‹ Cours de philosophie positive (volume 2)Chapitre 27 sur 40 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

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de su grande destination protectrice et conservatrice , a depuis tendu de plus en plus k devenir profondément perturbateur, surtout à mesure que la papauté perdait son autorité européenne , comme je l’indiquerai ci-dessous. C’est ainsi que la décadence temporelle du régime propre au moyen-âge a dû nécessairement, aussi bien que sa décadence spirituelle, et par des motifs de même nature, manifester, vers le début du quatorzième siècle, un évident caractère d’irrévocabilité, que sou cours s(K>ntané n’avait pu jus<|ue alors offrir, tant qu’il restait à ce régime quelque fonction indis()cnsable à remplir dans le système de notre civilisation. Son énergie militaire a, sans doute, rendu long»temps encore d’érainens services partiels pour garantir la nationalité des principaux peuples européens : mais il importe de remarquer que ces divers services n’étaient plus que relatifs surtout aux perturba lions même que la prolongation démesurée d’une telle activité suscitait |>artout de plus en plus, et qui auparavant se trouvaient essentiellement contenues par la prépondérance spontanée d’une plus noble destination commune. En assignant aiusi le vrai point de départ propre au grand mouvement de décomposition dont nous commençons l’appréciation philosophique , on voit donceniin, soit au spirituel, soit au temporel,

PH-ïStQUE SOCIALE.

que la désorgauiÿalioii continue delà cunslitutiun catholique et féodale, dernière jihase générale du système ihéologique et militaire, devient sensible à l’époque même où, apres le suHisant accomplissement de sa mission fondamentale, son ascendant politique devait tendre désormais à entraver de plus en plus l’évolution finale des sociétés modernes; ce qui garantit nécessairement la pleine rationnalitc d’une telle détermination.

Pour être maintenant analysée ici d’une manière vraiment scientifique, cette immense élaboration révolutionnaire des cinq derniers siècles doit être d’abord soigneusement divisée en deux parties successives, très nettement distinctes par leur nature, quoique toujours confondues jusqu’à présent: l’une, comprenant le quatorzième et le quinzième siècles, où le mouvement critique reste essentiellement spontané et involontaire , sans la participation régulière et tranchée d’aucune doctrine systématique; l’autre, embrassant les trois siècles suivons, où la désorganisation, devenue plus profonde et plus décisive, s’accomplit surtout désormais sous rinlluence croissante d’une philosophie formellement négative, graduellement étendue à toutes les notions sociales de quelque importance; de façon à indiquer dès-lors hautement la tendance générale des sociétés modernes à une en-

tiéie rénovation, dont le vrai principe reste toute» fois radicalement enveloppé d’une vague indétermination. Cette distinction indispensable répandra, j’espère, une vive lumière sur l’ensemble , encore si mal aj)précié,decette mémorable époque, qui constilue le lien immédiat de notre situation actuelle avec la suite des phases antérieures de l’humanité.

Quelque puissante qu’ait été historiquement l’efficacité destructive de la doctrine critique proprement dite, un lui attribue communément une influence très exagérée, dont la notion devient même profondément irrationnelle, quand on y rapporte exclusivement la désorganisation totale de l’ancien système social , comme s’accordent à le faire habituellement aujourd’hui les défenseurs et les adversaires de ce système. Le véritable esprit philosophique montre clairement, ce me semble, que, loin d’avoir pu produire par elle-même une telle décomposition, cetle doctrine a dû, au contraire, en résulter nécessairement, «puuid la démolition spontanée a atteint un certain degré, qui sera déterminé ci-après: car, dans toute autre hypothèse, l’origine réelle delà théorie révolutionnaire serait évidemment incompréhensible; quoique sa réaction inévitable ait dû ensuite devenir indispensable à l’entier accomplissement d’une pareille pliase,et surtout à l’indication earactéri.s-

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VHYSIQUE SOCIALE. 5iy

Ijque de sou issue iinale, ainsi que je l’expli(|iierai bientôt. Outre que cette appréciation vulgaire exagère, évidemment, au delà de toute possibilité, l’influence politique de l’intelligence, elle constitue <lonc ici, par sa nature, une sorte de cercle vicieux. L’ensemble de l’époque révolutionnaire ne saurait, en conséquence, être rationnellement conçu qu’autant que la formation et le développement de la doctrine critique sont regardés comme précédés et déterminés par un progrès suflisantdans la décomposition purement spontanée que nous devons d’abord apprécier .sommairement , suivant l’ordre ci-dessus indiqué.

