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Scolie général sur la règle suprême de vérité

Jusqu'ici nous avons traité de l'évidence ou suprême motif ûg certitude (n. 194-198), puis des instruments ou critères qui apportent la vérité ;i l'intellect (n. 109-225). Or, parmi ces instruments (sens externes ou internes, intellect, témoignage humain ou divin) il est clair que c'est l'intellect qui les met tous en œuvre et qui en est \ejuge suprême. D'autre part, aucun de ses jugements ne serait possible ni valable sans le principe de contradiction, sans lequel on ne peut rien affirmer ni rien nier(n. 41-43). En ce sens, on a pu appeler ce premier principe, condition première, critérium sine quo non{n. 198), ou règle suprême de la vérité.

Mais ce serait une grave exagération, commune à plusieurs contemporains, d'en faire soit un motif suprême, soit un instrument ou une source de toute vérité.

1. Ce n'est pas un motif suprême, qui puisse remplacer l'évidence. Car : a) nous n'admettons ce principe lui-même que par le motif de son évidence.

b) Les vérités contingentes, comme l'existence du monde, ne sont pas admises à cause du principe de contradiction, mais à cause de leur évidence propre.

c) La non-contradiction ne sufflt pas à montrer qu'une chose est vraie ; et l'accord de nos idées entre elles, si elles sont fausses, conduit à de nouvelles erreurs, bien loin de nous en délivrer.

2. Ce principe n'est pas davantage un instrument de découverte pour

(le nouvelles connaissances, ni un réservoir d'où le raisonnement suffirait ;i les tirer. Il ne contient aucune vérité nécessaire, encore moins aucune vérité contingente. Il n'est tju'un moule vide où ne peut entrer que la vérité, une règle qui ne peut mesurer que la vérité. Comme l'a très bien flit Balmès, ce premier principe ne désigne pas « une vérité unique origine de toutes les autres... source d'où partent les mille canaux qui lertilisent l'intelligence ; mais un point d'appui qui doit porter sans faiblir le poids d'un monde ».

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