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fical que la royauté venait ainsi d’y acquérir, et qui, sans pouvoir inspirer de bien sérieuses convictions, était cependant de nature à com|)enser d’abord, auprès des niasses, le déclin préalable de cette puissance, qui dès-lors y parvint, pendant près d’un siècle, à une prépondérance exceptionnelle, source ultérieure des plus graves convulsions politiques, quand vint l’inévitable époque du retour spontané à la marche normale d’une telle société. Le protestantisme a déterminé simultanément sur le continent, et même en Écosse, mais surtout en France, un résultat équivalent quoique inverse, en y fournissant nécessairement à la noblesse de nouveaux moyens de résister à l’ascendant croissant de la royauté : et, pour s’adapter convenablement à cette apparente variété de destinations temporelles, il lui a suffi de prendre spécialement, eu ce second cas , la forme presbytérienne ou calviniste, la mieux assortie à l’état d’opposition , au lieu de la forme épiscopale ou Uithéi’ienne, seule correspondante à l’état de gouvernement. Delà, dans les deux cas, d’abord une violente compression ou une agitation convulsive, produite par celle des deux forces qui voulait ainsi réparer sa décadence antérieure, et ensuite des conséquences précisément réciprofjues quand l’élément antagoniste tend à recouvrer son an-
Digitiz^
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uiennc prépoiuiérance; la masse de la jiopulatioii cunliiiuant d’ailleurs à n’y intervenir encore, comme dans les luîtes précédentes, qu’à litre de simple auxiliaire naturel, mais dont tout^ois la coopération, de plus en plus indispensable, annonce déjà, bien que confusément, d’immi* neules tendances personnelles. Telles sent, ce. me semble, à la Dois l’exacte appréciation et l’expH* cation générale des mémorables perturbations sociales, à double phase nécessaire, respectivement propres , soit à la France, soit à l’Angleterre , et pareillement représentées en tout le reste de l’oc^ cident européen, depuis le milieu environ du XVI* siècle jusqu’à celui du xvti*. 11 seigit, sans doute, superflu d’insister ici pour fWre sentir au lecteur éclairé combien l’ensemble des faits historiques conûrme réellement, mêmeen France^ celle importante indication spontanée dé itotre théorie sociologique. On s’explique aisément ainsi l’impopularité radicale qui, sauf quelques localités secondaires, a presque toujoura caractérisé le calviuisme français, d’abord essentiellement accueilli par la noblesse comme un puissant moyen de recouvrer, envers la royauté, son antique indépendance féodale, et par suite profondément repoussé par le vieil instinct anti-aristocratique de la masse de la population ^ ainsi que le repré-
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sente alors surtout l’admirable résistance spontanée du bon sens parisien aux séductions démocratiqufêi de la doctrine presbytérienne.
Je ne crois pas inutile de signaler ici un appendice naturel et général, quoique accessoire et passager, de la phase temporelle que je viens d’apprécier, en y signalant une tentative politique directe, nécessairement infiructueuse , de la part des organes spéciaux de la transition critique, à l’issue de cet antagonisme final, contre l’ascendant, désormais absolu en apparence, de l’élément temporel qui avait dû rester enfin prépondérant. On voit alors, en efiet, les métaphysiciens et les légistes, qui avaient toujourssi efficacement secomlé un tel tolmphe , s’efforcer, presqu’à la fois , en France et en Angleterre, de restreindre , au profit de leur classe, ce même pouvoir qu’ils venaient ainsi de consolider à jamais contre son antique rival, et dont ils redoutaient justement dès-lors la tendance inévitable à des envahissemens indéfinis, aussitôt que ce défaut même d’adversaires l’aurait conduit à dédaigner l’intervention ultérieure de ses anciens agens , que cette nouvelle situation devait d’ailleurs rendre plus exigeans. C’est parla qu’il est facile d’expliquer les etibrts simultanés des parlemens français contre l’autorité royale, dont ils veulent régler les choix ministériels , et
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lies principaux chefs de la Chambre des Communes d’Angleterre pour lui subordonner la Chambre des Lx>rds, soit avant , soit après la mort deCharles 1®'. Quoique ces tentatives prématurées, faute d’assez profondes bases populaires, n’aient pu évidemmcn t obtenir aucun succès durable, ni même troubler essentiellement l’avénement nécessaire de la dictature correspondante, si hautement amené par l’ensemble de la situation sociale, il était pourtant convenable de les caractériser ici rapidement, comme marquant avec précision l'indication initiale de la tendance spontanée des légistes et des métaphysiciens à diriger désormais par eux-mêmes le grand mouvement politique , où ils n’avaient jusque alors figuré qu’à titre de simples auxiliaires, quelque importante ou même indispensable qu’y eût été d’ailleurs leur intervention continue.