Rien ne saurait mieux confirmer la démonstration établie au chapitre précédent, .sur la nature éminemment transitoire de la coMstitntion catholi<jue et féodale propre au moyen-âge, (juc la ruine irréparable d’un tel organisme par le seul conflit mutuel de ses principaux appareils, sans aucune attaque systématique, pendant les deux siècles qui ont immédiatement suivi les temps même de sa plus grande splendeur. On peut, en effet, reconnaître aisément que cette mémorable économie contenait, à beaucoup d’égards, par sa structure caractéristique, des germes essentiels de décomposition intime, dont les ravages spontanés ont été seuleiiicut suspendus ou dissi—

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mules tant que la commune destination sociale a dû, conformément à nos explications antérieures, maintenir, entre les .diverses parties, par son uniforme prépondérance , une combinaison nécessairement temporaire. Il doit sulRre ici d’apprécier les causes les plus universelles de cette imminente dissolution naturelle , en considérant d’abord, sous ce point de vue, la division politique la plus générale entre les deux grands pouvoirs du système, et ensuite la principale subdivision propre à chacun d’eux.

Sous le premier aspect, il est incontestable que l’admirable établissement d’un pouvoir spirituel distinct et indépendant du pouvoir temporel, quelqueindispensable qu’il dût être à l’accomplis- .sement réel de l’évolution spéciale réservée au moyen-âge , et quelque immense perfectionnement qu’il ait même apporté à la théorie fondamentale de l’organisme social, comme je l’ai déjà prouvé, devait ensuite devenir un principe inévitable de décomposition active pour le régime correspondant, par l’incompatibilité nécessaire qui, dès l’origine, régnait, plus ou moins explicitement, entre les deux autorités, soit à raison d’un état de civilisation trop peu conforme à un aussi éminent progrès, soit d’après l’inaptitude radicale de la seule philosophie qui pùt alors y

présider. J’ai d’abord établi , dans le cours des • deux chapitres ptécédens^ que le mettothéistne est , par sa nature , en opposition plus' ou moins prononcée avec la prépondérance de l’activité militaire ; à moins que , par une anomalie contraire au véritable caractère essentiel de celte phase théologique, il ne se constitue, suivant le mode ' musulman , en maintenant la concentration pri*mitive des deux pouvoirs; et, alors même, le polythéisme est-il nécessairement beaucoup plus contbrme à tout développement intense et soutenu du système militaire. Mais, sous le vrai régime monothéique, dont la séparation générale entre le gouvernement moral et le gouvernement politique devient le principal attribut, il existe iné* vitablement une sorte de contradiction intmae, directe quoique implicitaç entre une telle disposition et la nature encore militaire de l’organisation temporelle correspondante , vu la tendance spontanée vers la plus entière Unité de pouvoir, toujours propre à l’esprit guerrier, mênio après l’altération capitale qu’il dut alors subir par la liuiistbrmalioü nécessaire du système de conquête en système essentiellement défensif. C’est surtout par-là que cette grande séparation , malgré sa haute utilité immédiate , doit être regardée, à celle époque , comme une tentulire éminemment

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{iréaiiilurëe, dont l’ellicacitc cotuplèle el durable est réservée au dé\ elop|)emetU final des sociétés moderues, puisque l’activité industrielle, devenue enfin prépondérante, y doit seule être, par sa nature, pleinement compatible avec la consolidation régulière, d’une telle division fondamentale. En outre, si l’esprit féodal, en tant que militaire, devait être spontanément hostile à cette • institution caractéristique, il faut reconnaître que, d’un autre côté , l’esprit catholique , en tant que rhéologique, tendait aussi, avec presque autant d’énergie , à l’altérer radicalement en sens inverse, en poussant habituellement l’autorité sacerdotale à dépasser essentiellement des limites vagues et empiriques, qui n’avaient jamais pu être réellement ussujéties à aucun principe rationnel. Une démarcation vraiment systémaitique, dont j’ai déjà signalé le pinncipe général, ne pourra être un jour solidement établie entre les deux puissances élémentaires, sauflesperturhationssecondairesduesà l’inévitable conflit des passions humaines, que sous^’ascendant ultérieur de la philosophie (lositive, éminemment prdpre à la constituer spontanément d’après l’en* semble des véritables lois de l’organisme > social, comme j’aurai lieu de l’indiquer spécialement dans la suite. Tant que l’esprit théologique reste prépondcranl,il estclair, au contraire, que la triple nature

