‹ Cours de philosophie positive (volume 3)Chapitre 10 sur 37 · TOME iv · texte numérisé non relu

TOME iv

ment graduel d’une semblable aberration. De tels pièges, primitivement dressés par l’école rétrograde, sont, d’ordinaire, à l’aide de quelques précautions faciles, avidement accueillis par l’école révolutionnaire, qui semble ainsi disposée elle-même à seconder spontanément le rétablissement du système politique contre lequel elle a toujours lutté. Quand même une judicieuse analyse des débats journaliers ne constaterait point directement cette évidente inconséquence , il suffirait, ce me semble, afin de la caractériser hautement, de considérer les étranges efforts tentés de nos jours, avec un si déplorable succès momentané ,’ par les différentes sections de l’école révolutionnaire, pour réhabiliter la mémoire de celui qui, dans les temps modernes , a le plus fortement poursuivi la rétrogradation politique, en consumant un immense pouvoir à la vaine restauration du système militaire et théologique.

Du reste, en signalant ici, comme je le devais, cet esprit d’inconséquence rétrograde, il me paraîtrait injuste de ne point indiquer aussi, chez la portion la plus avancée de l’école révolutionnaire, une dernière sorte de contradiction, qui l’honore beaucoup, comme étant, en réalité, éminemment progressive. 11 s’agit surtout de l’im-

portant principe de la centralisation politique, dont, la haute nécessité n’est aujourd’hui bien comprise que parcelle école, malgré l’évidente opposition d’une telle notion avec les dogmes d’indépendance et d’isolementqui constituent l’espritde la doctrine critique. Sous ce rapport essentiel, les rôles semblent être désormais directement intervertis entre les deux doctrines principales qui se disputent encore si vainement l’ascendant politique. Avec ses superbes prétentions à l’ordre et à l’unité, la doctrine rétrograde prêche hautement la dispersion des foyers politiques, daus le secret espoir d’empêcher plus aisément la décadence de l’ancien système social chez les populations les plus arriérées, en les préservant de l’influence prépondérante des centres généraux de civilisation. La politique révolutionnaire, au contraire , encore justement fière d’avoir naguère présidé à l’immense concentration de forces que uécessita, en France, la lutte décisive contre la coalition des anciens pouvoirs, oublie ses maximes dissolvantes pour recommander avec énergie cette subordination systématique des foyers secondaires envers les principaux, qui, après avoir, au milieu du désordre universel, assuré à jamais le libre essor de la progression sociale, doit naturellement devenir dans la suite un si précieux auxiliaire de la vraie réorganisation,

dès-lors susceptible d’être primitivement bornée à une population d’élite. En un mot, l’école révolutionnaire a seule compris que le développement continu de l’anarchie intellectuelle et morale exigeait, de toute nécessité, pour prévenir une imminente dislocation générale, une concentration croissante de l’action politique proprement * dite.

Par un tel ensemble de considérations préliminaires sur l’appréciation générale de la métaphysique révolutionnaire, son insuilisance fondamentale ne saurait maintenant être contestée. Sans doute, après l’usage actif et continu que l’esprit humain avait dû en faire, pendant le cours des trois derniers siècles , pour opérer la démolition graduelle de l’ancien système politique, il ne pouvait aucunement se dispenser d’abord de l’appliquer aussi à la réorganisation sociale, quand cette destruction , suffisamment avancée , est venue en dévoiler la nécessité. Toute autre manière de procéder eût été, à cette époque, certainement chimérique. Mais cette illusion naturelle, qu’une théorie alors impossible aurait seule pu prévenir, ne peut plus désormais être essentiellement reproduite , parce que le libre développemens effectif d’une telle application a dû manifester à tous les esprits, par une impres-

sion ineffaçable, la nature purement anarchique et même l’influence directement rétrograde de la doctrine critique, quand son énergie dissolvante n’est plus absorbée par la lutte fondamentale qui constitua toujours sa seule destination propre.

