‹ Cours de philosophie positive (volume 3)Chapitre 24 sur 37 · TOME IV. ‘ 3l · texte numérisé non relu

TOME IV. ‘ 3l

48a philosophie positive.

inellL’e, les unes chez les. gouvernails, les autres chez les gouvernés, un degré habituel de perversité ou d’imbécillité, un esprit de concert ou de calcul, profondément incompatibles avec les notions les pins positives sur la nature humaine , dès lors constituée, chez des classes entières, en étal permanent de monstruosité pathologique, ce ce qui est évidemment absurde. Un exemple aussi décisif peut donner une juste idée des précieuses ressources générales que la sociologie positive devra retirer constamment de sa subordination fondamentale envers la biologie, surtout quand la physiologie cérébrale, si heureusement instituée par le génie de Gall , sera enfin convenablement cultivée.

Quelle que soit l’extrême importance réelle de telles indications, primitives ou continues, on ne peut se dissimuler que les principaux philosophes biologistes les ont aujourd’hui presque toujours conçues d’une manière vicieusement exagérée, qui tendrait à faire entièrement disparaître la sociologie comme science directe et distincte, en la réduisant à n’être plus qu’un simple corollaire final de la science de l’homme, abstraction faite de toute observation historique proprement dite. Celle grande aberration philosophique fut surtout très marquée chez l’illustre Cabanis, et Gall lui-

même ne sut point s’en garantir suffisamment. Sans être, certes, aussi profondément irrationnelle que la tendance analogue de la plupart des physiciens et des chimistes à traiter , à son tour, la biologie comme une simple dérivation de la philosophie inorganique, une telle disposition intellectuelle n’est peut-être pas moins nuisible aux progrès réels de l’esprit humain ; car, si elle pouvait prévaloir, elle empêcherait, de toute nécessité, l’indispensable essor de la science sociale. On conçoit, en effet, d’après les explications précédentes, que la première ébauche de la série sociale, considérée dans ses termes originaires, doive surtout résulter , à titre de déduction directe, de la théorie biologique de l’homme, indépendamment d’une exploration historique alors impossible ou trop défectueuse. Mais une telle manière de procéder deviendrait nécessairement illusoire pour l’étude ultérieure de l’évolution sociale, si l’on prétendait persister encore à déterminer essentiellement à priori le développement effectif, au lieu de l’étudier d’après des observations immédiates et spéciales. Le phénomène principal de la sociologie, celui qui établit avec la plus haute évidence son originalité scientifique, c’est-à-dire l’influence graduelle et continue des générations humaines les unes sur les autres, se trouverait

dès-lors essentiellement absorbé, ou du moins dissimulé au point d’être entièrement méconnu, en vertu de l’impossibilité manifeste où serait ainsi notre intelligence de deviner les principales phases effectives d’une évolution aussi complexe, sans l’indispensable prépondérance directe de l’analyse historique proprement dite. Quand même les lois fondamentales de la nature humaine seraient un jour beaucoup mieux connues qu’elles ne peuvent jamais l’être, notre force de déduction serait certainement impuissante à en tirer des conséquences aussi difficiles et aussi lointaines. Dans les premières générations humaines, quand l’évolution sociale commence à peine à manifester quelques caractères vagues et indécis d’une progression en core flottante et imperceptible , cette déductiQn est possible à un certain degré, et devient même indispensable, comme nous l’avons vu, au point de dominer d’abord l’observation directe. Mais, aü contraire, aussitôt que le mouvement social est réellement établi, l’influence successive et croissante des générations antérieures devient bientôt la principale cause des modifications graduelles qu’il présente., et dès-lors le mode essentiel d’exploration doit radicalement changer , afin d’être toujours rationnellement conforme à la vraie nature des phénomènes correspondans. L’analyse