Enlln, pour compléter suffisamment l’exacte appréciation historique de la grande dictature temporelle que nous considérons , il ne me reste plus qu’à indiquer l’esprit général qu’elle a finalement développé partout après avoir ainsi pleinement consolidé son ascendant politique, sauf les diversités de mode, et même les inégalités de degré, commandées par les situations sociales correspondantes; cet esprit commun et définitif
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(levant être dès-lors jugé le plus conforme à sa vraie nature fondamentale. Or, il est aisé de reconnaître, à ce sujet, f^ue, dans les deux cas cs- •sentiels ci-dessus distingués, l’élément temporel demeuré alors prépondérant a toujours essentiellement tendu à relever l’existence sociale de son ancien antagoniste, qui, de son côté, acceptait enfin, sous des formes plus ou moins explicites, une éternelle subalternité politique. Rien n’était plus naturel, sans doute, qu’une telle conversion d’après la conformité fondamentale d’origine, de caste, et d’éducation qui existait spontanément entre la royauté et l’aristocratie, et qui devait nécessairement amener leur intime liaison, aussil(k que la rivalité d’ascendant aurait cessé d’en contenir l’influence permanente. Le pouvoir prépondérant avait déjà partout fait nettement pressentir celte tendance nouvelle par la manière dont il venait d’écarter ses anciens auxiliaires , dans la courte période accessoire que je viens de signaler, et qui constitue ainsi historiquement une sorte de transition normale entre les dernières luttes essentielles des deux élémens temporels et le paisible abaissement volontaire de l’un envers l’autre, désormais devenu de plus en plus prononcé. Chacune des deux forces est dès-lors venue, par suite même de son triomphe politicpie, dévoiler
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spontanément, dé la manière la plus décisive, le vrai motif principal de ses anciennes concessions démocratiques, presque toujours dues surtout aux. seuls intérêts de sa propre ambition, bien plus qu’à aucune véritable inclination populaire , comme elle le confirmait dorénavant d’après l’emploi de son ascendant final au profit de son ancien adversaire contre son invariable allié. Telle a été, depuis sa prépondérance définitive, l’attitude générale de l’aristocratie anglaise envers le royauté, désormais placée sous sa tutelle de plus en plus affectueuse : telle a été réciproquement, à partir de Louis XIV, la prédilection croissante de la royauté française pour la noblesse enfin complètement asservie (i); ce second cas ayant dû être, par sa nature, beaucoup plus prononcé que le premier, en vertu d’une plus profonde dépression antérieure et d’une moins dangereuse restauration actuelle, conformément à
(i) Celte conversion finale, si cvidenie chez Louis XIV, des inclitulions de la royantd française vers ses antiques rivaux politiques, a d’aillenrs spontanemenlcoocourn il compléter le monvement antérient de décomposition féodale, par in déconsidération cioissaiiteqne devait nécessairement répandre snr la noblesse cette transformation définitive des anciens chefs féodanx delà popnlalion française, ainsi volontaire, ment réduits désormais , aprAs tant de luttes , It la condition plus on moins vile de conrtisan proprement dit , dont si peu d’entre eux ce- •
pendant ont su se préserver par un juste sentiment de leur dignité aristocratique.