Ce double examen préliminaire de la politique théologique et de la politique métaphysique suffit ici , quoique très sommaire , pour caractériser nettement l’insuffisance nécessaire de chacune d’elles, à l’égard même de son but exclusif, en montrant que désormais, et de plus en plus, la seconde ne remplit guère mieux , en réalité , les principales conditions du progrès que la première celles de l’ordre. Mais leur appréciation respective demeurerait encore essentiellement incomplète, si, après les avoir séparément analysées, nous ne considérions pas brièvement le singulier antagonisme que le cours naturel des événemens a fini par établir entre elles, et dont l’explication, impossible de toute autre manière, résultera spontanément des bases ci-dessus indiquées, de façon à éclaircir davantage la vraie position génénérale de la question sociale actuelle.

On peut aisément reconnaître aujourd’hui que, malgré leur opposition radicale, l’école rétrograde et l’école révolutionnaire, par une irrésistible

nécessité, tendent réellement à entretenir mutuellement leur vie politique, en vertu même de leur neutralisation réciproque. Depuis un demisiècle, d’éclatans triomphes successifs ont permis à chacune d’elles de développer librement sa véritable tendance, et , par suite , l’ont enfin amenée à constater irrévocablement son impuissance fondamentale pour atteindre réellement le but général que poursuit l’instinct des sociétés actuelles. Quoique simplemen t empirique , cette double conviction est maintenant devenue tellement profonde et universelle, qu’elle oppose désormais d’insurmontables obstacles à l’entière prépondérance politique de l’une ou de l’autre école, qui ne peuvent plus aspirer qu’à des succès aussi précaires qu’incomplets. Ainsi conduite à redouter presque également, quoiqu’à divers titres, l’ascendant absolu de chacune d’elles, la raison publique, à défaut d’un point d’appui plus rationnel et plus efficace, emploie tour à tour chaque doctrine à contenir les envahissemens indéfinis de l’autre. Lors même que le développement naturel des besoins sociaux paraît déterminer momentanément une préoccupation définitive en faveur de l’une des deux politiques, le dangereux essor qu’elle prend aussitôt ne tarde point à provoquer spontanément un inévitable retour proportionnel à la politique anta-

gonisle, que vainement 011 avait cru éteinte à jamais. Cette misérable constitution oscillatoire de notre vie sociale se prolongera nécessairement jusqu’à ce qu’une doctrine réelle et complète, aussi véritablement organique que vraiment progressive, vienne enfin permettre de renoncer à cette périlleuse et insuffisante alternative, en satisfaisant, d’une manière directe et simultanée, aux deux aspects essentiels du grand problème politique. Alors seulement , les deux doctrines opposées tendront ensemble à disparaître irrévocablement devant une conception nouvelle, qui se présentera directement comme mieux adaptée •à leurs destinations respectives. Mais, avant ce terme, chacune d’elles ayant pour principale utilité pratique d’empêcber le triomphe absolu de l’autre, elles continueront à constituer, malgré toute apparence contraire, deux inséparables éléinens du mouvement politique fondamental, qui ne peut aujourd’hui être caractérisé que par leur commune participation , indispensable quoique insuffisante.

Combien de fois, dans le déplorable cours de nos luttes contemporaines, le parti révolutiohnaire et le parti rétrograde, aveuglés par un succès passager , n’ont-ils pas cru avoir anéanti pour toujours l’inlluence politique de leurs adversaires,

