TOME V
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puri.(WdPHie powtiv'b.
au '“contraire, signaler, à cet égarcl, une importante considération nouvelle, qui résulte ici d’un rapprochement d’ensemble entre les deux tlécoraposilions simultanées du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Celle-ci, en elFet, comme uous l’avons vu, s’accomplissant, pv une évidente nécëssité, contre la pdlssance centrale, sans qum il n’ÿ eût pas eu de révolution , 41 fallait bien, par uné indispensable compensation ^ que l’autre s effectuât habituellement en sens inverse, sans quoi cette révolution eût dégénéré en un démembrement universel, dont l’Europe moderne a été spécialement préservée par cette concentra tM» temporette en faveur de la -royauté. En même temps que l’anarchie politique, imminent péril de la grande phase révolutionnaire, pouvait ainsi être essentiellement évitée ^ 011 doit reconnaître, sous un autre as|>ect, que le mouvement général de décomposition atteignait par-4à soh^bnt prinr cipal d’une manière hier* plus complète , et surtout beaucoup plus cafractéiistique, que. si la ém location temporelle s’était,- au contraire, opérée ordinairement au profit de l’aristocratie. Qumque chacun des deux élémens ait naturellement dû, comme nous le verrwis, irrationnellement tenter, après son triomphe, de reconstruire sous son ascendant, l’ensemble du* régime ancien , ceUe -, » .
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cutreprise eût cependent bieu plus dangereuse de la part de J ’aiistocratie qu’elle n’a pu l’être de la part de la royauté: l’extinction finale du système militaire et tlieologique en eût été bien autrement entravée, aussi bien que l’essor politique des nouvelles forces sociales,, ainsi que je l’indiquerai plus spécialement au cinquante-sepllèmç chapitre.»
V On voit, par ces explications, que la tendance de la décomposition féodale vers l’ascendant po* litique -de l’aristocratie sur la royauté a dû constituer, dans la désorganisation universelle que nous apprécions, un cas éminemment. exceptionnel, dont l’Angleterre offre le principal exemple. Mais la considération en est néanmoins très importante aujourd’hui, pour faire déjà pressentir 1 aveugle irrationnalité de ce dangereux empirisme qui prétend borner le grand mouvement européen à l’uniforme transplantation du r^me transitoire particulier à l’évolution anglaise. Comparée à celle de presque tout le reste de l’Europe, et surtout de jp France, elle présente ainsi, dès les der- ' niers siècles du moyen-âge, une différence, aussi capitale qu’évidente, qui a nécessairement exercé, sur l’ensemble total du développement ultérieur, une influence très prononcée, incompatible avec tcfule vaine imitation politique,* comme je l’expliquerai dans la suite. Il suffit, en ce moment, de
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PHILOSOPHIE POSITTVE.
noter celte irrécusable diversité effective, qu’atteste spontanément toute Thistoire moderne,etquicônstitue le premier trait essentiel de l’isolement caractéristique de la poliUque anglaise. Une telle anomalie me semble devoir être surtout attribuée à l’action combinée de deux conditions spéciales j la situation insulaire , et la double conquête : la première a dû, en général, rendre le développement social de l’Angleterre toujours plus susceptible qu’aucun autre de suivre, sans perturbation extérieure, une marche qui lui fût propre; la seconde devait particulièrement provoquer à la coalition aristocratique contre la royauté, que la conquête normande avait dû rendre d’abord éminemment prépondérante, comme on le voit clairement, par exemple, en comparant, au xii* siècle, la puissance royale en France et en Angleterre; en outre, les suites nécessaires de cette conquête exceptionnelle favorisaient la combinaison spotUanée de la ligue aristocratique avec les classes industrielles^ en cons- ’ tituant entre elles, par la nouvelle positiijii secondaire de la noblesse saxonne, un précieux intermé- ' diaii-e naturel, qui ne pouvait exister ailleurs (i).
(i) La marche de l’étohuiou politique en Ecosse, si diffiérenle de celle propre k l’Angleterre , me semble confirmer spécialement celle c«plicâiioii générale, en moAtrant que l’influence particulière de la double cenquèté a réeliemeni prédominé, ü cèt égald, sur pelle méitae de risoleuieni insulaire commntf aux deux populations.
