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TOME VI. O

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surtout à faire mieux ressortir l’indication philosophique des effets les plus généraux de cette expansion fondamentale, à la fois symptôme et agent, direct ou indirect, de l’essor universel de l’industrie moderne. Pour en apprécier dignement l’action nécessaire, il faut ajouter aussi que, suivant la judicieuse remarque des principaur philosophes de l’école écossaise , l’influence s’en est fait pareillement sentir, et peut-être d’une manière encore plus heureuse, surtout pour l’Allemagne, dans les parties de la république européenne qui, par divers motifs, et principalement à raison de leur situation géographique, ont dû spécialement rester presque étrangères à l’ensemble du mouvement colonial.

Considéré maintenant dans sa principale 'diversité, ce mouvement a dû prendre nécessairement un caractère fort distinct, suivant qu’il a été dirigé par la politique monarchique et catholique ou par la dictature aristocratique et protestante , conformément à la division ci-dessus expliquée. Dans ce dernier cas, la nature du mode correspondant y a fait prédominer surtout l’activité individuelle, simplement secondée par l’égoïsme national, dont la systématisation croissante y fut souvent poussée jusqu’aux plus monstrueuses aberrations pratiques j comme l’indiquent, par

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exemple , les destructions méthodiques que l’avidité hollandaise exerça si longtemps sur les productions trop universelles de l’archipel «équatorial. Quant au premier cas, dont l’appréciation ordinaire est beaucoup moins satisfaisante, j’y dois principalement signaler ici le caractère, bien plus politique qu’industriel, que présente, à mes yeux, sa plus vaste réalisation. Or, en considérant l’ensemble du système colonial de l’Espagne et même du Portugal (i) , si different de celui de la Hol-

(i) La comparaison generale de ces deox grandes colonisations catholiques a donné lien, de la part de l'illnstre de Maistre, & une très belle obseiration historique snr le contraste mémorable que présente l'absence prolongée de tout profond conflit colonial entre deux nations anssi naturellement rivales, avec l’acharnement continu des nations protestantes an snjct de colonies beaucoup moins précienses. Mais les préoccupations systématiques de cct éminent philosophe l’ont conduit è faire trop exclnsivement dépendre cette incontestable différence de l’heureuse influence du catholicisme pour contenir d’imminentes animosités, d’après le principe d’équitable répartition coloniale, entre les deox populations de la péninsule ibérique, judicieusement posé par la célèbre bnlle d’Alexandre VI. Sans méconnaître l’importance réelle d’une telle explication, qoe j’ai moi-raéme citée autrefois, je pense qu’elle est défeetneuse en ce sens qu’on y néglige totalement une canse générale, beaucoup pins puissante il mon gré, dérivée du système politique caractérisé dans le texte. C’est surtout , i mes yeux , parce que la colonisation n’avait point, en ce cas, une destination essentiellement industrielle, que ces conflits ont pu être évités d’après la commune prépondérance de la politique rétrograde, dont les intérêts identiques devaient habitnellement absorber les motifs secondaires de rivalité nationale, quand d’ailleurs ces motifs devaient être natnrcllemcnt atté-

lande et de l’Angleterre, on y reconnaît d’abord, avec une pleine évidence, la profonde concentration systématique propre à la nature, monarchique et catholique, du pouvoir dirigeant. Mais, par un examen mieux approfondi, on trouve, ce me semble, que ce système fut surtout conçu comme un indispensable complément de la politique hautement rétrograde alors organisée parla royauté espagnole, comme je l’ai expliqué au chapitre précédent; car il ofirait habituellement à une telle politique la double propriété essentielle d’accorder à la noblesse et au sacerdoce une large satisfaction personnelle, et d’ouvrir une issue capitale à un essor industriel dont l’inquiète activité intérieure s’était déjà montrée hostile au régime correspondant, qui, malgré ses précautions solennelles contre toute émancipation sociale, n’aurait pu certainement conserver si longtemps une déplorable consistance, s’il n’avait présenté, au,\ diverses classes actives, une semblable compensation normale : en sorte que, comme quelques

nnù par l’immensite du champ ainsi respectivement ouvert & l’expansion coloniale des deux populations. Le catholicisme n’aurait alors exercé, à cet égard, d’inllnence fondamentale, que comme principale hase nécessaire d’nne telle politique, indépendamment de tont respect spécial pour ancniie décision papale.

philosophes l’onl soupçonné, U n’est guère douteux que, pour cette énergique nation, l’expansion coloniale n’ait finalement contribué à ralentir gravement l’évolution fondamentale.