sans que l’événement ait néanmoins jamais cessé de démentir bientôt avec éclat ces frivoles illusions! Le terrible triomphe de la doctrine critique a-l-il empêché, après peu d’années, l’entière réhabilitation de l’école catholico-féodale, qu’on s’était vainement flatté d’avoir détruite? De même, , la réaction rétrograde , poursuivie par Bonaparte avec tant d’énergie, n’a-t-elle point finalement déterminé un retour universel vers l’école révolutionnaire, dont l’irrévocable compression avait été si emphatiquement célébrée? Après ces deux épreuves décisives , le développement journalier denotre situation politique n’a-t-il point successivement reproduit, sur une moindre échelle, la manifestation continue, plus ou moins prononcée, mais toujours irrécusable, de cette double tendance nécessaire? Il est clair, en effet, sous le point de vue philosophique., que la métaphysique révolutionnaire, en vertu de sa destination purement critique, aurait dû perdre aujourd’hui, à défaut d’aliment, sa principale activité politique, depuis que, l’ancien système étant assez détruit pour que son rétablissement soit évidemment impossible, l’attention générale a dû se porter surtout vers une réorganisation définitive, devenue chaque jour plus urgente. Mais, cette réorganisation ayant été jusqu’ici toujours réel-

lenient conçue, faute de principes nouveaux, d’après la doctrine théologique elle-même , la philosophie négative vient remplir , comme par le passé, un indispensable office social, en s’opposant au dangereux essor de cette politique rétrograde. Pareillement, sans les justes alarmes qu’inspire la prépondérance absolue de la politique révolutionnaire pour précipiter la société vers une imminente anarchie matérielle, l’ancienne doctrine serait aujourd’hui universellement discréditée, et réduite à une simple existence historique, depuis que le régime correspondant n’est plus, au fond, désormais compris ni voulu, même de ses prétendus partisans. Les deux doctrines sont donc, en réalité, appliquées maintenant, l’une autant que l’autre , dans une intention principalement négative, comme destinées à se neutraliser mutuellement, ce qui a dû sembler jusqu’ici le seul moyen praticable de prévenir les désastreusesconséquencesqu’entraînerait naturellement la prépondérance totale d’aucune d’elles.

Toutefois, il importe de remarquer aussi, en dernier lieu , que^ chacune de ces doctrines opposées constitue directement un indispensable élément de notre étrange situation politique, en concourant à la position générale du problème social , présenté par l’une sous l’aspect organique ,

QO PHILOSOPHIE POSITIVE.

et par l’autre sous le point de vue progressif, quoique l’opposition ainsi établie entre les deux grandes faces de la question doive tendre éminemment à en dissimuler la véritable nature. Dans le déplorable état actuel des idées politiques , il est évident que l’entière suppression de la doctrine rétrograde, s’il était possible de l’effectuer, ferait aussitôt disparaître le peu de notions d’ordre réel que nos intelligences ont encore conservées en politique, et qui toutes se rapportent inévitablement à l’ancien système social. En sens inverse, on ne peut davantage contester que , sans la doctrine révolutionnaire, toutes les idées de progrès politique, quelque vagues qu’elles soient aujourd’hui , s’effaceraient nécessairement sous la ténébreuse suprématie de l’anciênne philosophie. Au fond , comme chacune des deux doctrines est certainement impuissante désormais à atteindre réellement son but exclusif, leur efficacité pratique se borne essentiellement, sous ce rapport, à entretenir dans la société actuelle, quoique d’une manière très imparfaite, le double sentiment de l’ordre et du progrès. Bien que J’absence de tout principe vraiment propre à réaliser cette double indication fondamentale doive singulièrement amortir ce vague sentiment, sa perpétuelle conservation , par un mode quelconque, n’en consti-

PHÏS1QUF. SOCIALE.

lue pas moins une indispensable nécessité préliminaire, pour rappeler sans cesse, soit aux philosophes , soit au public, les véritables conditions de la réorganisation sociale, que notre faible nature serait autrement si disposée à méconnaître. On peut donc, sous un tel aspect, considérer la question comme consistant à former une doctrine qui soit à la fois plus organique que la doctrine théologique et plus progressive que la doctrine métaphysique, seuls types actuels de ce double caractère, et dont la considération simultanée est, à ce titre, inévitable, jusqu’à l’entière solution de ce grand problème.