Mais nous devons éviter ici d’engager, à cet égard, aucune discussion spéciale, évidemment OimtFaipe aut. prescriptions lexiques étabKes an début de ce volume contre toute introduction importante des recherches' concrètes dans- notre élaboration historique, dont le caractère essen»' tellement abstrait doit être soigneusement maintenu. Au reste, ceux qui voudront convenablement entreprendre une explication vrahnànt rationnelle de cette mémorable anomalie politique, devront d’abord donner à l’observation même du phénomène toute son extension réelle, en cessant ile -le considérer, ainri qu’ou le Êiit trop souvent, comme strictement particulier à l’Angleterre : quoiqu’il y ait été, sans doute, plus spécialement prononcé, on voit cependant,, par exemple, le développement politique de la Suède, et auparavant même celui de Venise, offrir, sous ce rapport, une tnarche fort analogue.
Tels sont les divers résultats principaux de la décadence spontanée qui conduisit graduellement le régime catholique et féodal à ce degré de désorganisation, partout essentiellement réalisé, d’une manière plus ou moins explicite, vers la 6n du XV* siècle; le' pouvoir spirituel étant désormais irrévoimblemettl absorbé par le pouvoii' temporel, et Ftin des deux élémens généraui
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de celui'ci Fadicalement subaiternisë envers l’antre*^ en sorte que l’ensemble de cet immense organisme restait dès-lors totalement concentré autour d’une seule puissance active, ordinairement la royauté, sur laquelle reposaient presque uniquement les destinées ultérieures du système entier, dont ta décomposition allait maintenant commencer à devenir nécessairement systématique. •
Nuus avons ci-dessus rationnellement partagé cette phase définitive du grand mouvement ré— volutionUaire en deux, époques principales, l’une purement protestante , l’autre essentiellement déiste, d’après le caractère plus complet et plus décisif qu’acqniert graduellement la philosophie négative. Considérons successivement, dans la premièrCi, d’abord ses effets politiques immédiats, et ensuite son influence philosophique ultérieure* . . .
Sous le premier aspect, on peut aisément sentir que la réforme du xvi* siècle ne fut réellement , en général, qu’une consécration explicite. et irrévocable de la situation des soiâétési. modernes en résultat final de la décomposition- spontanée que nous'venons de reconnaître propre aux. deux siècles précédens , surtout en ce qui concerne la tlésorganisation du pouvoir spirituel,- principale base du régime anoieii. On déît concevoir, en
. PHXSIiQUK. SOeiAl^i, .
outre, pour compléter luie telle appréciation , que cette commune conséquence politique s’est, au fond , nécessairement réalisée , d’une manière à peu près équivalente , malgré de graves düTérences intellectuelles, qui n’ont pu devenir sensibles que long-temps après ,. aussi bien chez les peuples restés nominalement catholiques, que chez ceux devenus ostensiblement protestans : les uns et les autres ont alors déiinitivement passé, envers l’ordre social du moyen-âge, à un état pareillement révolutionnaire, sauf la diversité naturelle des manifestations.' Car, je .ne saurais trop l’expliquer, dans la suite entière des désorganisations opérées depuis le début du xiv' siècle, la première et la plusdécisivea certainementconsistéà détruire l’indépendance du pouvoir spirituel , en le subordonnant partout au pouvoir temporel : or, cette perturbation capitale, principe essentiel de toutes les autres, a été, comme nous l’avons vu, réellement commune à tout l’occident européen, avant la 6n du xv* siècle^ c’est par là que, sur tous les points importans de ce grand théâtre social', toutes les forces quelconques ont dès-lors instinctivement participé, comme je l’ai montré, au caractère révolutionnaire des temps modemea, sans excepter, non^seuleoieBt les rois et les no- Ues, mais aussi 'les prêtres, et les papes eax-
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mêmes : lorsque Henri VIll se sépara de Rome , Charles-Quint et Françoi.s 1*' n’en étaient pas, à vrai dire , déjà moins afFranciiis qae IiiT. En considérant l’ensemble du protestantisme, il est clair que la suppression de la centralisation papale, et l’assujétissement national de l’autorité spirituelle à la puissance temporelle, y consti^ tuent les seuls points importans communs à toutes les sectes, les seuls qui y soient restés toujours intacts au milieu d’innombrables variations. La célèbre opération de Luther, malgré son fougueux éclat, se réduisit immédiatement à la consécration fondamentale de' ce premier degré de décomposition de la constitution catholique, puisqu’elle n’atteignit d’abord le dogme que d’une manière fort accessoire, qu’elle respecta même essentiellement la hiérarchie , et qu’elle n’altéra gravement que la seule discipline. Or, si l’on analyse politiquement ces dernières altérations , vraiment caractéristiques, on voit qu’elles consistèrent surtout dans l’abolition combinée du célibat ecclésiastique et delà confession universelle; c’està-dire, précisément dans les mesures qui, outre l’énergique adhésion spontanée des passions, humaines, au sein même du sacerdoce, étaient ^ alors les plus propres, par leur nature, à consolider la ruine antérieure de l’indépendance
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sacerdotale, à laquelle ce double appui était évidemment indispensable. Une telle destination primordiale du protestantisme explique aisément sa naissance spéciale chez les peuples les plus éloignés du centre catholique, et auxquels, par suite, la tendance de plus en plus italienne de la papauté pendant les’ deux siècles précédons devait se faire le plus péniblement sentir.
