‹ Cours de philosophie positive (volume 2)Chapitre 32 sur 40 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

PHILt>SOPBlB POWTIVe.

ment tenté, efhientôt épliisé, par la double institu tlon , intéllecttielle et politique, des franciscains et des dominicains. Anssi la vaine formule populaire qui, depuis le commencement du quinzième siècle, indiquait le voéu prëpondëtaht de la catholicité pour l’universelle régénération de l’église, né constituait-elle, au fond, qu’une manifestation involontaire de l’ascendant spontané que l’esprit éri- Tiqiie acquérrait alors partout, d’après le j»rogrés (üontinu du mouvement général de décomposition. Déjà rtécessairelrient entraîné vers son entière dissolution, le système catholiqne ne pouvait plus, à cette époque , comporter d’autre transformation réelle que cette organisation , ici suffisamment Caractérisée, de son active résistance permanente à l’évolution ultérieure de l’élite de l’humanité. C’est ainsi que le catholicisme, désormais réduit, en Europe , à ne plus former qu’un véritable parti , a été partout conduit à perdre, non-seulement la faculté,' mais même la simple volonté, de rèmplir convenablement sOn antique destination sociale. Absorbé dès^lors par l’intérêt, de plus on plus exclusif, de sa seule conservation, il s’esl vu souvent entraîné, dans sou intime solidarité avec la royauté, à inspirer ou à sanctionner les mesures les plus contraires à son esprit caractéristique; comme ne le témoigne que trop, par èxèmple, l’histoire com-

plète du plui» exécrable attentai politique qui peutêtre ait jamais été consommé. Par ces, déplorables recours à la compression matérielle, devenus néanmoins inévitables depuis l’entière subordination de l’influence catholique au pouvoir royal , le système de résistance ne faisait que constater de plus en plus son impuissance intellectuelle et morale, et accélérait indirectement la décadence qu’il tentait d’arrêter. En un mot, l’ensemble de la scène politique a pris, dès cette époque, le caractère essentiel qui s’est prolongé jusqu’à nos jours; depuis Philippe Il jusqu’à Bonaparte, c’est toujours, sauf la diversité naturelle des circonstances et des moyens, la même lutte fondamentale entre l’instinct rétrograde de l’ancienne organisation, et. l’esprit de progression négative propre aux nouvelles forces sociales: il n’y a d’autre différence essentielle, sinon qu’une telle situation était alors pleinement inévitable, tandis qu’elle ne conserve vicieusement aujourd’hui la même physionomie que d’après la seule absence d’une philosophie vraiment appropriée à la phase actuelle de l’évolution générale, comme l’étabbra spontanément la suite de notre élaboration historique.

Sans doute, cette tendance rétrograde de plus en, plus prononcée n’a pas erapéclié la hiérarcliie catholique de renfermer, depuis le xvi* siècle,

ogb PHILOSOPHIE POSPriVE.

beaucoup d’hommes éminens, soit intellectuellement, soit moralement, quoiqiie'le nombi’e en ait dû décroître avec rapidité, jiar suite des répugnances instinctives ainsi fréquemment excitées parmi les êtres supérieurs. Mais la dégénéralion sociale du catliolicisme se marque toujours involontairement chez les personnages même qui l’ont le plus justement illustré pendant cette période ^ale. Dans l’ordre mental surtout, on ne peut certes que profondément admirer en Bossuet l’un des plus sublimes jienseurs qui aient honoré notre espièce, et peut-être la plus puissante intelligence des temps modernes après Descartes et Leibnitz. Néanmoins, l’ensemble de sa propre vie me semble éminemment propre, à tous égards, à constater, de la manière la plus expressive, l’iiTévocable désorganisation de la constitution catholique; soit parla déplorable situation logique d’un tel esprit, que les exigences contemporaines condamnent, malgré l’intime répugnance de son instinct |x>n •lilical , à défendre dogmatiquement les inconséquences gallicanes, et à justifier directement la ^niQilerue subordination de l’église à la royauté; soit aussi par cette existence politiquement subalterne, qui i-éduit à la vaine condition de panégyriste ôlliciel des principaux agens de Louis XIV celui <|ui, ;mx temps de Grégoire Vil ou «rinno-