Sans doute , l’ancien système politique ne doit être aucunement imité dans la conception du régime approprié à une civilisation aussi profondément différente. Mais l’assidue contemplatioq de l’ordre ancien n’en est pas moins strictement indispensable , comme pouvait seule indiquer les attributs essentiels de toute viritable organisation sociale, en obligeant l’avenir i régler presque tout ce qu’avait réglé le passé, qioique dans un autre esprit, et d’une manière plis parfaite. La conception générale du système théologique et militaire me semble même , par siite de son inévitable décrépitude, plus effacée aujmrd’hui que ne l’exigeraient , sous ce rapport , lesbesoins réels de notre

intelligence, surtout en ce qui concerne la division capitale entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, trop faiblement appréciée par les plus éminens philosophes de l’école catholique. C’est aux philosophes positifs qu’il appartiendra de restaurer, à leur usage idéal, d’après une étude approfondie du passé, ce que le mouvement général de la civilisation moderne a dû soustraire irrévocablement à la vie réelle.

L’indispensable influence de la philosophie révolutionnaire pour obliger aujourd’hui les conceptions sociales à prendre un caractère vraiment progressif, est devenue tellement évidente qu’elle n’exige plus désormais aucune discussion. En prescrivant, avec une irrésistible énergie, de renoncer totalement à l’incien système politique, elle entretient, au sein de la société actuelle, une précieuse stimulation , sans laquelle notre inertie spéculative se bornerait bientôt à proposer, comme solution finale du problème, de vaines modifications du régime décomposé. N’avons-nous pas vu néanmoins les divas pouvoirs contemporains réclamer souvent conte ces conditions nécessaires, ,en déclarant avec anertumc que les principes révolutionnaires rendaent tout gouvernement désormais impossible? Cete banale protestation a même été doctoralement reproduite par plusieurs cole-

ries spéculatives, qui, fières d’avoir enfin commencé à entrevoir péniblement la tendance anarchique de la doctriuerévolutionnaire, ontcru, dans leur aveugle orgueil , devoir préconiser sa destruction immédiate comme une base suffisante de réorganisation sociale , sans apercevoir que, par cela seul, elles provoquaient nécessairement, contre leur propre intention, à la suprématie politique de l’école rétrograde. De quelque part qu’elle «vienne, toute semblable déclaration équivaut réellement aujourd’hui à un aveu solennel d’impuissance politique. La doctrine révolutionnaire pouvant seule jusqu’ici poser avec efficacité l’une des deux classes de conditions fondamentales du problème social, on ne saurait, à cet égard, plus naïvement confesser une incompétence radicale, qu’en s’obstinant vainement à dénier à cette doctrine une telle attribution ; l’écarter, ce serait vouloir résoudre le problème, abstraction faite de ses conditions essentielles. Il ne saurait exister qu’un unique moyen de parvenir plus tard à l’éliminer réellement, en remplissant mieux qu’elle-même le but principal qu’elle s’est proposée, et qu’elle seule encore, malgré ses immenses inconvéniens, poursuit maintenant avec une certaine efficacité. De toute autre manière, les déclamations absolues contre la philosophie révolutionnaire vien-

liront toujours échouer finalement devant l’invincible attachement instinctif de la société actuelle à des principes qui, depuis trois siècles, ont dirigé tous ses progrès politiques, et qu’elle regarde, à juste titre, comme formulant seuls aujourd’hui d’indispensahles conditions générales de son développement ultérieur.

Chacun des dogmes essentiels qui composent cette doctrine constitue, en effet, une indication nécessaire à laquelle doit satisfaire, sous peine de, nullité, toute tentative réelle de réorganisation sociale, pourvu toutefois qu’on cesse de prendre un vague énoncé du problème pour une vraie solution. Ainsi envisagés, ces principes rappellent, à divers titres, la consécration politique de certaines obligations capitales de morale universelle, que l’école rétrograde , malgré ses vaines prétentions, devait essentiellement méconnaître, parce que le régime qu’elle proclame a depuis long-temps perdu la faculté de les remplir. En ce sens, le dogme fondamental du libre examen oblige réellement la réorganisation spirituelle à résulter dune action purement intellectuelle, déterminant, a l issue d’une discussion complété, un assentiment volontaire et unanime, sans aucune intervention hétérogène des pouvoirs materiels pour hâter, par une inopportune perturbation, cette grande évolution