Je ne crois pas devoir terminer une telle indication, sans fournir ici ma sincère participation spéciale à l’unanime réprobation philosophique que devra toujours mériter la monstrueuse aberration sociale par laquelle l’avidité européenne ternit alors le légitime éclat de ce grand mouvement. Trois siècles après l’entière émancipation personnelle, le catholicisme en décadence est conduit à sanctionner, et même à provoquer, nonseulement l’extermination primitive de races entières, mais surtout l’institution permanente d’un esclavage infiniment plus dangereux que celui dont il avait si noblement concouru à réaliser l’abolition totale. En établissant, surtout au cinquante-troisième chapitre, la vraie théorie sociologique de l’esclavage, envisagé, soit comme base normale du premier régime politique, soit comme indispensable condition de l’ensemble du développement humain, j’ai déjà sulfisamment flétrj d’avance cette honteuse anomalie, en montrant spécialement, à ce sujet, que les institutions convenables à la sociabilité militaire devaient être antipathiques à la sociabilité industrielle, nécesr

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sairemenl fondée sur l’affranchissement universel; et dans laquelle, au contraire, l’esclavage colonial tendait alors à introduire une situation paiement dégradante pour le maître et pour le sujet, dont l’activité homogène devait être, en général , pareillement énervée, tandis que, chez les anciens, la diverse nature des destinations avait comporté, et même excité, à un certain degré, la simultanéité d’essor. La réaction nécessaire de cette immense aberration, malgré son application lointaine, sur les parties correspondantes de la population européenne, devait y favoriser indirectement l’esprit de rétrogradation ou d’immobilité sociale, en y interdisant l’entière extension philosophique des généreux principes élémentaires propres à l’évolution moderne; puisque leurs plus actifs défenseurs se sont ainsi fréquemment trouvés, contradictoirement à de fastueuses démonstratiops philanthropiques, personnellement intéressés au maintien de la plus oppressive politique. Sous ce rapport, les nations protestantes devaient être encore plus vicieusement affectées que les peuples catholiques, où l’action sacerdotale, quoique très affaiblie, a noblement tenté de réparer, par une utile intervention journalière, sa déplorable participation primitive à une telle monstruosité sociale; pendant que, dans les colonies protestantes.

l’anarchie spirituelle légalement consacrée devait habituellement laisser un libre cours à l’oppression privée, sauf l’inerte opposition de quelques vains réglemens temporels, ordinairement formés, ou du moins appliqués, par les oppresseurs euxmêmes. Relativement à cette commune anomalie européenne, j’aime â noter ici que la France eut, dès l’origine, le bonheur de trouver la situation la moins défavorable, parmi les puissances coloniales: ayant pris au mouvement de colonisation une assez grande part directe pour en retirer continuellement une importante stimulation industrielle, sans s’y être toutefois assez engagée pour en faire essentiellement dépendre son essor pratique ; évitant aiiisi que son avenir social pût jamais être gravement entravé par l’influence rétrograde nécessairement émanée de cette désastreuse institution (i), dont les avides promoteurs devaient par

(i) UnspifcieDX protélytiime social, le plus souvent aveugle, et presque toujours indiscret, a fre'quetuincot tendu, surtout de nos jours , lors même qu’il c'tait pleinement sincère, h faire gravement méconnaître, è cet égard, l’ensemble des influences réelles, en représentant celte odieuse inslilntion et l’infâme trafic correspondant comme une source d’améliorations eflèctives' pour la malhenrensc race qui en était l’objet, et dont la situation spontanée paraissait encore plus déplorable que la condition nouvelle oit elle était ainsi transportée artificiellement. Ce cas constitue, cerné semble, le premier exemple capital de l’active application d’un sophisme très dangereux qui , fondé sur une entière igno-

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là recevoir ultérieurement la juste punition natut Tellement dérivée, à cet égard, de l’ensemble des lois fondamentales propres à la sociabilité humaine.