cenl 111, eût été unanimement regardé comme leur digue successeur dans l’énergique antagonisme de l’autel envers le trône. On ne peut donc justement envisager le beau génie philosopliique de Bossuet comme un véritable pro<luit du catholicisme, dont la déchéance politique fut, au contraire, essentiellement défavorable à son libre essor, qui eût été sans doute, plus complet pour l’humanité et plus satisfaisant |)our un tel esprit .si sa position sociale avait pu être celle d’un |>enseur indé|)endant, à la manière de Descartes ou 'de Liebnitz : tandis que, au moyen-âge, le système catholique avait, au coutraire, puissamment concouru au développement normal des hautes intelligences c|yi l’illustrèrent alors, en leur Iburnissant à la fois un champ et une situatiou convenables. L’ordre moral comporte aussi , quoiqu’à un degré naturellement moindre, une appréciation essentiellement ai>al(^ue, applicable même aux plus nobles types dont l’église puisse honorer son déclin universel pétulant les trois derniers siècles. Quelque juste vénération, par exemple, cjue doive sans cesse inspirer le touchant souvenir des sublimes vertus de .saint Charles Borromce et de saittl Vincent de Paule, leur infatigable charité, aussi éclairée qu’ardente^ n’avait, au ioBd, aucuii caractère, soit ascétique, suit |K>liti<|ue, qui dût la rattacher exclusivement

ara Oa^ho^isOie, cOmOie dans' léS âges anféi'ienfs ; sauf la mode de ma!nifeStation , de telles natures pmivaieut désotrtiaiS' rccéfoi^ un développement équivalent' parmi fes arütrés sectes feligieusès , ou même en dehors de toute croyance théo- Jogiqne.

Au reste, il ne faudrait pas croire que l’esprit général de résistance plus ou moins active à l’é-^ mancipation intellectuelle , et le caractère correspondant d’hypocrisie plus oti moins systématique ehea les classes dirigeantes, aient dû être, depuis le XVI* siècle > particuliers aü catholicisme: le protestantisme les a nécessairement présentés aussi,' d’ntie manière non moins réelle au fond, quoique sous d’autres appaijpnces partout où il a obtenu la prépondérance politique; car, sa propriété processive ne pouvait lui appartenir essentiellement qu’autant qu’il resterait à l’état d’oppo^ sitibo', seul pleinement convenable à sa naluré; passé à l’état dè gburernement , il a dû bientôt devenir radicalement hostile ali dévèloppement ultérienr de la raison humaine. Cet instinct rétrograde du catholicisme moderne, évidemment contraire à fea prôpre constitution , n’y ayant pris Pascehdant que par ùne suite inévitable dé'la désor-^ gatiisation de l’artcien pouvoir s[)iriluel et de son assuiétissement graduel au pouvoir' tCmporël, coramewt le pretéstaVUisoie, qui érigeait tliveote-

PUÏSIQUE SOCIALE. 5^

ment cette u’rationelle sujétion çn unç sorte de principe fcunda.mcnlal, aurajt-il pu éviter de telles conséquences de son tri^omphe légal ? L’orthodoiçiç anglicane, par exemple., néanmoins si rigoprei^ment exigée, chez le vulgaire, po,ur les besoins politiques du système correspondant, pouvait-elle, en réalité, donner lipu habituellement à ^es convictions très profondes et à un respect fort sinc^^ chez ces mêmes lords dont les décisions parlementaires en avaient tant de fpis i^ltécé artitf^irement les divers articles , et qui devaient officiellement concevoir le réglement même de leu^rs propres croyances comme une dçs attributions essentielles de leur caste? Quant à la compression matérielle envers tout essor ultérieur de l’esprit d’émancipation, elle ne fut, pour le catholicisme, qu’une suite inévitable dç sa désorganisation moderne; tandis que, pour le protestan^me, e||e était, au contraire, nécessairement inhérente à pa nature générale , d’après l’intime confusion qu’il consacrait entre les deux disciplines; et elledevait s’y manifester aussitôt que sa prépondérance effective serait suffisamment réalisée, comme une longue expérience ne l’a que trop prouvé partout. Ce double effet ne s’est pas seulement développé dans la phase primitive du protestantisme, considérée par rapport à toutes les formes postérieures, par l’esprit despotique du lutjiéfainsime)