philosophique. Pareillement, dans l’ordre temporel, le dogme de l’égalité et celui de la souveraineté populaire peuvent seuls imposer énergique- .ment aujourd’hui aux nouvelles classes et aux nouveaux pouvoirs l’impérieux devoir, si aisément oublié, de ne se développer et s’exercer qu’au profit du public, au lieu de tendre à l’exploitation des masses dans des intérêts individuels. Ces diverses moralités politiques, que jadis l’ancien système observa nécessairement pendant sa virilité, ne sont maintenues désormais, avec quelque efficacité, que par la doctrine révolutionnaire, dont l’inévitable décroissement commence même, sous ce rapport, à devenir très regrettable , tant que son office n’est point , à cet égard, mieux rempb. Jusque alors, sa suppression, si elle était possible, serait éminemment dangereuse, en livrant, sans contrôle, les sociétés actuelles aux diverses tendances oppressives qui se rattachent spontanément à l’ancien système politique. , Si , par exemple , le dogme absolu du fibre examen pouvait aussitôt disparaître, ne serionsnous point, par cela seul, immédiatement livrés au ténébreux despotisme des faiseurs ou des restaurateurs de religions, bientôt conduits, après un infructueux prosélytisme, à employer les mesures les plus tyranniques pour établir matériellement

leur vainc unité rétrograde ? Il en est de même à i tout autre égard.

Rien ne saurait donc autoriser les aveugles déclamations si fréquemment dirigées de nos jours, contre la philosophie révolutionnaire, par tant de gouvernails et tant de docteurs qui ne peuvent pardonner à la société actuelle de ne point ratifier passivement leurs irrationnelles entreprises.

Si cette philosophie devait vraiment empêcher toute réorganisation réelle, le mal serait dès-lors incurable, puisque son influence capitale constitue aujourd’hui un fait accompli , et ne peut cesser graduellement que par le développement même de cette réorganisation, dont elle était surtout destinée à préparer et à faciliter les voies. Mystiquement conçue dans un sens absolu et indéfini,’ la doctrine critique manifeste, sans doute, par sa nature, une tendance nécessairement anarchique, que j’ai ci-dessus assez caractérisée. Userait néan-* moins absurde d’exagérer cet inconvénient capital, au point de l’ériger en obstacle tout-à-fait insurmontable. On a beau déplorer aujourd’hui, au nom de l’ordre social, l’énergie toujours dissolvante de l’esprit d’analyse et d’examen : cet esprit n’en demeure pas moins éminemment salutaire, en obligeant à ne produire, pour présider à la réorganisation intellectuelle et morale,

qu’une philosophie vraiment susceptible de sup porter avec gloire l’indispensable épreuve décisive d’une discussion approfondie , librement prolongée jusqu’à l’entière conviction de la raison publique; condition fondamentale, à laquelleheureusement rien ne saurait désormais nous soustraire, quelque pénible qu’elle doive sembler à la plupart de ceux qui traitent maintenant la question sociale. Une telle philosophie pourra seule ultérieurement assigner à cet esprit analytique les vraies limites rationnelles qui doivent en prévenir les abus, en établissant, dans l’ordre des idées sociales, la distinction générale, déjà nettement caractérisée pour toutes les autres conceptions positives, entre le propre domaine du raisonnement et celui de la pure observation.

Quoique contrainte, par le cours naturel des événemens, à diriger sa progression politique d’après une doctrine essentiellement négative, ainsi que je l’ai expliqué, la société actuelle n’a jamais renoncé aux lois fondamentales de la raison humaine; elle saura bien, en temps opportun, user u des droits mêmes que cette doctrine lui confère . 'pour s’engager de nouveau dans les liens d’une véritable organisation , quand les principes en auront été enfin conçus et appréciés. L’état de pleine

liberté, ou plutôt de non-gouvernement, ne lui

Page 1