‹ Cours de philosophie positive (volume 2)Chapitre 4 sur 40 · TOME V · texte numérisé non relu

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que d’y superposer un terme préliminaire, dont la considération propre pourrait être presque toujours écartée dans l’usage ultérieur de la série sociale. Mais la rectification de cette illusion , d ailleurs aisément explicable, n’en dire pas moins, sous un autre aspect philosophique, une véritable importance, afin de maintenir scrupuleusement l’unité et l’invariabilité nécessaires de la constitution fondamentale de l’homme, si indispensable, comme je l’ai montré, au système rationnel de la sociologie positive. On voit, en effet, que, d’après cette hypothèse, les besoins purement intellectuels n’auraient pas toujours existé, sous une forme quelconque, dans l’humauite, et quil faudrait y admettre une époque ou ils auraient absolument pris naissance , sans aucune autre manifestation antérieure : ce qui serait directement contraire à ce grand principe , fourni à la sociologie par la biologiej que, toujours et partout, l’organisme humain a dû présenter, à tous égards, les mêmes besoins essentiels, qui n’ont pu successivement différer, en aucUn cas, que par leur degré de'développement et leur mode correspondant de satisfaction. Une telle position de la question suffit certainement pour la résoudre, et montre aussitôt que .cette opinion doit nécessairement résulter d’une fausse appréciation des faits.

Dans l’état même d’idiotisme et de démence, où l’homme parait rabaissé au-dessous d’un grand nombre d’animaux supérieurs, on pourrait encore constater, avec les précautions convenables , l’existence d’un certain degré d’activité purement spéculative, qui se satislait alors par un fétichisme très grossier. Combien serait-il donc irrationnel, à plus forte raison, de penser que, à aucun âge de l’enfance sociale, l'homme normal , et doué, au moins implicitemeol, de toutes ses facultés, ait pu jamais être livré, d’une manière rigoureusement exclusive, à une vie puiement matérielle de guerre ou de chasse, sans aucune manifestation quelconque des besoins intellectuels, quelque oppressive qu’on veuille alors supposer la puissance d’un milieu défavorable. En principe, cette hypothèse serait évidemment insoutenable. Mais je puis d’ailleurs facilement indiquer la source très naturelle d’une pareille illusion, que me semblent partager encore presque tous les observateurs,’ même les plus judicieux et les plus sagaces, qui ont étudié, par une exyidoration directe, les premiers degrés de la vie sauvage ; ce qui doit faire mieux ressortir Eùtilité de cette rectification. Il suflit de remarquer,- à cet effet , que, dans ces diHérens cas, •■l’absence réelle d’idées théologiqueS quelconques a été essentielle-

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ment conclue, non d’une conférence directe, qui n’eût pu même être convenablement établie , mais du seul défaut de tout culte organise, à sacerdoce plus ou moins distinct. Or, comme je l’expliquerai ci-après, le fétichisme, de sa nature, peut se développer beaucoup avant de donner lieu à aucun véritable sacerdoce, jiis(|ii’à ce qu’îl ail atteint à l’état d’astrolàlrie, ce qui arrive souvent fort tard , et tout près de sa transformation finale en polythéisme, proprement dit. Telle est la simple origine de cette illusion , qui, malgré .sa gravité, est, au fond, très excusable, chez des explorateurs qui ne pouvaient être dirigés par aucune théorie positive,- pro|)re à prévenir ou à réparer toute vicieuse interprétation des faits.

On a dit , il est vrai , à l’appui d’une telle hypothèse, que l’homme a dû essentiellement commencer à la manière des animaux. Je l’admets eu effet , sauf la. supériorité d’organisation, mais en niant l’induction qu’on en veut tirer, et qui repose, âmes yeux, sur une fausse appréciation de l’état mental des animaux eux -mêmes. Car je suis convaincu que les animaux assez élevés pour manifester, en cas de loisir suffisant, une certaine activité spéculative ( et beaucoup d’espèces en sont assurément susceptibles ) , parviennent spontanément, de. la même manière que nous,