D’après cette incontestable appréciation , on ne peut douter que les peuples catholiques n’aient tout aussi réglement participé que les protestans à’ cette première transformation révolutionnaire, sauf la différence des formes et la diversité des moyens, qui importent peu au résultat (i). Konseulement en France , mais en Espagne , en Au» triche, etc., les rois, sans s’arroger ouvertement ■ > . ■ ' (i) Un incidam remarquable, aujourd’hui trop onblie, me semble très propre b confirmer ÆrectemeDt ce rapprochement fondameolal indique par ma théorie historique, en manifestant Is tendance spontanée (fcs sonserains catfaoiiqnes i ‘reconrir qaeiqnefois aux mêmes moyens essentiels que Ica grinces protestarts pour garautir radicalement la destruction de l’indépendance politique du clergé. On voit, en effet, l’empcrenr Ferdinand faire, quoique sana succès, expressément proposer, h diverses reprise», an concile de Trente, par des .ambassadcnis-spécianx, le mariage habituel dei prêtres, qui eût cerlainement conduit , dans l'application , h abolir anssi la confession. Oe double caractère de la diacipline luthérienne, a depuis freqnemnumt ironvé, nu sein même do catholicisme, de fervens apologistes, très convaincDs d’ail lebrs qu’ils ne cessaient {wint ainsi d’ap{iartenic à l’église aniverscllé.
PHIUMOPIIIE POStTi'VE.
une Taine et ridicnle suprématie spirituelle, étaient déjà certainement , au temps de Luther, pour leurs clergés respectifs, dea maîtres non moins absolus, non moins inclépendans, au fond, du pouvoir papal, que le devinrent alors les divers princes protestaus(t). Mais le mouvement luthérien, surtout parvenu à la phase calviniste, exerça bientôt, à cet égard, d’une manière indirecte, une influence aussi importante qu’inévitable, en disposant de plus en plus le sacerdoce catholique à l’acceptation volontaire d’un telassujétisseinent politique, contre lequel il conservait jusque alors, quoiqu’on vain, . son antique répu^ance naturelle, et où désormais il devait voir, au contraire, la seule garantie efficace de son existence SQciale, au milieu de l’imminent essor 'de l’esprit universel d’émancipation religieuse. C’est seulement à cette époque de dé-
(■) Quoique eette tendanoe anieanella li U natioueliaation du elergé ait dû iiatnrcHqfBent dire beaucoup moins développée. en qne
partout ailleun, teUe était cependant, à ocl égard, la ailualion fondamentale dés peuples modernes, qn'on a pniemarqaer aloranne semblable tnnaformalionrééolutionDaira même cbra toutes (es popnialieas isaltennn dont IVtat poUt^ne a pria no caractère atable snffisamment psonoocé. La oonstitntion wnitieiuie eo o&e surtout an exemple tris décisif, par l’isolement et la dépendanae où eHe maiaüent le clergé national envers la puissance temporelle, depuis le triomphe définitif de l’sniataeraliesar le. pouvoir dncaJ au xrv* aiicle; demanürc iorganiser, aous M vainc apparente d^nnc retpecenaiitcortbodoxie, une sorte de religion d’ciBl, encore plus discioctc penPélre du vrai caiboiicianie ronuèn que ne le fut ensuite notre gallicanisme proprement dit. v..
