‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 113 sur 291 · A plus forte raison le positivisme est-il faux.— C'est · texte numérisé non relu

A plus forte raison le positivisme est-il faux.— C'est

on clFet, un enipirisme exagéré. Il t'uut en critiquer :

1. La métftode. — Le positivisme n'en veut pas (l'autre que l'empirisme. La sfience pour lui est renfermée dans les limites des faits.

2. Le fondement. — Nous ne pouvons, dans ce système, connaître que les faits sensibles ; les vérités métaphysiques et nécessaires ne sont que des illusions de l'esprit.

3. L'objet.— Des faits contingents, leur ordre et leur classification, voilà, au dire des positivistes, tout l'objet des sciences et de nos connaissances.

4. Les facultés cognitives, — Elles se réduisent aux sens, qui ne sont eux-mêmes qu'une disposition des nerfs, une organisation du cerveau. Les mots faculté, capacité, pouvoir sont des groupes de faits d'espèces différentes, qui ne supposent aucune substance.

5. Les éléments de connaissance. — Pour les positivistes, les idées se réduisent à des signes, à des images et à des sensations. Ainsi, d'après M. Taine : « nos idées les plus abstraites, étant des signes, se réduisent a des images, nos images elles-mêmes sont des sensations renaissantes, partant notre pensée tout entière se réduit à des sensations »,

6. Les bornes de la connaissance. — Les substances et les causes soit matérielles, soit spirituelles, ne sont que des illusions. Le moilui-même n'est qu'une « illusion métaphysique ». Les seuls objets connaissables sont les faits ou phénomènes sensibles.

T. Le critère du positivisitie. — Le critère de la science est tout entier pour le positivisme dans la vérification. Le cerveau ou faculté cognitive a des sensations, des hallucinations vraies ou fausses ; c'est la vérification expérimentale de ces faits, qui doit venir aussitôt après, qui nous donnera la connaissance des phénomènes vrais.

Le positivisme ne diffère donc pas beaucoup du matérialisme, si toutefois il en diffère.

Thèse m

393. La vraie méthode 11 est ni jnirenient éclectique, ni rigoureusement systématique, mais intermédiaire entre les deux. L'éclectisme (sz^E-yw, je fais un choix) est une méthode philosophique qui cherche à fondre ensemble les vérités êparses dans les divers systèmes, quels qu'en soient les auteurs. La méthode systématique, au contraire, est celle qui s' attache exclusivement aux opinions d'un maître, même aux moins probables, tant qu'elles ne sont pas reconnues pour fausses. Or la vraie méthode n'est ni l'une ni l'autre.

L — QaQ n'e%i j)?i^V éclectisme pur, qui est un système incomplet et même très dangereux :

1° Il est incomplet. Pour faire un choix, il faut un instrument ; cet instrument, ce sont les principes philosophiques que l'éclectisme ne donne pas. — D'ailleurs cette méthode est purement historique : elle recueille les anciennes opinions des auteurs, sans fournir le moyen d'en trouver de nouvelles : elle suppose que tout est découvert. Or il est bien évident que la philosophie ne saurait se réduire à l'histoire.

2° Il est très dangereux. De même qu'un pilote sans boussole et sans rames est ballotté par les îlots de l'Océan, ainsi le philosophe, qui manque des vrais principes de solution, est ballotté par le flux et le reflux des diverses opinions. Aussi, l'histoire est là pour le prouver, ceux qui ont fait profession d'éclectisme pur, n'ont rien construit de durable ; ils sont tombés dans une foule d'erreurs, ou bien, après avoir accumulé les doutes, ils ont sombré dans le scepticisme ou la licence de la pensée.

II. — Ce n'est pas la méthode rigoureusement systématique. La vraie méthode ne doit pas gêner dans le philosophe l'amonr sincère de la vérité, ni empêcher l'évolution de la science. Or celui qui s'attache exclusivement aux opinions d'un maître, si bon soit-il, comme à un roc inébranlable, ne garde pas assez de liberté d'esprit pour accepter la vérité partout où il la trouve, ni pour écouter avec bienveillance les sentiments contraires d'un autre maître ou d'une autre école. Certes, ce ne sont ni les Saints Pères, ni S. Thomas, ni les autres grands docteurs

do l'Ecolo, qui auraient poussé leur admiration d'Aristoto ou de Platon, jusqu'à répél(>r sans discussion, comme des écoliers, à l'exemple de certains esprits systématiques, les opinions de ces grands maîtres.

Aussi le philosophe chrétien marchera-t-ll entre ces deux excès. D'une part, pour éviter les écueils de l'éclectisme, suivant le conseil de Léon XIII, il prendra pour guide et pour maître le docteur Angéli([ue et recevra en général ses théojies, dès qu'il aura compris leur évidente supériorité ; d'autre part, pour ne pas se laisser soupçonner d'entêtement, il sera prêt à s'en écarter sur des questions secondaires, qui semblent moins bien prouvées.

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