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ijos explications précédentes. Quoique, en principe, l’esprit de calcul dirige certainement encore moins la vie politique que la vie privée, de semblables conversions sont trop souvent attribuées à de profonds desseins , tandis qu’elles furent d’abord essentiellement dues, de part et d’autre, à l’involontaire entrainement des aflinités naturelles , sauf l’influence ultérieure des réflexions relatives à l’utilité de cette nouvelle union comme moyen de résistance au mouvement révolutionnaire, qui dès-lors devait bientôt devenir pleinement systématique. On voit ainsi se reproduire, pour la seconde fois, et d’une manière beaucoup moins excusable sans doute, quoique presque également inévitable, la fatale illusion qui, lors de l’absorption du pouvoir spirituel par le pouvoir temporel, avait entraîné celui-ci à confondre une charge avec un soutien ; plus la décomposition s’accomplissait, [)lus cette erreur capitale devait à la fois devenir dangereuse et grossière. Cette dernière transformation mérite ici d’autant plus d’attention qu’elle pose réellement le véritable terme naturel de la désorganisation spontanée propre à la phase précédente, et nécessairement prolongée dans celle-ci jusqu’à ce que, par le conflit universel des dilFérens élémens essentiels du régime ancien , les divers débris de ce système fus-
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sent enfin condensés autour d’un élément unique, demeuré seul actif désormais, après avoir successivement absorbé ou subalternisé tous les autres ; ce qui n’a été pleinement consommé qu’à l’époque considérée maintenant , et à partir de laquelle nous allons voir la décomposition, prenant un nouveau caractère , tendre directement et de plus en plus vers une révolution décisive, essentielle* ment impossible tant que le conflit dissolvant n’avait pas encore atteint son but définitif. Enfin , c’est ainsi que la dictature temporelle , royale ou aristocratique, pendant qu’elle se complétait à l’issue finale du dernier antagonisme, prenait aussi dès-lors un caractère essentiellement rétrograde, qui n’avait pu se développer nettement avant qu’elle eût achevé la défaite d’un élément plus directement hostile à l’essor final des sociétés modernes. C’est donc seulement alors qu’il faut regarder comme réellement accomplie, autant que possible, l’entière organisation universelle, sous des formes diverses, du système de résistance plus ou moins rétrc^rade , primitivement ébauché par Philippe II d’après l’inspiration continue des jésuites, et contre l’ensemble duquel allait maintenant se diriger immédiatement l’esprit révolutionnaire, bientôt parvenu à sa pleine maturité, surtout en France, où nous devrons, dès
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ce moment , concenti'er la principale étude uké— rieure du grand mouvement de décomposition.
Après sa complète installation, la dictature temporelle dont je viens de terminer l’appréciation fondamentale a dû gravement altérer, au détriment nécessaire de l’ancien système social , le caractère et l’existence propres au pouvoir correspondant, ainsi passe de l’état primitif de simple élément à un ascendant universel qui ne pouvait convenir à sa véritable nature. Les rois, d’abord simples chefs de guerre au moyen-âge, devaient être sans doute de plus en plus incapables d’exercer réellement les immenses attributions qu’ils avaient graduellement conquises sur tous les autres pouvoirs sociaux. C’est pourquoi, presque dès l’origine de cette concentration l'évolutionnaire, on voit partout surgir spontanément peu à peu une nouvelle force politique, le pouvoir minislél'iel proprement dit, essentiellement étranger an vrai régime du moyen-âge, et qui, quoique dérivé et secondaire , devient de plus en plus indispensable à la nouvelle situation de la royauté, et par suite tend à acquérir une importance de plus en plus distincte et m^ne indé[>endante. Louis XI me parait être, en Europe (i), le der-
{■) Celte obtetTation ge'nérale n’admel réellement d’excc[ilion ioipoitaute que par rapport an grand Frédéric. Mais cette unique ano-
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nier roi qui ail vrainieiit dirigé par lui-même l’ensemble de ses affaires, malgré la vaine prétention de quelques-uns de ses successeurs: et, quelle que fût sa mémorable capacité politique, il aurait certainement éprouvé le besoin de véritables ministres au lieu de simples agens, si la décomposition de l’ancien système, et par suite la formation de la dictature royale, avaient pu être alors aussi avancées qu’elles le devinrent deux siècles après. Une superficielle appréciation peut donc seule, par exemple, faire attribuer surtout à des causes purement personnelles l’éminente élévation du grand Richelieu, essentiellement résultée de celle nouvelle disposition politique : même avant cet admirable ministre, et principalement après lui, des hommes d’un génie très inférieur au sien ont acquis une autorité non moins réelle et peut-être encore plus étendue, quand leur caractère s’est trouvé suffisamment au niveau de leur position. Or, une telle institution constitue nécessairement l’aveu involontaire d’une sorte d’impuissance radicale de In part d’un pouvoir
malie, relative à on état noovellcment formé, et It rfaoinme le pins éminent qui ait régné ilepnis Charlemagne, ne saurait évidemment altérer, en ancone manière, la justesse foudamenule d’une telle remarqnc sur l’insuffisance croissante de la capacité royale dans les temps modernes , h mesure qnc la grande dictature temporelle s’y complétait graduellement.