PHYSIQUE SUCIALE.

éniiiiemnicnt vague , arbilraire, et iiëannioins absolue, qui caractérise, de toute nécessité, les diverses conceptions religieuses, ne saurait permettre d’instituer, à cet égard, aucun frein intellectuel et moral, susceptible de contenir suflisamment les opiniâtres stimulations de l’orgueil et les illusions spontanées de la vanité : en sorte que, sous ce régime, la séparation effective des deux pouvoirs a dû être surtout empirique, d’après rindëpentlance mutuelle propre à leurs origines respectives, maintenue ensuite par leur autagoulsme. continu , suivant les explications du cbapilre précédent. La iliscipline mentale spécialement rigoureuse, et tinaleraent oppressive, que ces mêmes caractères essentiels ont dû rendre de plus en plus Indis- |>ensable, afin d’entretenir, d’une manière aussi précaire que pénible, une convergence convenable, a dû d’ailleurs fortifier beaucoup la tendance inévitable du pouvoir sacerdotal à l’usurpation universelle. Enfin, quoique la plupart des [ibilosoplies aient, à cet égard, attribué une influence très exagérée à la principauté temporelle annexée au suprême pontificat, puisque c'etle souveraineté exceptionnelle n’a pri^ une grande importance qu’au temps même où le système catholuiue était déjà en pleine décomposition politique, il ne faut j>as cependant négliger celte con.sidéra-

lion secondaire , qui, en tout temps, a dù accessoirement concourir à développer, chez les papes, leur disposition spontanée à l’entière confusion des divers pouvoirs sociaux. Telle est donc, èn résumé , sous tous les aspects essentiels , la singulière nature du régime propre au inoyen-4ge, que l’esprit féodal et l’esprit catholique, qui en constituaient les deux éléments généraux , tendaient nécessairement) chacun à sa manière, l’un par suite d’une civilisation trop imparfaite , l’autre à cause d’une philosophie trop vicieuse , k ruiner radicalement la division fondamentale qui caractérisait surtout cette mémoi able constitution , dont la destination purement transitoire ne saurait être plus évidemment vérifiée que par un contraste aussi décisif. Ainsi, ^ ce n’est point la décomposition spontanée de ce régime, à partir du quatorzième siècle, qui devrait habituellement nous étonner ; ce Serait bien plutôt sa permanence effective jusqu’à cette époque, si elle n’était déjà suffisamment expliquée, soit par le trop faible essor des nouveaux clémens sociaux , soit par la réalisation jusque alors incomplète de son office , fondamental quoique temporaire , pour l’ensemble de l’évolution sociale, conformément à nos déinonstration» antérieures.

On obtiendra des conclusions analogues en

PHYSfQUE SOCIAI.E.

cousidérant maintenant la principale subdivision de chacun des deux grands pouvoirs, spirituel ou temporel , c’est-à-dire la relation correspondante entre l’autorité centrale et les autorités locales. 11 est aisé de sentir, à cet égard, que l’harmonie intérieure de chaque pouvoir ue pouvait être plus stable que leur combinaison mutuelle.

Dans l’ordre spirituel, on ne saurait douter (pie la hiérarchie catholujue, maigri l’émiuente supériorité de son énergique coordination, ne contînt nécessairement, par la nature du système, des germes spontanés d’une inévitable dissolution intime, indépendante d’aucune hostilité directe, quant aux relations générales entre la suprême autorité sacerdotale et les divers clergés nationaux.

