‹ Cours de philosophie positive (volume 3)Chapitre 13 sur 37 · VJ · texte numérisé non relu

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' * » plus à l’inévitable anarchie intellectuelle, uéces-

• , .* saireinent inhérente ;rtout exercice prolongé du ; droit absolu de libreexamenindividuel.Seulement,

* r.V*’(^#.v < les aberrations, sans y être, certes, moins anli- j ■ * * » sociales, y ont pris, par cela même, un carac- /*, tère beaucoup moins vague, qui doit y moins entraver la réorganisation finale. Comme ces divagations, dont le champ est d’ailleurs inépuisable, tendent chaque jour à disparaître , sous le coup d’une insuffisante discussion, pour être aussitôt remplacées par de nouvelles extravagances , il peut être utile de conserver ici le souvenir distinct de quelques-unes des principales, qui ne sont point, à mes yeux , les plus graves, et que ' je choisis surtout à raison de leur actualité plus marquée. Qu’il me suffise donc d’énumérer successivement, en invoquant le témoignage de tous les observateurs bien informés, et sans attacher, du reste, aucune importance à l’ordre de ces indications : i° l’étrange* proposition économique de supprimer l’usage des monnaies, et, par suite, de ramener ainsi la société, en vue du progrès, au temps des échanges directs; 2° le projet de détruire les grandes capitales, centres principaux de la civilisation moderne, 'comme d’imminens foyers de corruption sociale; 3° l’idée d’un maxi-

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•jrium de salaire journalier^ fixé même à un taux,

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très modique, que ue pourraieul dépasser, eu au- ■>* »

cun cas , les bénéfices réels d’une industrie quel-

conque; 4° principe, plus subversif encore, et

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néanmoins très dogmatiquement exposé de nos * jours , d’une rigoureuse égalité de rétribution lia- ■, bituelle entre tous les travaux possibles; 5° enfin, dans une classe de notions politiques dont 1 évidence plus grossière semblerait devoir prévenir toute illusion fondamentale , les dangereux sophismes de nos pliilantropes sur l’abolition absolue de la peine capitale, au nom d’une vaine assimilation métaphysique des plus iudignes scélérats à de simples malades. Toutes ces- aberrations diverses, et tant d’autres analogues, ou encore plus prononcées et plus uuisibles, se produisent d’ailleurs journellement au même titre universel que pillions les mieux élaborées et les plus susceptibles de concourir utilement a la réorganisation sociale . sans qu’aucun des partis actuels cet egard, établir réellement, parmi ses membres , la moindre discipline intelleclors même qu’il se sent le plus comproaux yeux de la raison publique, par de semblables égaremens. Il ue faut pas croire, en outre r H! yâ^que de telles extravagance8 soient aujourd hui L * essentiellement réservées à quelqiies^esprits excentriques ou mal organisés, comme les époques les

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PHILOSOPHIE POSITIVK.

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plus régulières en ont fréquemment présenté. Ce qui caractérise le plus nettement, sous ce rapport,

! absence totale de principes généraux vraiment propres à diriger convenablement nos pensées ' politiques, c’est la déplorable universalité de cette tendance anarchique , la funeste disposition des intelligences même les plus normales à se laisser entraîner, souvent par l’unique impulsion d’une vanité très blâmable, à l’apologie momentanée des plus pernicieux paradoxes. Un tel spectacle ne m’a jamais semblé plus choquant que lorsqu’on peut l’observer, comme notre expérience jQurnalière ne le comporte que trop, chez des

j esprits livrés à la culture habituelle de quelqu’une-.^

< * ^ des sciences positives, et qui cependant ne sont ,

à cet égard , nullement retenus par l’étrange contraste que devrait naturellement leur offrir cette V scrupuleuse sagesse, dont ils sont si justement . fiers, à l’égard des moindres questions de la phi -«if . losophie naturelle, comparée à la frivole présomp- L % L • 8 ^on avec la(luelle ils ne craignent point de trancher en passant, comme le vulgaire , sans aucune • T* * préparation rationnelle, les plus difficiles et les v* • plus importants sujets qui soient accessibles à la -■>

'*%•** raison humaine. Gettè maladie ayant ainsi atteint ' J*. • désormais jusqu’aux intelligences qui, aujdui- v • ». /"«i’I'.uiVsoiit, incontestablement, les mieux disci-'a?

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plinées, rien ne saurait, sans doute, manifester

ici' avec plus d’énergie son effrayante extension

actuelle.

L’inévitable résultat général d’une semblable * épidémie chronique a dû être, par une évidente nécessité, la démolition graduelle , maintenant presque totale, de la morale publique, qui, peu appuyée, chez la plupart des hommes, sur le sentiment direct, a besoin, par dessus tout, que les habitudes en soient constamment dirigées par l’uniforme assentiment des volontés individuelles à des règles invariables et commîmes, propres à fixer, en chaque grave occasion, la vraie notion du bien public. Telle est la nature éminemment complexe des questions sociales, que, même sans aucune intention sophistique, le pour et le contre peuvent y être soutenus, sur presque tous les points, d’une manière extrêmement plausible; car, il n’y a pas d’institution quelconque, pour si indispensable qu’elle puisse être au fond , qui ne présente, en réalité, de graves et nombreux inconvéniens, les uns partiels, les autres passagers; et, en sens inverse, l’utopie la plus extravagante offre toujours, comme on sait, quelques avantages incontestables. Or, la plupart' des intelligences sont, sans doute, trop exclusivement préoccupées, soit en vertu de leur trop faible

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portée,

par une passion absorbante , pour etre vraiment capables d’embrasser simultanément les divers aspects essentiels du sujet. Comment pourraientelles donc s’absleuir de condamner successivement presque toutes les grandes maximes de morale publique, dont les défauts sont, d’ordinaire, très saillans, tandis que leurs motifs principaux^ quoique réellement beaucoup plus décisifs, sont quelquefois profondément cacliés , jusqu’à ce qu’une exacte analyse, souvent fort délicate, les mis en pleine lumière ? Voilà surtout mit rendre tout véritable ordre moral nécessa ment incompatible avec la vagabonde liberté des| sprits actuels, si elle pouvait indéfiniment persister ; puisque la plupart des x’ègles sociales destinées à devenir usuelles ne sauraient être, sans perdre toute efficacité , abandonnées à l’aveugle et arbitraire décision d’un public incompétent. L’in- ! dispensable convergence des intelligences suppose donc , préalablement, la renonciation volontaire et motivée du plus grand nombre d’entre elles à leur droit souverain d’examen , qu’elles s’empresseront, sans doute, d’abdiquer spontanément, aussitôt qu’elljes aurcint enfin trouvé des organes dignes d’exercer convenablement leur vaine suprématie provisoire. Si une telle condition est f

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