PIULOSOPlllE POSITIVE.

sôit anglicàii , soit gerruanique : il a pareillement caractérisé les sèctes où là désorganisation spiriii'ielle était plus avancée (i), quand le pouvoir a passé, même momentanément, entre leurs mains, ainsi que le témoignent tant dtj déplorables exemples, très propres à faire justement apprécier le prétendu esprit de toléiance des doctrines qui subordonnent l’ordre spirituel à l’ordre temporel.

Relativement à ee système de résistance qui distingue le catholicisme moderne, il faut surtout renaarquer enfin que, loin d’avoir été, comme on lé'suppose aujourd’hui, exclusivement nuisible à l’évolution sociale correspondante, il a constitué, *àu' contraire , l’un des deux élémens essentiels de l’ânlagohisme générai qui devait présider à la progression politique pendant tout le cours des trois derniers siècles. Je ne parle pas seulement de son t^ce continu pour l’indispensable main- ^tien de l’ordre [)ublic, qui , alors comme aujour-

^ (i) Saos anticiper mal ^ propos sar la acroiide période du muuTemeirC CfiUqoc, je croia utile île noter ici , il ce sujet, que Jedéiltc Rousseau a Ini-méme etc conduit è proposer directement, dans son ouvraqe le plus dogmatique , rexiérmiiiatioa juridique de ions les athe'es, comme IHiiM des conditions essentielles de l’ordre politiqae qu’il avait conçu : MS disciples n’ont quelquefois que trop témoigné leur disposition spontanée à pratiquer une telle maxime, toujours par suite du dogme de l’asservissement général du pouvoir spirituel su pouvoir temporel, principale source historique, à mes yeux, de la plupart des abcrraiious nltéricorcs, et qui,. sons ce rapport, pousse spontanément II remplaccr la persnasien par la riolencé; i ''

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d%ui , devait essentiellement appartenir à la force de résistance des anciens pouvoirs, malgré son caractère plus ou moins rétrograde, tant que les tendances progressives ne pouvaient elles-mêmes avoir tju’un caractère éminemment négatif : cette importante explication se trouve déjà suffisamment opérée dans le premier chapitre du volume pi*écédent, auquel je puis ici renvoyer le lecteur, en l’invitant à rapportera ce passé, par des motifs pleinement semblables, ce qui n’y est appliqué qu’au présent, puisque, sous cet aspect, la situation sociale a radicalement conservé jusqu’ici la nouvelle naturequ’ellèdut manifester au XVI* siècle. Par une considération plus spécialement propre à la première phase de la doctrine critique, je voudrais y faire sentir aux esprits vraiment philosophiques les avantages essentiels, à la fois intellectuels et politiques, que i’évolutioft finale de l’humanité a retiré de cette active opposition du catbolieisme 'à la propagation spontanée du mouvement protestant. Dmis l’ordre purement mental , il est d’abord évident que ce premier essor incomplet de l’esprit d’examen, en vertu des demi-satisfactions qu’il.procure à la raison humaine , doit tendre à retarder ensuite son entière émancipation, surtout chez le vu^aire, en flattant directement l’inertie naturelle de.notre orgueilleuse iotelligenre. U en est à pen près de même soi^ le

6oa PHILOSOPHIE POSITIVE.