à une sorte de fétichisme grosàer, consistant toujours à supposer les corps extérieurs, même les plus inertes, animés de passions et de volontés plus OU' moins analogues aux impressions personnelles du spectateur. Une judicieuse 'exploration de l’intelligence des animaux ne laisse aucun doute sur- la réalité de cette similitude essentielle , sauf la différence fondamentale que présente l’incontestable aptitude de l’entendement humain à se dégager graduellement de ces ténèbres primitives, qui, pour les autres organismes , même les plus éminens , doivent , au contraire, indéfiniment persister ; excepté peut^ être, chez quelques animaux choisis, un faible commencement de polythéisme, qu’il faudrait d’ailleurs attribuer surtout au contact humain. Que, par exemple, un enfant ou un sauvage, d’une part, et, d’une autre part, un chien- ou un singe, contemplent une montre pour la première fois : il n’y aura , sans doute , si ce n’est quant à la manière de formuler, aucune profondè diversité immédiate dans la 'conception spontanée qui, aux uns et aux autres, -représentera cet admirable produit de l’industrie humainé comme une sorte d’animal véritable, ayant ses goûts et ses inclinations propres ; d’où résulte , par' conséquent , sous ce rapport, un fétichisme

Fadicalement commun , les premiers ayant seulement 1« ppivilége exclusif d’en pouvoir ulté— rieurement sortir. Ainsi, l’appréciation rationnelle du véritable d^é de similitude nécessaire entre le développement mental de l’homme et çelui des autres animaux supérieurs, d’après la similitude correspondante de leurs organismes eérébraux, n’aboutit réellement qu’à confirmer de nouveau , -bien loin de l’altérer, notre proposition-générale sur le vrai point de départ intellectuel de l’humanité.

Exclusivement habitués dès long-temps à une théologie éminemment métaphysique, nous devons éprouver aujourd’hui beaucoup d’embarras à comprendre réellement cette grossière origine, qui a dû fréquemment donner lieu à de graves méprises involontaires. C’ést ainsi surtout que le fétichisme a même été le plus souvent confondu avec le polythéisme, lorsqu’on a indûment appliqué à celui-ci la dénomination usuelle d’idolâtrie, qui ne convient certainement qu’au premier ; puisque les prêtres de Jupiter ou de Minerve auraient pu sans doute aussi légitimement repousser le reproche banal d’adoration des images que le font aujourd’hui nos docteurs catholiques quant à l’in juste accusation des proteslaus. Mais, quoique nous soyons heureusement

assez éloignés du ietichisme pour ne plus le concevoir aisément , chacun de nous n’a qu’à remonter suilisamment dans sa propre histoire individuelle, pour y retrouver la fidèle représentation d’un tel état initial. Tous les philosophes qui sauront aujourd’hui se dégager convenablement des opinions vulgaires, sentiront aussitôt que. le fétichisme constitue nécessairement le vrai fond primordial de l’esprit théologique , envisagé dans sa plus pure naïveté élémentaire , et néanmoins dans sa plus entière plénitude ‘ intellectuelle : c’est là que conviendrait éminemment la célèbre formule de Bossuet : Toul était dieu, excepté Dieu même, pourvu qu’on l’appliquât à un point de départ, et non à une chimérique dégénération; car oh peut > strictement dire, en effet, que, depuis cette première époque, le nombre des dieux a été sans cesse en décroissant, comme je l’expliquerai bientôt. Lorsque, même aujourd’luii, les plus éminens penseurs se laissent involontairement entraîner, sous l’influence im> parfaitement rectifiée de notre vicieuse éducation, à tenter de pénétrer le mystère de la production essentielle de phénomènes quelconques, simples ou compliqués, dont ils ignorent les lois naturelles, ils peuvent alors personnellement constatei’ cette invariable tendance instinctive à conce-

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voir la génération des eSêts inconnus d’après les passions et les affections de l’étre correspondant, toujours envisagé cdmme vivant, cé qui n’eot -réellement autre chose que le principe philosophique du fétichisme proprement dit. Ceux qui , par^exeraple, auront souri avec le plus de dédaia à la naïveté du sauvage animant spontanément la montre dont il admire le jeu , pourraient, à leur tour, se surprendre eux-mêmes plus d'une fois dans .une disposition mentale bien peu supérieure, malgré leur habitude d’un tel spectacle, quand ils cnntempleul, entièrement étrangers à l’horlogerie, les accidens imprévus, et so.u- ' vent inexplicables, dus à quelque dérangement inaperçu de cet ingénieux appareil. 11 nous serait, sans doute, très difficile de contenir alors suffisamment la disposition naturelle qui nous entraîne à regarder ces altérations comme autant d’indices des affections ou des caprices d^un être chimérique , si la puissance, enfin prépondérante, d’une analogie antérieure déjà fort étendue, ne nous conduisait maintenant à calmer notre inquiétude intellectuelle par l’immédiate supposition générale d’une certaine lésion mécanique, ultérieurement assignable, comme, en beaucoup d’autres cas semblables préalablement analysésà notre entière satisfaction.