historique y devient alors, de toute nécessite, à jamais prépondérante , et les indications purement ; biologiques, malgré leur inévitable importance, n’y peuvent plus être utilement employées qu’au simple titre , d’un précieux auxiliaire général et v surtout d’un indispensable contrôle fondamental. C’est ainsi que, jusque dans la philosophie inorganique , à l’égard de phénomènes infiniment moins compliqués, lors même que, comme en astronomie, les lois élémentaires en sont parfaitement connues, l’observation propre et immédiate dirige essentiellement l’exploration, aussitôt que le cas devient assez composé pour que la pure. ' déduction cesse d’être praticable : ce qui doit, a ® fortiori, rendre désormais incontestable une semblable nécessité scientifique, à l’égard des.phéno- * mènes les plus complexes vque notre intelligence puisse explorer. Dans la simple histoire de la vieindividuelle, les biologistes ne se croient nullement dispenses de recourir «à l’analyse directe des âges, comme principal moyen d’exploration, quoique l’état primitif de l’organisée, combiné avec la nature propre du milieu correspondant, constitue, slins doute, la première causé’ générale de la suite des variations ultérieures. Par quelle étrange inconséquence sc croiraient- ils donc affranchis d’une telle 'obligation scientifique ,#à l’é-

-> Wf- ,

gard d’une évolution bien autrement compliquée* à la fois plus étendue et plus prolongée, à laquelle concourent, d’une manière de plus en plus intense et variée , les divers individus et surtout les

diverses générations? Aussi ces vaines tentatives

n’ont-elles jamais pu recevoir aucune exécution réelle, et n’ont-elles vraiment servi qu’à mieux manifester aujourd’hui l’évidente urgence de la régénération fondamentale des études sociales , ainsi poursuivie par tant de voies diverses. Mais, à l’état même de simple projet, elles sont déjà profondément nuisibles, en faisant disparaître entièrement, ou, ce qui est équivalent au fond, eu reléguant comme subalterne, la seule classe d’observations sur laquelle puisse véritablement reposer la science sociale , : quelques secours qu’elle doive emprunter à l^nsemble des sciences antérieures, et surtout à la biologie elle-même. Bien loin de pouvoir enfin élever , comme on ^suppose, le système des éludes sociales à un état vraiment positif, il est évident qu’une. telle aberration philosophique, en faisant directement méconnaîtrele développement continu de l’humanité, ou du moins en le réduisant à une progression peu caractérisée et vaguement définie, tend directement, en général, sauf quelques améliorations secondaires,' à prolonger l’enfance afeluellesfcdc la

Æfi. %

■f * Si*

philosoplvié politique. Le principal vice intellectuel de cette philosophie consiste aujourd’hui , ». comme nous l’avons reconnu, dans cet esprit absolu qu’elle fait présider à toutes les spéculations sociales. Or, un tel esprit est nécessairement maintenu par la vaine théorie que nous examinons, et qui , abstraction faite de tout état social déterminé, tend à subordonner directement toutes les considérations sociales à la conception absolue d’un type politique immuable, mieux défini sans doute que les types purement théologiques ou métaphysiques, mais aussi essentiel lemeut contraire au génie éminemment relatif de la vraie philoso-.. phie politique. La plupart des philosophes biologistes ont ainsi été involontairement conduits à cette funeste aberration pratique de regarder comme inhérens à la nature fondamentale de l’homme , et par suite comme indestructibles, des modifications sociales réellement passagères, pro- * près à un état déterminé du développement humain. On peut voir, par exemple , comment l’illustre Gall lui-même, malgré son éminente sagacité philosophique, dédaignant mal à propos les considérations sociales, pour n’employer que d’imparfaites notions physiologiques , d’ailleurs, déplacées, a été entraîné, au sujet de la guerre, à une sorte de déclamation scientifique, entière-

ment indigne de son génie, en voulant établir l’immobilité prétendue des tendances militaires de l’humanité, malgré l’ensemble des témoignages historiques, qui indiquent, au contraire, avec tant d’évidence, le décroissement graduel de l’esprit guerrier à mesure que le développement humain s’accomplit, décroissement d’ailleurs pleinement conforme au système mieux approfondi des lob fondamentales de notre nature. Tl serait aisé d’indiquer beaucoup d’autres cas analogues, plus ou moins prononcés, où la vicieuse prépondérance des considérations biologiques, et l’irrationnel dédain des notions historiques , ont pareillement conduit à méconnaître profondément la véritable évolution sociale, et à supposer une fixité chimérique à des dispositions essentiellement variables» Celte influence doublement nuisible, qui tend directement à détruire à la fois et la vraie conception philosophique de la science sociale et sa principale destination pratique, est surtout très marquée dans la plupart des théories relatives à l’éducation, presque toujours considérée ainsi, à la manière de la philosophie théologico-métaphysique, abstraction faite de l’état co-relatif de la civilisation humaine.