rapport poJitiiquo, où l’oa voit le prolestaiiUsaie apporter -à l’ancienne orgauisatioa des modiScations qui, malgré leur insuffisance radicale, doir vent long-temps maintenir une funeste illusion sur la tendance nécessaire des sociétés modernes vers une vraie régénération fondamentale. Aussi les nations protestantes, après avoir, à divers titres, devancé alors, dans leur progrès social, les peuples restés catholiques, sont-elles ensuite, malgré les apparences contraires, essentiellement demeurées en arrière pour le développement 6nal du mouvement révolutionnaire, comme nous le reconnaîtrons ci-dessous. St ce premier triomphe du protestantisme était devenu universel, ce qui était heureusement impossible, il n’est pas douteux, ce me semble, qu’il eût encore empêché jusqu’ici l’extension totale du grand phénomène de décomposition que nous étudions : par suite , la situation sociale, sans être réellement moins orageuse qu’elle ne l’est de nos jours, se trouverait certainement beaucoup plus éloignée, à tous égards,- de sa véritable issue générale, qui, dans une telle hypothèse, semblerait dépendre de la conservation indéfinie de l’ancien organisme à l’état de demi-putréfaotiou consacré par la politique prolestanté. La résistance nécessaire du catholicisme a doncinvoionlairement exercé, en général, une réaction très salutaire sur l’état défiaitif, soit

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intellectuel, soit politique, de l’ensemble du mouvement révolutionnaire, en retardant spontanément son inévitable essor jusqu’à ce qu’il pût devenir, à l’un et à l’autre titre, suffisamment décisif. £n comparant, sous cet aspect, les divers cas principaux ÿ il est aisé de sentir que le plus favorable dut être réellement celui de la France, où le levain protestant avait d’abord assez pénétré pour exciter immédiatement à l’émancipation spirituelle, sans pouvoir néanmoins y obtenir un ascendant légal qui en eût gravement entravé et altéré l’entier développement ultérieur : quand la rétrogradation ^tholiqiie y fut ensuite poussée jusqu’.à l’expulsion violente des prolestans, une telle mesure dut avoir, à divers égards partiels, de déplorables conséquences politiques, surtout quant au progrès industriel ; mais elle n’y pouvait offrir aucun danger essentiel pour la principale évolution sociale, qui, au point qu’elle y avait alors atteint, en fut bien plus accélérée que ralentie.

Après avoir ainsi convenablemeift apprécié la première phase générale de la doctrine critique dans ba destination la plus directe et la plus im- {wrtante, en ce qui concerne la dissolution politique de l’ancienne constitution spirituelle, il est aisé de caractérisa’ sommairement son inflnence nécessaire suria désorganisfrtion lemporé44e qui con-

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timiHÎl aioi's à s’accomplir, en césuUal continu de la décomposition spontanée que nous avons reconnue propre aux deux siècles précédens. Déjà nous venons de démontrer implicitement, à ce sujet, la tendance générale de celle cpoc|ue à compléter systématiquement une telle opération préalable, par la concentration régulière de tous les anciens pouvoirs sociaux autour de l’élément temporel prépondérant , soit que , comme- en France et presque partout, ce dût être la puissance royale, ou que ce fut, au contraire, la force aristocratique, par une anomalie particulière à l’Angleterre et à quelques autres pays, ainsi que je l’ai expliqué. Dans les deux cas, l’unique élément demeuré actif s’est dès-lors trouvé naturellement investi d’une sorte de dictature liermanenle extrêmement remarquable, dont l’établissement, retardé par les trouldes religieux-, n’a pu toutefois être pleinement caractérisé^ de part et d’autre, que pendant la seconde moitié du XVII* siècle, et qui, malgré sa constitution exceptionnelle, a dû se prolonger essentiellement jusqu’à nos jours , « n même temps que la situation sociale correspondante, afin de diriger le système politique durant tout le reste de la grande transition critique, vu la profonde incapacité mganiipie, évidemment projve , d’après iiosdéraonstratioiis ontérieHres, aux ageus spéciaux de celte

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transition. Oh ne peut douter cjue cette longue dictature, royale ou nobiliaire, ne fût à la fois la suite inévitable et l’indispensable correctif de la désorganisation spirituelle, qui, sans cela, eût certainement poussé au démembrement universel lies sociétés modernes : nous reconnaîtrons d’ailleurs, au chapitre suivant, son heureuse influence nécessaire pour bâter simultanément l’essor spoii'laué des nouveaux éléraens sociaux , et même pour seconder, à un certain degré, leur avènement politique.