Digilizr-'.' G
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qui, après avoir absorbé toutes les attributions politiques, est ainsi conduit à en abdiquer spon- , tanéoient la direction effective, de manière à altérer gravenaent à la fois sa dignité sociale et sa propre indépendance : j’indiquerai d’ailleurs , an cinquante- septième chapitre, la destination ultérieure qui est probablement réservée à cette singulière création , comme moyen régulier de transition politique vers la réorganisation finale. Ce décroissement spontané de la dictature royale, par suite même de sou triomphe, devient surtout caractéristique en considérant son extension graduelle jusqu’aux fonctions militaires elles-mêmes, principal attribut naturel d’une telle autorité. On voit, en efl'et, partout, et surtout en France, dès le xvii* siècle, les rois renoncer essentiellement désormais , malgré de vaines démonstrations officielles, au commandement réel des armées, qui devenait évidemment «le plus en plus incompatible avec l’ensemble de leur nouveau caractère politique. Au reste, quoique, pour plus de netteté, j’aie cru devoir ici indiquer spécialement ce genre de décroissement envers la seule dictature royale, où il devait être mieux marqué, on doit «'gaiement reconnaître qu’il n’est pas, au fond, moins applicable , sauf la diversité des manifestations, à la dictature aristocratique elle-même, m
l'ésuUat iiéces^ire d’une pareille siluation. Quelle que soit, par exemple, l’orgueilleuse prétention de l’oligarchie anglaise à la haute directioa exclusive de son système politique, elle n’a pas été moins entraînée que la royauté française, et environ dès la même époque, à confier de plus en plus ses attributions principales à des ministres pris hors de son sein, et aussi à choisir habituellement dans la caste inférieure les véritables che& des opérations militaires, soit terrestres,' soit maritimes : seulement, elle a pu mieux dissimuler cette double *nécessité nouvelle, en s’incorporant avec résignation , et quelquefois même avec habileté , les organes étrangers qu’elle était ainsi for-^ oée d’emprunter, d’après le sentiment involontaire de sa propre insuffisance. Près d’un siècle auparavant, l’aristocratie vénitienne avait déjà subi une pareille dégénération politique, par suite d’une situation semblable, quoique moins prononcée.
