POINT
43. La posaihilité in/rinsèf/ite des choses ne dépend pas de l'intellect huma in.
Celte assertion vise les conceptualisles contemporains, (jui, à la suite (le Reid et de Kant, enseignent (|ue les possibles ne sont autre chose que des (^tres de raison. Ce point accordé, rien ne serait en soi et objectivement possible ou impossible. La possibilité dépendrait de notre intelligence, et la voie se trouverait ouverli^ à l'idéalisme.
Preuve. — Un être ne saurait dépendre de l'intellect humain, s'il lui est antéi'ieur, s'il en est indé|)endant, s'il le mesure. Or ce triple caractènî appartient à l'être possible. En effet : — a) Avant la création des intelligences, tout était possible, à commencer par ces intelligences elles-mêmes. — b) hn possibilité des choses, par ex., du cercle rond, est si indépendante de rintellect, qu'elle demeure en dépit de ses dénégations. — c) De fait, l'intelligence ne mesure pas l'objet, mais elle est mesurée par lui.
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43. La possibilité intrinsèque des choses ne dépend pas de la puissance divine.
La thèse contraire est soutenue par Guillaume Occam et un grand nombre de nominalistes. A leur avis, la possibilité intrinsèque dépend de la toute-puissance de Dieu ; une chose serait donc possible parce que Dieu pourrait la faire ; mais cette opinion est fausse pour deux raisons:
1° Elle renferme un cercle vicieux. « Si l'on prétend, dit S. Thomas, cpie Dieu est tout-puissant, parce qu'il peut accomplir tout ce qui est en son pouvoir, on fait un cercle vicieux dans l'explication de sa toute-puissance ; cela revient à dire que Dieu est tout-puissant, parce qu'il peut tout ce qu'il peut. Il faut donc affirmer cpie la loule-puissance divine consiste à pouvoir tout ce cpii est possible absolument. »
2° Elle introduit des limites dans l'être divin. Si l'on appelle possible ce que Dieu peut faire, on qualifiera d'impossible ce
qu'il sera impuissant à accomplir. Et ainsi la puissance cl(! Dieu se trouvera bornée.