En comparant convenablement (i) les deux modes opposés que nous venons d’y distinguer,

(i) UAe irrationnelle apprrlciation cki développement social comparatif de la France et de l’Angieteint a sonvent cnndait , de nos jniira , à de vaines conceptions hittoriques , eaaentieUement contraires ii i’ensemUe de ce double passe' depnis le moyee-â^e. Il existe, i cet égard, entre eea deux peaples, des différences tefiement radicales, qne, en y étudiant succcasivemeiit les. états suscesMfs do la royanté et de l’ariator cratie, la saine méthode comparative doit alors tendre h saisir chez Tua, non l'analogne , mais l’inverse de ce cpr’on observe chez l’aatre, en y remplaçant Félésiation on lu' déeadsnce de ebacnn de cet deux élément temporels parcelle de ton aotagONiste., Moyennant ce contraste continu, on remarquera iou)ours nne exacte correspondance entre lis denx lustotscs', qni, par des voies éqnivalcntes qnoiqne opposées, macohaotégalement, pendant tonl U.comydes cinq derniers siècles , vert l’entière désorganisation dg système théolpgiqne et mihtaire. Aipsiconçn, nn tel rapprochement bistoriqne pent devenir TraÎBMili fécond en précieiissfindhratioDS poKtiqncs; candis qn’â n’a, contraire, presque jamais servi jufqil’ici,,.da motos en. Fraoce, qn'è obscurcir beanconp la plupart des questions sociales , d’après nne vicieuse interprétation deé faits, tenant anrcoiU è Tabsenra préalable de ioétc saine dieoriefondaroieniaic s«r Févointio* générale de HhnmBnilé.

6o6 PHILOSOPHIE POSITIVE,

on peut uiséluent établir, en général, malgré l’iinglomanie cliroiûque de nus publicistes vulgaires, la supériorité fondamentale du mode normal on français sur le mode exceptionnel ou anglais, soit quant à la dissolution radicale de l’ancien système social, soit quant à la réorganisation totale quidoit lui succéder; sans toutefois méconnaître, à l’un ni à l’autre litie, les avantages réelleinentparticuliersà chaque mode. Sous le premier aspect , seul convenable à ce chapitre, il est clair, en effet, comme je l’ai tléjà fait pressentir, que l’ensemble du régime propre au moyen-âge a été finalement conduit à un état beaucoup plus voisin de son extinction totale en se résolvant ainsi, pour la Fraqce, en une dictature, royale, qiLen aboutissant, pour l’Angleterre, à la dictature aristoei'atique : quoique cette doublp dégëpèration sLuiultanéc ait toujours, par l’une ou l’aUlre voie, irrévocaWement rompu le grand équilibre féodal ; outre que l’iiiévitable contact. politique des deux populations devait tendre ensuite naturellement à y mettre de niveau ces deux opératjons.négatiyes, complémentaires l’une de faulre pour la' destruction directe du système entier. D’abord l’élément royal étant évideiumenUplus indispensable à un tel système que l’élément nobiliaire, il Crt est résulté que la royauté a pu , en Francp , se passeï’ bien davantage de la noblesse que celle-ci de l’antre, en Angle-