Pour compléter ici l’appréciation fondamentale de l’évolution industrielle, il ne nous reste donc plus qu’à considérer maintenant sa nouvelle marche générale pendant la troisième phase préparatoire de la société moderne, depuLs l’expul-r sion légale des calvinistes français et le triomphe

rance âes lois fondamentales propres k 1a succession, nécessairement fp-aduelle, des diverses phases essentielles de la sociabilité hnmaioe, peut devenir, chez les modernes, nn principe habituel de pemicienses perlarbaliona.en conduisant k dénaturer profondément, par une irrationnelle intervention violente, la marche originale des civilisations arriérées. On peut dire, en effet , que, par suite de sa spontanéité, l’esclavage indigène auquel on soustrait ainsi les nègres constitue, dans leur état social, une situation vraiment suscepiible de devenir progresr vive pour les vainqueurs et les vaincus , comme elle le fut dans l’antiqnitéj tandis que, par une telle transplantation factice, malgré les améliorations individuelles dont elle semble accompagnée , nn altère, de la manière la plus funeste, la progression naturelle de ces populations africaines. Ces phénomènes sont trop compliqués, et les lois en sont trop peu connues encore, pour qu'il puisse déjà convenir h l'élite de l’humanité de s'efforcer, par une sage intervention active, de hUter réellement l’évolution spontanée des races les moins avancées, sans y déterminer artificicllementdes perturbations beanconpplns dangerenses que les vices mêmes auxquels nn zèle irréfléchi voudrait apporter nn remède inopportun et illusoire. A l’avenir seul pourra dignement apjiai tenir cette noble mission, d'après une sufEsante réalisation européenne de notre régénération mentale et sociale , comme je l’indiquerai directement an chapitre suivant.

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politique de l’aristocratie anglicane, jusqu’au dé<but de la révolution française ; période déjà caractérisée, dans la progression négative du chapitre précédent, par l’ascendant croissant du déisme proprement dit, dernière suite nécessaire du protestantisme antérieur. Or, l’ensemble de cette époque, d’après une judicieuse comparaison historique entre le mouvement de décomposition politique et le mouvement correspondant de recomposition élémentaire, confirme encore, avec une pleine évidence , l’exactitude de notre théorie sur leur systématisation toujours simultanée, si clairement établie envers la phase que nous venons d’examiner. Car, tandis que le mouvement révolutionnaire se subordonnait alors graduellement à une philosophie négative plus directe et plus complète, le mouvement organique éprouvait une semblable transformation , en vertu d’un notable progrès européen dans la régularisation politique de l’essor industriel , commencée pendant l’époque précédente. Sous la seconde phase, nous avons vu l’industrie devenir partout l’objet permanent d’actifs encouragemens systématiques, mais seulement comme base de la supériorité guerrière qui restait toujours le but principal de la politique , sans que la prédilection croissante des populations modernes pour la vie industrielle pût

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encore se propager jusqu’à des pouvoirs essentiellement militaires. Mais, aux temps plus avancés dont nous commençons l’appréciation , cette connexité, désormais consacrée, subit peu à peu une inversion très remarquable , qu’on doit regarder comme le plus grand progrès qui pût être, à cet égard, compatible avec la nature du régime ancien, et au-delà duquel il est impossible de rien réaliser autrement que par l’avénement direct de la réorganisation finale; ce qui confirme clairement que cetle troisième phase constitue, sous ce rapport, l’extrême préparation temporelle imposée aux sociétés modernes d’après la loi fondamentale de l’évolution humaine. Alors commence, en eflfet, une dernière série militaire, celle des guerres commerciales, où, par une tendance, d’abord spontanée et bientôt systématique, l’esprit guerrier, pour se conserver une active destination permanente, se subordonne de plus en plus à l’esprit industriel , auparavant si subalterne, et tente de s’incorporer désormais intimement à la nouvelle économie sociale, en manifestant son aptitude spéciale, soit à conquérir, pour chaque peuple, d’utiles établissemens , soit à détruire à son profit les principales sources d’une dangereuse concurrence étrangère. Malgré les déplorables luttes .suscitées par une telle politique entre les