L’ensemble des explications précédentes, quoique très sommaires, me parait ne pouvoir laisser

aucun doute essentiel ni sur l’indispensable subordination fondamentale de la sociologie envers . la biologie, ni sur la notion radicalement fausse que les physiologistes s’eu forment aujourd’hui. Au lieu de constituer un simple appendice de la , biologie, la physique sociale doit être certainement conçue comme une science parfaitement distincte, directement fondée sur des bases qui lui sont propres, mais profondément rattachée, soit dans son point de départ , soit dans son déloppemenl couliuu, au système entier delà philosophie biologique. J’ai dû ci-dessus examiner surtout cette relation nécessaire sous le point de vue scientifique proprement dit, qui pouvait seul exiger une vraie discussion générale. Quant à la méthode, l’analogie logique des deux sciences est trop évidente pour qu’il faille ici spécialement insister sur l’irrécusable nécessité, de la part des sociologistes , de préparer d’abôrd leur intelligence par une élude convenablement approfondie des méthodes biologiques. Malgré l’imperfection actuelle de ces divers modes d’exploration, dont le caractère propre est jusqu’ici trop peu prononcé, c’est là seulement quç nous pouvons préalablement apprécier Je véritable esprit général qui doit diriger toutes les études quelconques relatives aux corps- vivons , et qui doif

nécessairement devenir encore plus prépondérant dans les études sociales. C’est uniquement ainsi que l’on pourra suffisamment rectifier les habitudes plus rigoureuses, mais trop étroites, que l’intelligence aurait d’abord contractées par une étude trop exclusive de la philosophie inorganique , quelle qu’en soit l’indispensable nécessité préliminaire. Rien ne saurait surtout dispenser d’étudier à une telle source la méthode comparative proprement dite, sur laquelle doit principalement reposer, en sociologie comme en biologie, l’exploration rationnelle, quoique suivant un mode très différent, suffisamment caractérisé par la leçon précédente. Enfin, la sociologie y devra pareillement emprunter à la biologie un principe philosophique très précieux, destiné à y devenir extrêmement usuel, et qui y recevra meme son plus entier développement scientifique : il s’agit de cette heureuse transformation positive du dogme des causes finales, qui constitue l’indispensable principe des conditions d’existence, directement apprécié au volume précédent. On sait que ce principe, résultat nécessaire de la distinction générale entre l’étatsla tique etl’élaldjfe* namique, appartient surtout à l’élude des corps vivans, où cette distinction est beaucoup plus prononcée qu’ailleurs, tt à laquelle en effet l’esprit

humain est surtout redevable de cette importante opération philosophique : c’est donc là seulement que la notion générale eu peut être aujourd’hui convenablement acquise. Mais, quelle que soit sa haute utilité directe dans l’étude de la vie individuelle , la science sociale doit en faire, par sa nature, une application encore plus étendue et plus essentielle. C’est en vertu de ce principe vraiment fondamental que, rapprochant directement l’une de l’autre les deux acceptions philosophiques du mot nécessaire (i), la nouvelle philosophie politique tendra spontanément, en ce qui concerne au moins toutes les dispositions sociales d’une haute importance, à représenter sans cesse

(i) Je ne puis m’abstenir, h cette occasion , d’indiquer ici sommairement la pensée générale d’un travail entièrement neuf snr la philosophie dn langage, dont l'exe'cuticn rationnelle, qui lie saurait m’appartenir, serait 1 mes yeux, d’une hante utilité permanente. Ce travail consisterait en une opération inverse de celle qu’on exécute habituellement h l’égard des synonymes proprement dits. Au lien de rapprocher . ainsi les mots divers qui ont des acceptions identiques ou fort analogues, je proposerais de composer une sorte de dictionnaire des équivoques, oit l’on comparerait, air contraire, les différentes acceptions fondamentales d’un terme unique. Le double sens du mot nécessaire , que je viens d’indiquer, me parait offrir un des exemples les mieux caractérises, soit de la nature de cette opération nouvelle, soit de l’heureuse influence que pourrait exercer son convenable accomplissement sur le développement graduel et l’extension universelle du véritable esprit philosophique. II ne faut pas croire, en effet , que celte confusion apparente puisse jamais cire accidentelle : on y doit, toujours voir le précieux et irrécusable témoignage d’une certaine coïncidence fonda-