Ces discordances intérieures devaient certainement oatrepasser beaucoup ce degré universel de perturbation élémentaire que l’imperfection de *

l’humanitc rend inséparable de toute constitution quelconque J elles avaient alors un caractère et une intensité propres au régime théologique correspondant. Les immenses efforts entrepris, à cette époque, avec tant de persévérance, par les hommes les plü& avancés , pour réaliser, au profit de la civilisation moderne, tous les moyens d’ordVe dont le monothéisme est susceptible, mériteront toujours d’autant plus la respectueuse admiration des \ rais

PHII.OSOPIIIE POSITIVE.

philosophe.s , qu’une telle propriété est moinsconfortue à la nature clés doctrines théologiques, surtout depuis la séparation , d’ailleurs si indispensable, entre les deux puissances fondamentales. Quoiqu’on attribue abusivement aux opinions religieuses une tendance absolue à déterminer et à entretenir la convergence Intellectuelle et morale, il est certain que l’esprit ihéologique, dans la situation mentale que suppose l’établissement régulier du monothéisme, et avant même que son principal ascendant ait pu être directement menacé, ne peut réellement conduire au degré suffisant d’unité sans la pénible intervention continue d’une discipline artificielle très rigoureuse, et bientôt plus ou moins oppressive, dont le maintien doit graduellement devenir incompatible, soit avec les prétentions excessives de ceux qui la dirigent, soit avec les résistances exagérées de ceux- qui la subissent; c’est ce c|ui résulte évidemment du caractère vague et arbitraire , et par suite nécessai-: rement discordant, d’une telle philosophie, librement et<tclivement cultivée. Avant que ce principe foodamental de dissolution ait pu produire, comme je l’indiquerai ci-dessous , la désorganisation finale de cette pliilosophie, il a, dû exercer d’abord son ^ inévitable influence en tendant long-temps à trou- ■> bler [irofondément l’ensemble de la hiérarchie ca-

thollque, lorsque les résistances partielles pouvaient acquérir une véritable importance par leur concentration spontanée en oppositions nationales, sous l’assistance naturelle des pouvoirs temporels respectifs. Les mêmes causes fondamentales qui, d’après le chapitre précédent , 'avaient dû tant limiter, en réalité, l’extension territoriale du catholicisme, agissaient alors, sous cet autre aspect, pour ruiner sa constitution intérieure, même indépendamment de toute dissidence dogmatique. Da ns le pays qui, suivant la juste et unanime appréciation des principaux philosophes catholiques, fut, pendant tout le cours du moven-âge, le principal appui du système ecclésiastique, le clergé national s’était toujours attribue, presque dès l’origine, envers la suprême autorité sacerdotale, des privilèges spéciaux , que les papes ont souvent proclamé, avec raison mais sans succès, essentiellement'contraires à l’ensemble des conditions de l’existence politique du catholicisme : et cette opposition ne devait pas, sans doute, être moins réelle, quoique moins nettement formulée, chez les peuples plus éloignés du centre pontifical. La papauté, d’une autre part, tendait, en sens inverse, mais avec autant d’efficacité, à la dissolution spontanée de cette indispensable subordination, par sa disposition croissante à une exorbitante centra-

PniLOSOPHIE POSITIVE.

lisation, qui, au profit de plus en plus exclusif des ambitions italiennes, devait justement soulever partout ailleurs d’énergiques et opiniâtres susceptibilités nationales. Tel est le double effort continu qui, avant même toute scission de doctrme», tendait directemeufà dissoudre l’unité intérieure du catholicisme, en le décomposant, contre son esprit fondamental, en églises nationales indépendantes. On voit que ce principe de décQmposition équivaut essentiellement, dans un ordre de relations plus particulier, à celui précédemment ci* ractérisé envers la combinaison politique Ja plus générale; il résulte, encore plus clairement, non d’inffuences plus ou moins accidentelles , mais de la nature même d’un tel système, considéré surtout dans ses bases intellectuelles trop imparfaites, et malgré l’admirable supériorité de sa structure propre, appréciéeau chapitre précédent. Sous l’un comme sous l’autre aspect, cette désorganisation spontanée devait se trouver suffisamment contenue tant que le syslèitae n’avait point acquis tout son développement priueâpal, et convenablement réa'- Usé sa grande mission temporaire. Mais rien ne pouvait ensuite empêcher nue imminente décom? position quand, par l’accompUssement essentiel de ces deux conditions, la considération d’un but d’activité commun a nécessairement cessé d’être

Dssez prépondérante pour détourner ces divers élémens de leur discordance naturelle.