PnVSIQUC ^SOfllAI.K. ^7

terre; on sorte que ta puissanee aristocratique a été 'nécessairement plus siibetternisée en France que la puissance royale en Angleterre. On conçoit, en oiHre, que, malgré la comtmuie prépondérance finale, ci-dessus expliquée, de l’esprit rétrograde ou du moins stationnaire dane les deux dictature», la force de résistance de la royauté française , dès-lors politiquement isolée au milieu d’une population vivement poussée à l’émancipation mentale et sociale, a dû ainsi se trouver beaucoup moindre, contre l’évolution ultérieure delà civilisation moderne, que l’active opposition de l’aiislocratie auglaise ,, intimement combinée , par une longtte solidarité antérieure, avec l’ensemble de la population correspondante. Eu dernier lieu, le principe des castes, véritable base temporellede l’ancienne eonstitnlion, a été, sans doute, bien autrement' ruiné quand son application essentielle ^est enfin bornée, en France, à une seule famille exceptionnelle , quelque ëminciile que fût .sa condition,'qu’en restant consacré, en Angleterre, par un grand nombre de familles distinctes, dont le' renouvellement continu devait incessamment tendre à le rajeunir, sans que les plus récemment agrégées élussent être certes les moins oppi*e8sives. Quelque orgaed qne doive naturellement inspirer 'à l’oligarchie anglaise son antique allributioii his-

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pmi.osopniK POSITIVE.

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lorique tl« faire ou défaire les rois, le iwe exer* cioe d’un tel privilège ne pouvait assui'ément altérer autant l’esprit général de l’organisatiop temporelle que l’audacieuse faculté permanente de créer à leur gré des nobles, -dont nos rois se sont empalées nou moins ancienuement , et qui-a dû devenir infiniment plus usuelle, an poiaLmènie de rendre déjà la noblesse presque ridicule dûs l’origine de la phase révolutionnaire que nous examinons. Pour eompiéter sufiisaminent sUne telle appréciation , U importe de noter ici, d’après Févidente indication des faits^ que, passée de l’état d’opposition à l’état de gouvernement, la métaphysique protestante ue s’est nulle part,ot surtout en Angleterre, montréeaucunement contraire à l’esprit do caste, qu’elle a même tendu, par nue opération rétre^rade, à -restaurer totalement, en V réintégrant, autant que possible,; le oai-aclère sacerdotal-que-la philosophie catholique lui avait radicalement soustrait. En nous bornant, à ce sujet, à signaler spécialement le eas le plus important et le plus caractéristique, on voit., par exemple, le génie catholique, dan.s une inteutioii évidemment opposée au principe des castes, et e« vue lie certaines conditions de capacité, tonjours repousser directement,. surtout en France, ravéuement des feimues aux Ibticlions royales ou

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même féodales; tandis que le pixilestanlisine ofHcicl, en Anp;leteri'e, en Suède, elc., a pleineineni consacré l’cxistcnce |K}lilique des reines et même des pairesscs ; cel étrange contraste devait d’àitleurs sembler d’autant plus décisifquc la jiolitiqne protestante avait partout solennellement investi déjà la royauté d’une véritable papauté nationalei L’établissemeut général, d’abord i spontané , et enbn systématique , de -la > dictature temporelle que je viens de caractériser, a dû aiérs être long‘< temps entravé par une première influence politique du protestantisme, qui s’est fait également sentir, d’uoe manière inverse mais 'équivalente ,' aux deux modes -essentiels ' que nous venons de œmparer. Quoique, par l’ensemble de ses consc^ quences;-le protestantisme ait, 'sans doute, li^ nalement accéléré la désorganisation totale de l’ancien système social, on doit néanmoins rc“ connaître, dans les divers cas< importans, rpie son action primitive a tendu spontanément à retarder beaucoup la.dccomposition temporelle, en procurant de nouvelles forces à celui des deux élémens iprincipaux que lu > phase antérieure du mouvement rcvolutionnaii'e avait déjà destiné à succomber. Cet effet a été produit , de la manière la plus naturelle, pour l’Angleterre, et dans les autres cas analogues, d’après, le. caractère ponti-

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