comme inévitable ce qui se manifeste d’abord comme indispensable , et réciproquement. Il Faut qu’un tel esprit soit éminemment propre à la nature des éludes sociales, puisqu’on s’y trouve également amené par les voies philosophiques les plus opposées, ainsi que l’indique surtout ce bel aphorisme politique de l’illustre de Maistre ;■ Tout ce qui est nécessaire , existe.

Après avoir ainsi rationnellement établi l’indispensable subordination générale de la sociologie envers l’ensemble de la philosophie biologique , elle se trouve aussi, par cela seul, scientifiquement rattachée d’abord, par une relation indirecte, mais spontanée et inévitable, au système entier de la

mentale, admirablement «entic par la raison publique, entre les denx idées ainsi rapprochées. Si l'on ponvait, en chacun des cas principaux, remonter jusqu'à la première époque effective d'une telle modification du langage, il en résulterait, surtout pour les temps modernes, une source importante de nouveaux documens historiques surl’éducation progressive de la raison humaine. Enfin , un tel travail , exécuté aussi comparativement entre les diverses langues contemporaines, afin de recevoir tout son développement rationnel, donnerait lieu, sans doute, à de nouvelles et intéressantes remarques sur le caractère intellectuel des diffxirens peuples. Outre les connaissances philologiques spéciales qu'exigerait celte opération pliilosophiqne , elle devrait surtout être constamment dirigée, comme tont mode quelconqne d'exploration sociale, par une conception positive de la véritable murchç fondamentale de l’esprit humain et de la société, sans quoi elle ne contribuerait qu’à encombrer la science d’irrationnels matériaux, déjà trop multipliés : en sorte qu’un tel travail né saurait guère convenir aujoni d’hui à nos simples littérateurs, ni même à nos érudits.

philosophie inorganique , auquel nous savons déjà que la biologie est immédiatement liée. Telle est, en effet, la propriété capitale de la hiérarchie positive que nous avons organisée entre les différentes sciences fondamentales, qu’il suffirait rigoureusement, en chaque cas, d’y avoir convenablement motivé l’enchaînement le plus direct pour donner aussitôt le droit de déterminer la vraie position encyclopédique, sans aucun examen spécial des liaisons moins intimes. Mais, indépendamment de celte évidente subordination médiate, la physique sociale se rattache aussi de la manière la plus prononcée à l’ensemble de la philosophie inorganique par d’importantes relations propres et immédiates, dont j’ai ci-dessus indiqué le principe nécessaire, et qu’il s’agit maintenant de caractériser sommairement.

En premier lieu , cette philosophie peut seule convenablement analyser le système total des diverses conditions extérieures, chimiques , physiques et astronomiques, sous l’empire desquelles s’accomplit l’évolution sociale, et qui doivent surtout exercer une influence prépondérante pour déterminer, conjointement avec les conditions organiques, sa vitesse fondamentale. Comment pourrait-on concevoir rationnellement les phénomènes sociaux , sans avoir d’abord exactement

494 PHir.OSOPHIE POSITIVE.

apprécié, sous ces dinérens rapports essentiels, le milieu réel où ils se développent? L’harmonie générale qui doit toujours exister entre l’humanité civilisée et le théâtre de sa progression collective, dérive nécessairement du même principe philosophique que nous avons vu constituer directement le véritable esprit fondamental de la biologie proprement dite, quant à la co-relation permanente, à la fois inévitable et indispensable, entre la nature individuelle de tout être vivant et la constitution propre du milieu correspondant. Toutes les perturbations extérieures quelconques qui affecteraient l’existence indi viduellede l’homme ne sauraient manquer aussi d’altérer consécutivement son existence sociale ; et, réciproquement, celle-ci ne pourrait, sans doute, être gravement troublée par des modifications du milieu qui ne dérangeraient aucunement la première. En vertu de cette identité nécessaire, je puis donc ici, pour accélérer notre travail, me dispenser de reproduire spécialement l’appréciation méthodique de ces différentes conditions inorganiques de la vie sociale, qui d’ailleurs ne sont guère susceptibles de contestation sérieuse, aussitôt qu’on les soumet directement à un examen scientifique, dont le développement doit être renvoyé au Traité spécial de philosophie poli-