PHYSIQUE SOCIALE. '> 5o"]
cadenoe.que eommenoe essentieUement,; entrs l’influence catholique et le pouvoir royal, cette intime coalition spontanée d’intérêts sociaux , dont la tendance générale, d’abord -stationnaire, et bientôt rétrograde, envers le développement final de la civilisation moderne, a été si mal à propos attribuée, par tant d’irrationnels détracteurs, au« plus beaux âges du eatholicMsme, si 4ong-temps oaraetérisé, d’après nos explications antérieures , par son noble et énergique antagonisme à l’égard de toutes les puissances tempiorelles.' Il serait d’ailleurs superflu de prouver qup cette opposition croissante au progrès ultérieur de l’évolution humaine, loin d’être propre au catholicisme moderne^ soit gallican, soit espagnol, etc., appartient'^ d’une manière beaucoup plus radicale et bien autrement prononcée, au luthéranisme anglican, ott ' suédois,' etc., qui, même en souvenir historique i n’a jamais pu sq< supposer eu état d’indépendancç réelle, ayant été, au contraire, expressément ins+ » titué, dès sa naissance, en vue d’urie éternelle sujétion. Qnm qn’îl en soit, après son universel asserl'isseœent politique, l’église cathoHqûe, désormais uécessairement impuissante à remplir scs plus hautes attributions soeiales, et voyant ainsi k>n champ moral partout restreint à- ]a vie individuelle, sauf Ott reste d’influence sur la vie domesticpie, est
(iès-lors conduite inévitablement à s’occuper surtout, d’une manière de plus en plus exclusive, de Ut seule conservation , de plus en plus difficile , de sa propre existence , en se constituant instinctivement de plus en plus l’indispensable auxiliaire permanent delà royauté, autour de laquelle devaient graduellement se concentrer, par une tendance spontanée, tous les débris quelconques du régime monotbéique du moyen-âge, comme seul élément maintenant susceptible d’une énergique activité politique. On conçoit au reste aisément que cette inévitable coalition devait finalement devenir aussi dangereuse pour le catholicisme que pour le pouvoir royal , envers chacun desquels elle constituait naturellement une sorte de cercle vicieux , à la fois mental et social, en présentant comme appui ce qui avait besoin de soutieu. Le catholicisme y ruinait radicalement son crédit populaire, en renonçant évidemment, par cette . irrationnelle sujétion, à son ancien et principal office politique; sauf la vaine ostentation de quelques rares prédications officielles, que la plus sublime éloquence ne pouvait jamais empêcher d’être, par leur nature, essentiellement déclamatoires, et surtout fort inoifensives au (louvoir qu’elles concernaient, quelque vicieuse que pût devenir habituellement sa conduite ' réelle. En
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tnènie temps, la royauté était ainsi conduite à lier, d’une manière de plus en plus intime, l’ensemble de ses destinées politiques à un système de doctrines et d’institutions qui devait graduellement exciter de profondes et unanimes répugnances, soit intellectuelles, soit morales, et qui déjà même était partout Irrévocablement voué, sous diverses formes, à une imminente dissolution totales Cette longue et déplorable pjîase de la désorganisation finaledu catholicisme a été, dès sa naissance, principalement systématisée par la grande institution caractéristique de la célèbre compagnie de Jésus, qui, de nature éminemment rétrograde, fut alors spécialement fondée, avec un admirable instinct politique, pour servir d’organe central à la résistance générale du catholicisme contre la destruction universelle dont il qjait directement menacé par l’essor croissant de l’émancipation spirituelle. Il est clair, en effet, d’après nos indications antérieures, que la papauté, de plus en plus absorbée, depuis le siècle précédent, par les intérêts et les soins de sa principauté temporelle, n’était même plus propre, en réalité, à diriger convenablement cette immense opposition active, dont elle eût souvent sacrifié, sans doute, les besoins essentiels aux seules exigences de sa situation particulière. Aussi les chefs, pres(|ue toujours éminens, de celte
5qo philosophie positive.
