VIII PREFACE DES EDITEURS
dans l'âge mûr», cette précocité, disons-nous, jointe à un surmenage intellectuel excessif, a de funestes effets, el pendant une quinzaine de jours, Comte, par suite d'une crise d'anémie cérébrale, que des disciples dissidents qualifieront plus tard de crise d'aliénation mentale, est dans la nécessité de garder la chambre. Ce ne seia d'ailleurs pas la derrière crise de ce genre et, vingt ans plus tard, deux nouvelles atteintes de très courte durée permettront à certains de ses disciples d'établir une distinction entre le positivisme et ce qu'ils nommeront le « Comtisme ».
Vers 1828, il reprend ses cours et ses travaux. Dans le premier semestre de i83o, il écrit le premier volume de son Cours de philosophie positive, consacré aux préliminaires généraux de sa philosophie et à la philosophie mathématique. Cette œuvre admirable, qui devait rallier les suffrages des plus grands savants français et étrangers, fut régulièrement continuée et publiée en six volumes, de i83o à 1842. Ce monument devait rester son œuvre capitale.
Entre temps, en i832, il était nommé répétiteur à l'École polytechnique et examinateur, en 1837. Mais ses ressources étaient très limitées et il dut également donner des leçons de mathématiques à l'institution La ville.
C'est au milieu de ces difficultés d'ordre matériel et de ses dissentiments conjugaux que Comte trouva néanmoins la liberté d'esprit nécessaire à l'élaboration du Cours de philosophie positive. En même temps, il fait un cours gratuit d astronomie dans une mairie de Paris qu'il publiera en 1844 sous le titre Traité philosophique d'astronomie populaire C'est vers cette époque qu'il se sépara définitivement de sa femme. L'année suivante, ses fonctions de répétiteur et d'examinateur à l'École polytechnique lui furent retirées, et toutes les démarches qu'il tenta pour les recouvrer demeurèrent vaines. Il publiait à ce moment un Traité élémentaire de géométrie à trois dimensions et un Discours sur l'esprit positif