conduit à reporter au commencement du quatorzième siècle la véritable origine historique de cette immense élaboration révolutionnaire, « laquelle toutes les classes de la société ont, dès lors , chacune à sa manière, copstamment participé. J)ans l’ordre spirituel , le célèbre pontidcat de Boniface VIll caractérise liautement l’époque inévitable où le pouvoir catlioliqhe, après avoir noblement accompli, eu égard aux temps ët aux moyens, sa grande mission sociale relative au pre^ mier établissement politique de la morale universelle, comme je l’ai expliqué, est naturellement conduit à dépasser très vicieusement le but, en s’efforçant. désormais de constituer, pour un intérêt isolé, une chimérique domination absolue, de manière à soulever nécessairement d’universelles résistances, aussi justes rpie redoutables, pendant que d’ailleurs il avait déjà commencé à '

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manifester hautement son impuissance radicale'à diriger réellemen t le mouvement’ mental, dont l’importance devenait alors graduellement prépondéranté dans le système général de la civilisation mo- •

derne. L’imminente désorganisation spontanée du catholicisme était même indiquée, dès l’origine du . quatorzième siècle, d’après de graves symptômes précurseurs, soit par le relâchement presque général du véritable esprit sacerdotal, soit- par l’intensité croissante des tendances hérétiques. Ce double •

commencement de décomposition intime fut d’a* bord, sans doute, eflicacement combattu par la mémorable institution des franciscains et des dominicains, si sagement adaptée, un siècle auparavant, à une telle destination, et qu’il faut regarder, en effet, comme le plus puissant moyen de réformation çt de conséî’valion qui pût être vraiment compatible avecja nature 4,’ un tel système : mais son influence préservatrice devait être bientôt épuisée, et sa nécessité unanimement reconnue ne pouvait finalement que faire mieux ressortir la prochaine décadence iné\itable d’un régime qui avait reçu vainement une telle réparation. En même temps, les moyens violens introduits alors, sur une grande échelle, pour l’extirpation des hérésies, constituaient nécessairement l’un des signes les moins équivoques de cette insurmontable fatalité: car

DIgifeed by GoosU

PHYSIQUE SOCIM.E.

aucune domination spirituelle ne pouvant évidemment reposer, en dernière analyse, que sur l’assentiment volontaire des intelligences, tout notable recours spontané à la force iitatérielle doit être considéré', à son égard, comme le plus irréci^nble indice d’un déelin imminent et déjà senti. Par ces divers motifê, il est donc aisé de concevoir que l’ébranlement décisif du système catholique devait, à tous égards, commencer au quatorzième siècle, surtout relativement à ses attributions les plus centrales.

De même, dans l’ordre temporel, c’est aussi alors que le décroissement spontané de la constitution féodale a dû devenir graduéllement irrévocable, par suite d’un suffisant accomplissement de sa principale destination militaire^ caractérisée au chapitre précédent. Car, l’admirable ^stèrae d’opéra lions défensives, qui distingue l’-aclivité guerrière propre au moyen-âge, avait dû comprendre successivement deux séries principales d’efforts essentiels pour protéger convenablement le premier essor de la civilisation moderne, d’abord contre les irruptions trop prolongées des sauvages polythéistes du nord, et ensuite contre l’imminente iuvasion du monothéisme musulman. Quelque puissans obstacles qu’ait dû iong-lomi>s offrir la première opération, où le plus grand homme du

moyen-âge trouva surtout un si noble emploi de son infatigable énergie, la seconde lutte devait être, par sa nature, beaucoup plus difficile et plus lente ; puisque le catholicâsine, principal mobile universel de cette mémorable époqVie, fournissait, ^ous le premier asmect, un^oyen capital de consolidation des résultats militaires, par la possibilité des conversions nationales chez les polythéistes; tandis que, au contraire, cette force fondamentale s’opposait directement, dans le second cas, à toute conciliation Qnale, vu l’incompatibilité radicale qui devait évidemment exister entre les deux sortes de monothéisme, aspirant également, de toute nécessité, à l’empire jmiversel, quoique par des* moyens et avec des caractères essentiellement différens. Les croisades, abstraction faite de tant d’importans résultats accessoires ou indirects qu’on y a trop exclusivement remarqués, et même indépendamment de la haute influence qili leur ap])artenait alors immédiatement poifr mieux lier les divers peuples européens en leur imprimant une activité collective suffisamment prolongée, constituaient surtout , par leur nature, , le seul moyen décisif de préserver l’évolution occi* dentale du redoutable prosélytisme musulman, dès ' lors essentiellement réduit à l’orient, où sou action pouvait devenir vraiment progressive. Mais un tel

PHYSÎQL'E SOCIALE.

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jn’océdé ne pouviiil, évideniment , être appliqué avec un succès .soutenu qu’après l’entière cessation des migrations septentrionales, par suite d’une combinaison convenable d’énergiques résistances et de sages concessions: c’est pourquoi la principale défense du calbolicisine contre l’islamisme a dû précisément devenir le but prépondérant de l’activité militaire pendant les deux siècles de pleine maturité du système politique propre au moyen-âge. Toutefois, malgré les inquiétudes, sérieuses mais fugitives, qu’a pu ultérieurement susciter, même jusqu’au dix-septième siècle, l’extension occidentale des armes musulmanes, il est clair que cette grande opération défensive était essentiellement accomplie dés la bn du treizième siècle, et ne tendait dès- lors à se perpétuer abusivement que par l’aveugle impulsion des habitudes ainsi contractées; sauf l’action régulière, long-temps si utile, d’une admirable institution spéciale, heureusement consacrée à la consolidation continue de cet éminent résultat, dont le maintien suflisant cessait désormais d’exiger l’intervention permanente de la masse des populations chrétiennes. L’organisme féodal avait donc, a cette époque, déjà rempli son principal oflice pour l’évolution générale des sociétés modernes : par suite, l’esprit militaire (pli le caractérisait, graduelirmeni privé

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