divers ëlémens essentiels de la grande république européenne, elle n’en doit pas moins être primitivement envisagée, dans son ensemble, comme un véritable progrès, en tant que double témoignage irrécusable de la décadence naturelle de l’activité militaire et de la prépondérance décisive de l’activité industrielle, ainsi nécessairement proclamée, dans l’ordre temporel , à la fois le principe et le but de la civilisation moderne. Or, tel fut certainement, pendant la majeure partie de cette seconde phase, le nouveau caractère de la politique active, soit que la dictature temporelle qui la dirigeait fût monarchique et catholique, ou bien aristocratique et protestante, suivant notre distinction ordinaire. Cette importante transformation était déjà très sensible dans les grandes guerres européennes qui ont lié le commencement de la phase déiste à celui de la phase protestante : quoique, d’après les explications ducha pitre précédent, elles se rapportassent encore principalement à l’antagonisme universel entre le catholicisme et le protestantisme, les vues industrielles y exercèrent évidemment une grande influence pratique. Toutefois , c’est seulement au xvni* siècle que cette subordination nouvelle de l’action militaire à l’essor industriel est devenue pleinement décisive dans presque toute l’étendue de l’occident euro-

péen : le système colonial , fondé sous la phase précédente, a dû être d’ailleurs la source la plus puissante d’un tel ordre de conflits.

Notre distinction fondamentale entre les deux systèmes de politique industrielle correspondans aux deux modes essentiels de dictature temporelle, trouve encore, à cet égard, une large et indispensable application naturelle. Malgré les efforts évidens et prolongés de la royauté pour imprimer à la politique française ce nouveau caractère, il ne pouvait jamais y acquérir une profonde consistance, soit eu vertu des obstacles spéciaux que la situation de la France, au centre de la république occidentale , devait opposer à la prépondérance de l’égoïsme national que suppose ou qu’exige une telle conduite ; soit d’après le généreux instinct de sociabilité universelle propre à celte population , en vertu des mœurs résultées, depuis Charlemagne, de l’ensemble de ses antécédens; soit par l’influence plus générale de l’esprit catholique, encore actif chez les rois, et directement contraire à cet audacieux isolement mercantile qui poussait activement à la dissolution violente de l’organisme européen ; soit enûn à raison de l’ascendant mental qu’obtenait alors une philosophie purement négative mais nécessairement cosmopolite, au sein des populations immé-

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iliatement passées du catholicisme aux doctrines pleinement révolutionnaires , en évitant heureusement la halte protestante , comme on l’a vu au chapitre précédent. Par le simple renversement de tous ces divers motifs essentiels, on concevra aisément pourquoi cette nouvelle politique industrielle a dû recevoir en Angleterre son principal développement systématique, sous l’active direction permanente d’une dictature aristocratique , naturellement plus propre qu’aucune dictature monarchique à la persévérante continuité d’habiles efforts partiels indispensable aux succès soutenu d’une telle conduite nationale, spécialement en vertu de l’intime solidarité antérieure qui liait directement les intérêts matériels et moraux de cette caste avec l’essor de plus en plus étendu des classes laborieuses placées sous son antique patronage. Quelle que soit aujourd’hui l’exorbitante prépondérance du point de vue purement temporel , les autres nations européennes ne devraient certes nullement regretter la supériorité provisoire que devait'ainsi offrir, depuis le siècle dernier, la prospérité d’un peuple nécessairement unique, au risque d’entraver ensuite profondément tout son avenir social ; soit en y prolongeant inévitablement la prépondérance du régime militaire et théologique, dangereusement incorporé dès-lors

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à son évolution industrielle ; soit surtout en ten> dant à exercer sur lui-mén^ une plus grande dépravation morale, par un plus libre ascendant continu d’une insatiable cupidité, et par une plus pernicieuse compression de toute généreuse sympathie nationale.

' Après avoir suffisamment caractérisé la haute importance systématique que, pendant cette troisième phase, la politique industrielle acquiert chez tous les peuples européens, il Faut apprécier aussi le développement simultané de l’organisation intérieure correspondante.