De tels symptômes généraux devaient directement confirmer la destination éminemment précaire de la dictature temporelle, qui, dans chacun de ses deux modes principaux, ne pouvait être réellement motivée que sur l’imminent besoin social d’une suffisante résistance centrale contre le démembrement universel vers lequel tendait de plus
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eii plus le développement continu ftu grand mouvement de décomposition que nous apprécions. Envisagées sous un uuti'e aspect, ces observations conduisent aussi à mesurer le progrès capital que devait faire, dans cette nouvelle phase révolutionnaire, la décadence générale de l’esprit militaire, immédiatement manifestée, dans la phase précédente , par la commune substitution des armées permanentes aux anciennes milices féodales, comme je l’ai ci-dessus indiqué. 11 est clair, en effet , que la renonciabon des rois au commandement effectif, et l’essor simultané du pouvoir ministériel, si souvent exercé par les personnages les plus étrangers à la guerre, devaient tendre fortement à subalterniser de plus eu plus la profession des armes , que sa s|>écialisation même avait déjà frappée d’une déconsidération croissante, comparativement à sa suprématie féodale, dont les formules officielles ne faisaient plus que reproduire vainement le lointain souvenir, répété même aujourd’hui par la roubne arriérée du Vulgaire des déclamatcurs politiques, qui n’ont pas encore compris, a cet egard, le profond changement des sociétés européennes depuis le xrv* siecle. Quand l’impression trop exclusive des grandes guerres modernes tend à produire une dangereuse illusion sur la décadence continue du
Digitteu
régime et de l’esprit militaires, je ne saurais conseiller de meilleur moyen de la dissiper que d’entreprendre, à ce sujet, un judicieux examen comparatif entre les sociétés actuelles et celles de l’antiquité , ou même du moyen - âge ; ce qui suOira toujours pour manifester spontanément, sans la moindre incertitude, la vraie direction de l’évolution humaine sous ce rapport. Pour que cette comparaison devienne suffisamment décisive, il n’est pas même nécessaire de l’étendre à l’intensité, à la multiplicité, et surtout à la continuité des guerres respectives, ni à la participation effective de l’ensemble de la population : on peut se borner, en la circonscrivant aussi simplement que possible , à faire contraster, de part et d’autre, la position habituelle et la puissance normale des chefs militaires. Déjà Machiavel, au début du xvi* siècle, avait justement signalé, quoique dansune intention très peu philosophique, l’existence précaire et dépendante des généraux modernes, de plus en plus réduits à la condition de simples agens d’une autorité civile de plus en plus ombrageuse; comparativement à l’empire presque absolu et indéfini dont jouissaient, surtout à Rome, les généraux anciens, jiendant toute la durée de leurs opérations , et qui, en effet, était indispensable au libre essor du système de con-
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quête. Or, ce que Machiavel croyait alors constituer une sorte d’anomalie |>as8agère, spécialement propre aux états italiens , et surtout à Venise , qui en donnait l’exemple depuis près d’un siècle, est, au contraire, devenu ensuite, d’une manière de plus en plus prononcée, la situation normale de tous les étals européens , sans excepter les plus étendus et les plus puissans, où, sous toutes les formes politiques, les chefs de guerre, désormais profondément subordonnés au jwuvoir civil , ont été habituellement assujétis, malgré les plus éminens services, à une sorte de système continu de suspicion et de surveillance, souvent pousse jusqu’à leur ravir aussi la haute direction des diverses expéditions de quelque importance , soit offensives, soit meme défensives, presque toujours réglées ainsi, non*seulemeut dans la conception, mais dans l’exécution principale , par des ministres non militaires. Les vaines plaintes de Machiavel à ce sujet seraient, sans doute, justement répétées par nos guerriers, si le point de vue militaire avait dû conserver sou antique prépondérance politique ; puisqu’une telle constitution est évidemment très peu favorable au succès habituel des expéditions ; mais ces regrets stériles n’ont cependant pas empêché depuis trois siècles, et empêcheront probablement encore moins à l’ave-
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itir, le développement permauent de ces nouvelles liahîludes , natui-elletnent déterminées par la ré-^ novation graduelle des opinions et des mœurs sociales , et d’ailleurs tacitement ratifiées par la libreadliésioD journalièredesgénérauxeux-mêines, que d’aussi pénibles conditions ordinaires n’ont ja* mais empêché jusqü’icide sollicitera l’envi le commandement des armées modernes. Rien n’est donc plus propre qu’un tel changement, à la fois spontané, et universel, à faire hautement ressortir la nature anti-militaire des sociétés modernes, pour lesquelles la guerre constitue nécessairement un état de plus en plus exceptionnel, dont les courtes et rares périodes n’offrent, même pendant leur durée, qu’un intérêt social de plus en plus accessoire, sauf clvez la classe spéciale , de plus eu plus circonscrite, qui s’y livre exclusivement.
Cette irrécusable apjirécialion est clairement confirmée par l’étude attentive des grandes guerres qui remplissent , presque sans intervalle, la mémorable époque que nous analysons, quoique leur existeoce ait été souvent invoquée contre la doctrine historique sur la décadence continue de l’esprit militaire. Au reste, un examen appro- Xondi de la vraie nature politique de ces guerres , montre clairement qu’elles cessèrent alors , en général, d’être essenlielleraênt dues, compae dans