Ce qu'est le Traditionalisme ; ce qu'il faut en penser
Le TrddilioualiHme est l'erreur de ceux qui admettent />o?fr critère suprthne de certitude une révélation faite primitivement par Dieu et transmise par le témoignage, en un mot, la tradition. C'est pour ainsi dire une synthèse du fidéisme et du mennésianisme : deux systèmes qui, en effet, ont poussé jusqu'à leurs dernières limites les principes du traditionalisme.
Il y a d'autres traditionalistes qui l'ont quelque peu mitigé : ils ne disent pas que la raison humaine est impuissante dans tous les cas. — Les uns disent que la tradition est nécessaire pour connaître les vérités métaphysiques et morales, mais non les vérités naturelles. — Presque tous les autres, avec le P. Ventura, prétendent que la raison est capable de démontrer la vérité, non de la découvrir.
Thèse La tradition n'est pas l'unique moyen de découvrir la vérité.
Preuve. — L'affirmation contraire du Traditidnalisme repose sur un fondement faux et se contredit doublement.
A. — Son fondement est faux. — D'après le Traditionalisme, l'homme ne peut penser sans langage : « L'homme pense sa parole avant de parler sa pensée » dit de Bonald. Or c'est là une erreur qui sera réfutée en Anthropologie.
B. — Le Traditionalisme se contredit doublement. — En effet : 1° d'après le plus grand nombre de ses partisans la raison peut atteindre par elle-même les vérités d'ordres purement naturel et physique ; or les vérités d'ordve métaphysique ne sont pas pour l'intellect un objet foruiejleuient différent du premier; la raison pourra donc trouver toutes les vérités, ou n'en pourra découvrir aucune.
2" D'après les mêmes adversaires, la raison peut démontrer les vérités une fois découvertes, mais la démonstration ellemême implique recherche de la vérité. Cette recherche se fait par le syllogisme, qui est aussi un moyen de découverte (n. 227). C'est donc en vain que le traditionalisme voudrait circonscrire la puissance de la raison sur le terrain de la démonstration.
ARTICLE II
Réduction des Critères Iiiiri/isèques.
Parmi les trois instruments qui concourent du coté du sujet, à former nos connaissances : les sens, l'inteUect. la nature, les uns ont choisi la perception sensible, d'autres la perception de l'intellect, d'autres enfin l'instinct de la nature, pour critère unique de vérité.