Ainsi , la philosophie théologique , convenable-

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tuent approfondie, a toujours évidemment pour base nécessaire le pur félicliisme, qui divinise instantanément chaque corps ou chaque phénomène susceptibles d’attirer avec quelque énergie la faible attention de l’humanité naissante. Quelques transformations essentielles que cette philosophie primitive puisse ensuite subir graduellement, une judicieuse' analyse sociologique y pourra toujours mettre à nu ce fond primordial, jamais entièrement dissimulé, même dans l’état religieux le plus éloigné du point de départ. Nonseulement, par exemple, la théocratie égyptienne, dont celle des Juifs fut certainement une simple dérivation , a dû présenter, aux temps de sa plus grande splendeur, la co-existefnce régulière et très prolongée, dans les différentes castes de sa hiérarchie sacerdotale, de nos trois âges religieux, puisque les rangs inférieurs étaient encore restés au simple fétichisme, tandis que les premiers rangs étaient en pleine possession d’un polythéisme très caractérisé, et que les degrés suprêmes s’étaient même déjà élevés très probablement à une certaine ébauche du monothéisme^ mais, eu j>crutant plus profondément l’esprit ihéuloglque, on (•eut, en outre, y reconnaître, en tout temps, par une analyse plus directe et plus décisive, des traces actuelles très prononcées du fétichisme fon-

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daiuental, malgré les formes les plus métaphysiques qu’il ait pu affecter chez les plus subtiles intelligences. Qu’est-ce, en effet, au fond, que cette célèbre conception de. l’âme du. monde chez les anciens, ou cette assimilation plus moderne de la terre à un immense animal vivant, et tant d’autres doctrines analogues, sinon un véritable fétichisme, vainement déguisé sous un pompeux verbiage philosophique? 11 n’y a là, sans doute, comparativement au fétichisme spontané des temps primitifs, .d’autre différence essentielle que de se rapporter à des êtres collectifs et abstraits au lieu d’être» purement individuels et concrets. De nos .jours même, qu’est-ce réellement, pour un esprit positif, que ce ténébreux panthéisme dont se glorifient si étrangement, surtout en Allemagne, ..tant de profonds métaphysiens , sinon le fétichisme généralisé et systématisé , enveloppé d’un appareil doctoral propre à donner le change au Vulgaire? Par d’aussi décisives confirmations d’uii principe déjà directement établi, il devient donc irrécusable que le ]iur fétichisme, loin de constituer une simple aberration de l’esprit théologique, en indique nécessairement la source fondamentale, et détermine son vrai caractère primordial, jusqu’aux temps beaiiconp plus récens où , comme je l’expliquerai bientôt , son mélange

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de plus en plus intime avec l’esprit métaphysique proprement dit en altère profondément la nature originelle, néanmoins toujours reconnaissable à upe saine exploration scientifique. Telle est donc notre théologie vraiment primitive, celle qui présente le plus complètement cette rigoureuse spontanéité, où réside, d’après le chapitre précédent, le privilège essentiel de toute philosophie théologique, et qu’aucun autre âge religieux n’a pu certainement offrir à un degré aussi parfaitement approprié à la torpeur initiale de l’entendement humain , alors ainsi dispensé même de créer la fiction facile des divers agens surnaturels, et se bornant à céder presque passivement à la pente naturelle qui nous entraîne à transporter au dehors ce sentiment d’existence dont nous sommes intérieurement pénétrés, lequel, nous semblant d’abord expliquer suffisamment nos propres phénomènes, nous sert immédiatement de base uniforme à l’interprétation absolue de tous les phénomènes extérieurs. Cette première philosophie a dû rester, comme toute autre, bornée d’abord au monde inanimé, considéré dans tous ses, phénomènes de quelque importance, et sans excepter même les phénomènes purement négatifs, par exemple ceux des ombres, qui ont sans doute long-temps produit sur l’humanité naissante la