Dés l’origine de cette période , la prééminence spontanée de la vie industrielle devenait déjà très sensible parmi tous les rangs sociaux , par la prédilection croissante que manifestaient partout les hommes les plus actifs et les plus énergiques pour un mode d’existence qui s’adapte si bien à l’infinie variété des inclinations humaines. En sens inverse de la répartition primitive des professions, la carrière militaire tendit alors de plus en plus, surtout chez les classes inférieures, à devenir le refuge des natures les moins pourvues d’aptitude ou de persévérance. Pendant la seconde des quatre générations qui composent cette phase, le mémorable mouvement occasionné, en France, par les opérations de la banque de Law, vinthau-

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tement dévoiler que la cupidité tant reprochée au nouvel élément temporel , loin de loi être exclusivement propre , caractérisait désormais , avec non moins d’énergie, une caste dont le superbe dédain pour la vie industrielle ne prouvait plus réellement que son incurable aversion du travail régulier. Dès lors une expérience continue a de plus en plus témoigné, chez toutes les nations catholiques , où la dictature temporelle avait dû être essentiellement monarchique, que, depuis son asservissement total envers la royauté, si peu honorablement subi dès le début de cette époque, comme Je l’ai expliqué au chapitre précédent, la noblesse avait aussi perdu irrévocablement, en général, jusqu’à cette supériorité de sentimens sociaux et d’éducation morale qui lui avait encore conservé, sous la phase précédente, une haute utilité indirecte, à titre de type spontané, même après la cessation de sa principale activité militaire, devenue essentiellement perturbatrice : cet oubli simultané de sa dignité et de ses devoirs ne pouvait d’ailleurs être aucunement compensé par son active participation spéciale à la propagation ultérieure de la philosophie négative. Cette dégradation devait être alors nécessairement beaucoup moindre dans les pays protestans, et principalement en Angleterre , où , par la nature aristocra-

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tique de la dictature temporelle , la noblesse , activement incorporée au mouvement industriel, gardait une prépondérance politique susceptible de contrebalancer, et surtout de dissimuler, sa propre dégénération morale , sans que son véritable esprit y fût resté, au fond, plus généreux, et quoiqu’il dût même être, à certains égards, plus altéré par une hypocrisie systématique, profondément inhérente, suivant nos explications antérieures, à son système général de gouvernement, bien plus habile , mais non moins rétrograde , que celui de la royauté. Néanmoins, cet ascendant prolongé de l’aristocratie, malgré sa tendance nécessaire à retarder spécialement une vraie réorganisation sociale , devait alors utilement influer sur une plus parfaite élaboration des mœurs industrielles, ailleurs dépourvues désormais de toute direction supérieure avant que leur développement spontané y pût être encore suffisamment avancé.

Pendant qu’elle étendait ainsi sa prépondérance sociale, l’industrie moderne complétait aussi son organisation élémentaire par un double essor intérieur qu’il importe ici de caractériser sommairement. D’une part, on voit alors se développer partout le système de crédit public, que nous avons vu ébauché, sous la première phase, par les cités italiennes et même anséatiques , mais qui

ue pouvait acquérir une haute importance que quand l’essor industriel aurait été, dans les principaux états, intimement Hé, d’abord comme moyen, et surtout ensuite comme but, à l’ensem»ble delà politique européenne. Quoiqu’un tel .système, déjà établi en Hollande, et alors plus étendu encore en Angleterre, n’ait pu produire que de nos jours ses plus puissans elTets, j’en devais cependant signaler ici la première extension décisive. Car, par la formation spontanée des grandes compagnies financières, il en est immédiatement résulté l’installation définitive de la classe des banquiers à la tête de la hiérarchie industrielle, en vertu de la généralité supérieure de ses vues habituelles, conformément au principe de classement posé au début de ce chapitre. Malgré qu’il eût historiquement commencé l’évolution élémentaire , cet ordre de commerçans n’était point encore convenablement incorporé à l’ensemble de l’économie industrielle : aussi son avènement à la vraie situation générale convenable à sa nature, doit être regardé comme ayant procuré à un tel organisme un complément indispensable, puisque cet élément y est spécialement destiné à lier plus intimement tous les autres, par l’universalité spontanée de son action propre et directe, ainsi que je l’expliquerai directement au chapitre suivant.

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