J’ai cru devoir ici caractériser directement , d’une manière spéciale quoique sommaire, cette décora* poûtion intérieure de la hiérarchie catholique, parce que la spontanéité en est jusque ici très mal appréciée, par suite de l’illusion très excusable qui résulte, à ce sujet, d’un sentiment exagéré de la perfection de cette admirable économie, où personne n’avait pu encore discerner convenablement les éminens attributs dus au beau génie politique de ses nobles fondateurs d’avec les imperfections radicales imposées par la nature d’un tel âge social combinée avec celle de la philosophie correspondante, et qui ne pouvaient permettre à cette immense création qu’une destinée fugitive et précaire. Mais nous sommes heureusement dispensés d’une semblable élaboration envers l’organisation - leniporeUe, où l’antagonisme fondamental entre le pouvoir central de la royauté et les pouvoirs locaux des diverses classes de la hiérarchie féodale a été assez bien apprécié , en général , par divers philosophes et surtout par Montesquieu, pour n’exiger ici aucun nouvel examen , si ce n’est cidessous quant à ses résultats principaux. La conciliation tentée par l’ordre féodal proprement dit, entre les deux tendances contradictoires â l’isole-

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meot et à la concentration , qui s’y trouvaient pa-* reillement consacrées, ne pouvait, évidemment, comporter qu’une existence imparfaite et passagère, qui ne pouvait survivre à sa destination purement temporaire, et qui devait nécessairement entraîner la ruine spontanée d’une telle économie, soit que, l’un ou l’autre des deux élémens dût acquérir graduellement une inévitable prépondérance, suivant la distinction ci-après expliquée.

Trois réflexions générales méritent d’être ici notées au sujet de cette spontanéité de décomposition qui, à tant d’égards, caractérise si hautement le régime propre au moyen-âge. La première, déjà indiquée, consiste à y voir une confirmation décisive de l’appréciation fondamentale établie au chapitre précédent sur la nature essentiellement transitoire de cette phase extrême du système théologique et militaire. On peut ainsi sentir aisément que tout doit sembler radicalement contradictoire et profondément incompréhensible dans l’étude sociale du moyen-âge, en s’obstinant à juger un tel régime d’après l’esprit absolu de la philosophie politique aujourd’hui dominante, tandis que, au contraire , tout s’y coordonne naturellement et s’y explique sans effort par cette conception rationnelle d’un oihee indispensable mais nécessairement passager pour l’ensemble de l’évolution hu-

PHYSKtUE SOCIALE.

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maine. lin second lieu, l’aptitude spéciale de ce régime à seconder éminemment l’essor direct des nouveaux élémens sociaux n’est pas moin.s clairement manifestée par cette décomposition spontanée, que sa tendance caractéristique à permettre graduellement la désorganisation finale du système théologique et militaire. Car, les divers conflits perrnanens ci-dessus appréciés étaient , par leur nature, extrêmement propres à làciliter et même à stimuler un tel essor, ainsi que je l’indiquerai plus expressément au chapitre suivant , en intéressant immédiatement chacun des düTér^s pouvoirs antagonistes au développement conhfm des nouvelles forces sociales particulières à la civilisation moderne, par le besoin d’y trouver (Tinaportans auxiliaires dans leurs contestations mutuelles. Il faut, en dernier Heu, regarder cette spontanéité de décomposition comme un caractère vraiment distinctif du ré^roe catholique ét féodal, en ce sens qu’elle y était beaucoup plus profondément marquée qu’en aucun autre régime antérieur. Dans l’ordre spirituel surtout, dont la cohérence était pourtant bien plus parfaite, il est fort remarquable, ce. me senfole, que les premiers agens de la désorganisation du catholicisme soient toujours et par-' tout sortis du sein même du clei^é calholiqne; tandis que le passage du polythéisme au mono-

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