même impression fondamentale de terreur superstitieuse qu’ils déterminent encore si souvent dans notre enfance individuelle, comme cliez tant d’animaux. Mais cette théologie spontanée n’a pas dû tarder à être pareillement étendue à l’étude de l’animalité, jusqu’à produire fréquemment l’adoration (i) formelle des animaux, quand ils offraient à l’homme, sous un aspect quelconque, un spéctade plus ou moins mystérieux , c’est-à-dire dont il rte retrouvait pas en liii l’écjuivalent essentiel, soit que l’exquise supériorité de l’odorat, ou de tout autre sens, leur procurât immédiatement des notions dont l’origine, ‘en beaucoup de cas, nous échappe encore aujourd’hui, soit qu’une plus grande susceptibilité organique leur fit, à certains égards, sentir avant nous diverses variations principales de l’araosphère, etc.

Une telle manière de philosopher n’est pas moins parfaitement adoptée, par sa nature, au vrai caractère moral de l’humanité naissante qu’à sa première situation mentale. Nous avons reconnu, au /

(i) Ce genre (t’idolAlrio a dâ tontefois être bien moina eonfmno qu’on ne l’a crn , parce qo’on a souvent confondu sans doute , avec nnç véritable adoration directe, le respect spe'cial pour des animaux consacrés h -quelque divinité extérieure , suivant on usage long-temps pratiqué chez les Grecs et même chez les Romains , indépendamment d’ailleurs de certains aniniauz habituellement entretenus comme insimmens de divination* '

cba pitre ^précédeqt, que le sens général de l’évolution humaine consiste surtout à diminuer dë plus en plus l’inévitable prépondérance, nécessairement toujours fondamentale, mai^ d’abord ex- L'essive, de la vie aÛéctive sur la vie intellectuelle, ou, suivant la formule anatomique , de la région postérieure du cerveau sur la région frontale ; d’unemanière d’ailleurs essentiellement commune au développemen^de l’espèce et à celiii.de l’individu. Or, cet empire, évidemment plus prononcé à l’origine, des passious sur la raison, et qui doit alors, comme je l’ai moü^’é, nous disposer spéciale» ment à la philosophie théologique , est cerlaineluent plus favorable encore à lu théologie fétichiste qu’à aucune autre. Tous les corps observables étant ainsi immédiatement personnifiés , et doués' de passions ordinairement très puissantes ', selon l’énergie de leurs phénomènes, le monde extérieur se présente spontanément, envers le spectateur, dans une parfaite harmonie, qui n’a pu jamais se retrouver ensuite au même degré, et tpii doit produire en lui un sentiment spécial de pleine satisfaction , que nous ne pouvons j guère qualilier. aujourd’hui convenablement , faute de pouvoir suilisammeut l’éprouver, même en nous reportant, par la méditation la plus inteuse et la mieux dirigée, à ce berceau de l’humanité. On conçoit aisé-

ment combien cette exacte correspondance intime entre le monde et l’homme doit nous attacher profondément au fétichisme, qui réciproquement tend aussi, de toute nécessité, à prolonger spécialement un tel état moral. Celte co-'relalion spontanée peut encore se vérifier, même quand l’évolution humaine est le plus avancée, en considérant les organisations ou le.s situations, dès lors plus ou moins exceptionnelles, où la vie affective acquiert, à un titre quelconque , une prédominance très rapprochée de l’irrcsistihililé. Malgré la' plusgrande culture intellectuelle , les hommes qui , pour ainsi dire, pensent naturellement par le derrière de la tète, ou ceux qui se trouvent momentanément dans une disposition semblable (dont personne peut-être, même parmi lés meilleurs esprits, n’a jamais été entièrement préservé), ont besoin d’exeicer presqtie incessamment sur leurs propres pensées une très active surveillance, pour ne pas ^ laisser essentiellement entraîner , dans l’état très prononcé de crainte ou d’espérance déterminé par un passion quelconque, à une sorte de rechute aiguë vers le fétichisme Ibndamental, en personnifiant, et ensuite divinisant, jusqu’aux objets les plus inertes qui peuvent intéresser leurs affections actuelles. Ces tendances partielles ou passagères peuvent nous suggérer aujourd’hui une

