‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 146 sur 291 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

LA BONTÉ TRANSCENDENT ALE DE l'ÈTRE.

Lo défaut de bonté, c'est le mal : de là nos deux articles : I, de la Bonté ; II. du Mal.

ARTICLE I

La lionU'.

65. Nature de la bonté : ses espèces. — A. — La bonté d'un être est cvtle coiwenance on aptitude qui peut le faire dé~ sirer et recherche)' par la rolonté.

Cette définition iudique le fondement objectif et essentiel de la bonté, sa nature formelle ou spécifique et ses effets. — 1° Considérée dans les objets, la bonté est cette harmonie ou cette convenance fondamentale, par laquelle une chose se trouve adaptée à sa fin ou à la fin d'une autre, en sorte qu'elle est bonne à quelque chose, soit pour elle-même, soit pour cette autre. — 2° Une telle aptitude excite le désir, le meut et l'attire ; elle se distingue donc spécifiquement et formellement de la vérité, qui a rapport à la faculté cognitive. — 3° La bonté, en tant qu'elle attire la volonté, engendre l'amour, tandis que, au contraire, le vrai engendre la connaissance.

B. — Il y a de nombreuses sortes de bontés : i° Au point de vue de son objet, la bonté, en tant qu'attribut transcendental de tous les êtres, se nomme métaphysique ; si on la considère comme propriété particulière de tel objet déterminé, elle reçoit la qualiflcation de physique et de naturelle ; lorsqu'enfln la bonté excite un attrait conforme à la règle des mœurs, son caractère devient moral.

2° Au point de vue de sa vérité, il est important de distinguer la bonté véritable de la bonté apparente. La bonté véritable appartient à tout ce qui est bon non seulement aux yeux de l'opinion, mais dans la réalité, p. ex. : l'amour de Dieu ; la bonté apparente, au contraire, trompe fréquemment les hommes, en leur faisant paraître bon ce qui ne l'est pas en réalité, par ex. : la volupté.

3° Au point de vue de la fin, la bonté se divise plus utilement et plus couramment encore en honnête, utile et délectable. Une chose bonne en elle-même et désirée pour elle-même se nomme d'ordinaire l'honnête : telle est la vertu. L'objet recherché, non pour lui-même, mais

SECONDE PARTIE, PROPRIÉTÉS DE l'ÈTRE 287

comme movL'n adapté à robtenlioii d'une fin, c'est l'utile ; ainsi une médecine est bonne pour la santé. Enlin, la bonté à laquelle un aspire, en vue du repos ou de la jouissance qui y sont attachés, c'est le délectable, dont la félicité des saints fiiurnit un exemple.

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