PHYSIQUE SOCIAr.E. 49^

tique déjà ci-dessus annoncé. Le volume précédent a suffisamment caractérisé ces diverses influences extérieures, en ce qui concerne la vie individuelle; je dois surtout renvoyer à la quarantième leçon, relativement aux conditions astronomiques, les plus méconnues de toutes, et celles néanmoins dont la prépondérance est la plus prononcée. J’ai fait voir alors que l’existence des corps vivans, et principalement l’existence humaine , était nécessairement subordonnée à l’ensemble des differentes données astronomiques, soit statiques, soit dynamiques, qui caractérisent notre planète, envisagée, quant à sa rotation journalière ou à sa circulation annuelle ; et j’ai signalé, en général, le genre d’influence biologique propre à chacune de ces conditions principales. Or, sans reproduire, sous un nouvel aspect, cette importante appréciation , que le lecteur transportera aisément au cas actuel , il est évident que, par cela même, de telles considérations doivent devenir pareillement indispensables à la conception rationnelle de l’ensemble des phénomènes sociaux. II en est également ainsi , d’après des motifs analogues , pour les conditions physiques proprement dites de l’existence individuelle,et par suite sociale, soit en ce qui concerne l’état thermométrique , l’état barométrique et hy-

grométrique, ou l’état électrique, etc., du milieu ambiant, et semblablement aussi à l’égard des conditions essentiellement chimiques relatives à la composition de l’atmosphère, à la nature des eaux, à celle des terrains, etc. Quelque intéressant que dut être, sans doute, un tableau méthodique du système très complexe des conditions inorganiques du développement social, son inévitable étendue ne permet aucunement de l’ébaucher ici. Mais un tel point de vue n’a besoin, ce me semble, que d’être distinctement signalé pour atteindre suffisamment le but propre de ce chapitre, en rendant irrécusable, d’après des aperçus spéciaux faciles à suppléer, la haute subordination directe de la sociologie positive envers l’ensemble de la philosophie inorganique. En renvoyant, à cet égard, aux indications suffisantes du volume précédent, je dois seulement signaler, en général, l’influence sociologique propre à ces diverses conditions extérieures comme étant nécessairement encore plus prononcée que leur influence purement biologique, quoique d’ailleurs essentiellement analogue. Cette intensité supérieure n’est ici, du pointde vue scientifique, qu’une suite naturelle de la prépondérance toujours croissante d’un tel ordre de conditions, à mesure que l’organisme se complique davantage, ou qu’on y

3RLv

te

% JSt

considère des phénomènes plus élevés : ce qui a lieu, au plus haut degré possible, d’une manière directe et continue , dans l’étude rationnelle des phénomènes sociaux , où l’on envisage immédiatement l’organisme le plus composé, et les plus éminentes manifestations. Il faut d’ailleurs noter, à ce sujet, coqjme tendant à développer plus complètement cette inévitable prépondérance, qu’un tel organisme est , en outre , regardé comme susceptible d’une durée en quelque sorte indéfinie, de manière à rendre sensibles des modifications graduelles que la brièveté de la vie individuelle ne permettrait point de manifester suffisamment. Lesicondition s astronomiques éprouvent surtout, avec une évidence plus prononcée, cet accroissement naturel d’influence, quand on passe du cas individuel au cas social. En reprenant, sous ce rapport, les diverses considérations indiquées dans la quarantième leçon , le lecteur reconnaîtra facilement que les différentes perturbations hypothétiques, soit statiques, soitdynamiques, quineseraient point poussées à un assez haut degré d’intensité pour affecter gravement l’existence individuelle, altéreraient, au contraire, profondément l’existence sociale, qui exige un concours bien plus parfait de circonstances favorables. Non-seulement, par exemple , il est évident que les dimensions propres

Page 1