faible idée de la puissance primordiale d’un tel état moral, lorsque, à la fois complet et normal , il était d’ailleurs permanent et commun. La constitution , encore si métaphorique , du langage humain, dans les idiomes même les plus perfectionnés, en offre aussi, à mes yeux, un témoignage universel et prolongé , irrécusable quoique indirect. On ne saurait douter, en effet, que la formation du fond essentiel de ce langage ne remonte , en grandepartie,iusqu’àcetâgedu tëtichisme proprement dit-, qui a dû persister plus long-temf>s qu’aucun autre peut-être, par la lenteur plus spéciale des progrès qu’il comportait, comme je vais l’expliquer. En second lieu, l’opinion ordinaire, qui attribue surtout le frétjuent usage des expressions figurées à la seule disette de signes directs, est sans doute trop rationnelle pour devenir suffisamment admissible, autrement qu’en vers une époque très avancée de l’évolution intellectuelle. Jusque alors, et précisément pendant les temps qui ont dû le plus influer sur la formation ou plutôt le développement de la langue humaine (i), l’ex-

(i) J’etaploit loi à deuein le siafjalicr, aUn d’imliquer ma contiction bien arrjléc tar l’ünilé fondaaienule do lançage Imniain , quoique la nature et la deitinaiion d* eel ouTrage ne rae permettent pat d’y examiner, même sommairement, cet important sujet. Dans le Traité spécial que j’ai annoncé , je ponrrai ultérieurement justifier ce InmU

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cessive surabonda üce des figures a dû tenir Jiien davantage au régime philosophique alors domi* nant, qui, surtout à l’élat de fétichisme, assimilant directement tous les phénomènes possibles, aux actes humains, devait faire introduire, comme essentiellement fidèles, des expressions qui ne peuvent plus nous sembler que métaphoriques, depuis que nous avons complètement dépassé l’état mental qui en motivait le sens littéral. Cet aperçu scientifique serait, au besoin, suffisamment confirtné par une remarque intéressante , déjà faite depuis long-temps, sur le décroissement graduel d’uUe telle tendance à mesure que l’esprit humain

neax plincipe, qui peut «ul condaire à oonscitntr, en temps nppoftno, ’( unt,Traie philosophie da langage , et que reapril positif doit envisager, ce me semble, comme l’une des grandes données préalables fournies h la sociologie par le biologie. Car chaque espèce d’animaux supé-ieurs étant tonjouis douée, en vextu de son organisation, d’un ‘certain Iqpgage propre, dont l'identité nécessaire se fait partont sentir h trayert les diverses modiGcations quelconques , souvent très notables , de climat et même de race , une vaine et Gillacicuse métaphysique me parait ssùle pouvoir conduire !i concevoir irrationnellentent notre espèce comme arbitrairement soustraite à cette loi universelle du règne animal , sans que rien , dans notre organisme , pût certes motiver cette étrange anomalie. Quand les .hautes recherches philologiques , ipii , dn reste , commencent déjà spontanément à converger avec évidence vers une telle tendance, pourront être enfin convenablement institnées, par l’iodrapeiMable coocoors permanent d’une pins saine édocatioit préliminaireavec l’nsagc régulier d’nne théorie sociologiqne vraiment directrice, je ne doute pas qu’elles ne fassent alors de rapides progrès dans la manifestation irrécnsablc desvraisélémens fondamentanx de la laogne hamaine. ' î ■ ' ' ' I

se développe : ce qui , toutefois , n’en rendrait point superflue l’ultérieure vérification spéciale, d’après un ensemble sudlsant d’analyses philoloj^iques convenablement instituées. Pour faciliter la conception d’un tel travail, je me bornerai à ajouter ici une indication caractéristique, relative aux • temps modernes, où la nature des métaphores se transforme insensiblement de plus en plus, en ce que , au lieu de transporter, comme dans l’état primitif, au monde extérieur les expressions propres aux actes humains, la révolution fondamentale qui s’accomplit graduellement dans notre manière de philosopher nous conduit , au contraire, à appliquer toujours davantage aux divers phénomènes de la vie des termes primitivement destinés à la nature inerte, dont la considération Dpépondérante constitue, comme je l’ai tant établi, la base nécessaire du véritable esprit scientifique, qoi exercera désormais sur la constitution du langage humain une influence de plus en plus profonde.

Après avoir ainsi directement établi, sous le point de vue général propre à cet ouvrage, l’inévitable nécessité de ce premier âge théologique, et suflisamment expliqué son vrai caractère fondamental, il nous reste à apprécier sommairement* son influence propre sur l’ensemble de l’évolution

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