i PIlILOSOjhiE POSITIVE
détruire, d’où serait résulté l’avorlement totah de celle indispensable opéralion révolulionnaire* Je dois me borner ici à rattacher le principe général de celle im[)ortante explication à l’ensemble de notre appréciation historique;: quant à ses développements les plus essentiels , ils ont été déjà sidiisamuienL indiqués au quarante-sixième chapitre , quoique sous un aspect un peu different ; la participation spéciale des divers dogmes cri tiques à leur destination commune seWoiivera d’ailleurs hislork|uenient déterminée ci-dessous, au moins sous forme implicite. Le profond caractère d’hostilité et de déffance systématiques, de plus en plus manifesté par cette philosophie négative envers tout pouvoir quelconque, sa tendance instinctive et absolue au contrôle et à la réduction des diverses puissances sociales, sont désormais assez motivés, soit dans leur inévitable origine, soit dans leur but indispensable, pour q.ue le lecteur attentif puisse aisément suppléer aux éclaircissemens secondaires que je suis obligé d’écarter à ce sujet.
Afin decompléter convenablement cette appréciation abstraite de la ma relie générale propre à la doctrine critique ou révolutionnaire des trois derniers siècles , il ne me reste plus qu’à établir sommairement la division nécessaire de son déve-
PHYSIQUE SOCIAI.E.
lup(Mimeiil essuQliui en deux grandes phases snecessives, qui parlageut celle mémorable période hislorique en deux portions peu inégales. Dans la première, qui comprend les diverses formes principales du proteslautisme propremenldit,ledroil individuel d’examen , quoique pleinement proclamé, reste néanmoins toujours contenu entre les limites plus ou moins étendues de la théologie chrétienne, et, par suite, l'esprit de discussion dissolvante,accessoireinenl relatif au dogme, s’attache alors surtout à ruiner, au nom même du christianisme , l’admirable système de la hiérarchie catholique , qui eu constituait socialement la seule réalisation fondamentale ; c’est là que Ip caractère d’inconséquence inhérent à l’ensemble de la philosophie négative se trouve le plus hautement prononcé , par la prétention constante à réformer le christianisme en détruisant radicalement les plus indispensables conditions de son existence politique. La seconde phase se rapporte essentiellement aux divers projets de déisme plus ou moins pur propres à ce qu’on appelle vulgairement la philosophie du xviu‘ siècle , quoique sa formation méthodique appartienne réellement au milieu du siècle précédent; le droit d’examen y est, enprinoipe , reconnu indéfini , mais on croit vainement pouvoir, ep-fait, y contenir la discussion méta-
PHII.OSOPHIE POSITIVE.
j)hysi(|ue entre les limites les plus générales du monothéisme , dont les bases intellectuelles semblent d’abord inébranlables, bien qu’elles sorenl à leur tour aisément renversées avant la fin de cette [lériode , par un prolongement nécessaire de la même élaboration critique , diez les esprits dont l’émancipation est la plus avancée : l’inconséijuence mentale est ainsi très notablement diminuée , par suite de l’uniforme extension de l’analyse destructive, mais l’incohérence sociale y tievient peut-être encore plus sensible , d’après la tendance absolue à fonder éternellement la régénération politique sur une série exclusive de simples négations, qui ne pourraient finalement ‘'aboutir qu’à une anarchie universelle. On peut d’ailleurs regarder le socinianisme comme ayant naturellement fourni la principale transition historique de l’une à l’autre phase. Du reste, la seule appréciation précédente fait aussitôt ressortir, ce me semble, la formation nécessaire de chacune d’elles ainsi que leur filiation spontanée : car, si, d’un côté, l’esprit d’examen ne pouvait évidemment s’arroger d’abord un exercice indéfini, et devait préalablement s’imposer des bornes qui facilitaient son admission, il est clair, d’une autre part, <jue ces limites , bien que* toujours proposées comme absolues, ne pouvaient être éternellenienl
Oigitoectl^ Go
PHVSIQUE SOCIAI.B. 5^5
respectées, et que même le premier usage du droit de discussion avait dû conduire à de telles divagations ou perturbations religieuses que les f>!us énergiques intelligences devaient enfin éprouver \in pressant besoin, a la- fois mental et sociaL, de se dégager entièrement d’un ordre d’idéeS aussi arbitraire et aussi discordant, ainsi devenu directcment contraire à sa vraie destination primitive. La distinction générale de ces deux phases est tellement indispensable , que malgré leur extension naturelle, sous des formes diverses mais politiquement équivalentes , à tous les peuples de l’Europe occidentale, elles n’ont pas dû avoir cependant le . même siège principal, comme j’aurai lieu de l’indiquer ci-dessous. U a dû aussi exister entre elles une différence très prononcée quant à la participation plus ou moins importante, quoique toujours seulement accessoire, des nouveaux élemens sociaux. Car, l esprit posilifetait-cerlaiiiemeiit trop peu développé d’abord, concentré chez des iiitelllgenc&s trop exceptionnelles et trop isolées^ et en même temp>s réduit encore à des sujets trop restreints j pour être susceptible d’exercer aucune notable influence sur l’avènement effectif du protestantisme^ qui a dû, au contraire, utilement accélérer son propre essor : tandis que, dans la seconde phases sa puisAnte intervention, bien que jwesque tou-