puissante corporation se sont>ils dès- lors, sous un titl'e modeste, spontanément substitués peu à peu aux papes eux-mêmes, pour organiser une suffisante convergence continue en tre des efforts partiels que le grand mouvement de décomposition entraînait instinctivement àdivei^er de plus en plus. Il n’est pas douteux, ce me semble, que, sans une telle centraKsation, ordinairement aussi liabile qu’éner^ gique, l’action ou plutôt h» résistance du catholicisme n’aurak pu offrir, pendant le cours des trois derniers siècles, aucune véritable consistance politique. Mais, malgré d’éclatans services partiels, soit au dedans, soit au dehors, on ne peut davantage méconnaître que l’ensemble de cette ptditique des jésuites, par une suite nécessaire de son hostilité fondamentale envers l’évolution finale de l’humanité, devait avoir un caragtère à la fois éminemment corrupteur et radicalement contradictoire. D’une part, eu effet, son principal raoyen.de succès con-» sistait réellement à intéresser autant que possible toutes les inffuences sociales quelconques, spirituelles ou temporelles , à la conservation ou à la restauration de l’organisme catholique , en persuadent à tons les esprits éclairés, sous la réserve tacite d’une secrète émancipation personnelle, que la ‘consolidation de leur propre puissance exigeait, en général, de leur part, une certaine participation
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pevniAnenle, soit actÎTe, soit au moins passive, au système d’efforts de tous genres destinés à maintenir le vulgaire sous la tutelle sacerdotale. Or, une telle combinaison politique ne pouvait, évidemment, comporter, par sa nature, qu’un succès fort précaire, limité au seul temps où l’émaHcipa-< tioD tliéologique restait suffisamment concentrér: par son inévitable diffusion ultérieure, ce procédé, d’abord odieux , a fini par devenir, de nos jours, essentiellement ridicule, en conduisant à organiser ainsi une sorte de mystification universelle , où chacun devrait être à la fois, et pour le même dessein , trompeur et trompé. En second lieu , les efforts indispensables de cette intelligente corporation afin d^acquérir ou de conserver la direction, de plus en plus exclusive, de l’instruction publique, l’ont partout entraînée à coricourir puissamment elle-même à la propagation croissante du mouvement mental, par un* enseignement continu qui, malgré son extrême imperfection , n’en devait pas moins bientôt se tourner nécessairement, soit chez les élèves , soit jusque chez les maîtres, contre la destination '.primitive de ce système contradictoire. Les cél^res missions extérieures, si habile^ ment dirigées, eu général , par cette. compagnie, et les seules qui aient jamais obtenu un véritable succès social, présentent, sous cet aspect, un con-
traste fort analogue, quoique moins tranclié, par l’hommage iiivolou taire qu’une telle politique était ainsi conduite à rendre, surtout quantauxsciences, à ce même développement intellectuel des sociétés modernes dont elle s’efforcait de combattre, en Europe , les conséquences nécessaires , tandis que, aa dehors, elle s’honorait à juste titre d’y. puiser les principales bases de son ascendant spirituel, utilisé ensuite pour, l’introduction des croyances qu’elle se sentait d’abord forcée d’écarter nu de dissimuler. 11 serait d’ailleurs superflu d’insister ici sur les périls évidens que devait offrir à cette institution une position aussi exceplion,nelle dans l’ensemble de l’organisme catholique, où le sentiment naturel de sa supériorité, en vertu de sa haute destination spéciale, devait profondément stimuler l’active jalousie permar nente de toutes les autres congrégations religieuses, dès- lors gradüellement privées de leurs plus imporlans attributs réels, et 4ont l’invincible antipathie a plus tard tant neutrahsé, comme on sait, au sein même du clergé catholique, les regrets que devait lui inspirer la chute irréparable d’ün tel soutien. , .
Tel est dçnc le seul effort vraiment grand qu’ait pu tenter le catholicisme moderne contre l’irrésistible progrès du mouvement général de décompo-
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silioii, en organisant ainsi le maintien^ et, autant que possible, la restauration, de la constitution catholique, sous la commune direction des jésuites, et sous la protection spéciale de la monarchie espagnole, désormais devenue le meilleur appui uaturel de cette politique, comme mieux préservjée qu’aucune autre des contacts hérétiques. Le célèbre c'oncile de Trente ne pouvait, en effet, produire , sous ce point de vue, qu’un résultat purement négatif, que l’instinct des papes semble avcjir pressenti, d’après leur profonde répugnance à i-éa-
uir et à prolonger cette impuissante assemldée;
qui, dans sa longue et consciencieuse révision de l’ensemble du système catholique, n’a pu que constater, avec une stérile arlmiration , la parfaite solidarité, à la fois mentale et sncinle, de toutcvi ses parties importantes, et a dû, dès-lors, malgré les dispositions les plus conciliantes , couclure à la douloureuse impossibilité de consentir à aucuue des concessions alors jugées propres à amener la pacâlication universelle. Toutes les saines méditations blslpriques sur ce* sujet capital alioutiront, 4e ne crains pas de l’assurer, àrecoimaître que, comme je l’ai indiqué au début de ce chapitre, tout l’effort essentiel de réformation dont l’organisme catliolique était vraiment susceptible sans se dénaturer, avait déjà été, trois siècles auparavant, convenable-