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PROPRIÉTÉS TRÈS GÉNÉRALES DE l'ÈTRE.

Les propriétés très générales de l'être ont leur fondement dans les propriétés transcenden taies, dont elles ne sont que des évolutions ou des degrés ; aussi peuvent-elles faire défaut à certains êtres ; pourtant, comme elles accompagnent très souvent les propriétés transcendentales, on a raison de les dire très générales. Ces propriétés de l'être sont au nombre de trois : l'ordre qiù suppose Vunitè, la beauté qui tient à la vérité^ la perfection qui se rattache à la bonté. Il en sera question dans les trois chapitres qui suivent.

G1IAPITP.E PREMIER

•^O. Nature de l'ordre : ses espèces. — A. — L'ordre est une disposition assignant à un certain, jumibre d'éléments semblables ou disparates des places convenables en vue d'une commune fin à réaliser.

1. C'est une dispositidu d'éléments semblables ou. disparates., car l'ordre suppose la j)lurarilé et la distinction. « Point d'ordre sans distinction », dit S. Thomas ; les éléments divers sont la matière de l'ordre.

2. Cette disposition assigne à chaque élément sa place spéciale suivant la nature, la dignité ou l'origine de cet élément. Et c'est en cela que consiste la forme de l'ordi'e.

3. La raison suffisante ou la règle de cette disposition, c'est la /in même en vue de laquelle elle a été coneue*

SECONDE PARTIE, PROPRIÉTÉS DE l'ÈTRE 29 i

4. Cette fin est un but commun, auquel tend, comme à son (lerider terme, l'arrangement des parties entre elles. Ainsi « l'urdonnance des diveises parties d'une armée n'est faite ([ue pour grouper la troupe entière sous la main de son chef. »

Il suffit de considérer un objet bien ordonné pour y trouver la vérification des quatre remarques qui précèdent : une bibliothèque bien organisée en est un exemple sensible.

B. — L'ordre donne lieu à deux sortes de divisions :

l»»Au point de vue de la matière, abstraction faite de l'ordre surnaturel dont l'étude appartient à la Théologie, on distingue : Tordre naturel ou physique, l'ordre logique, l'ordre moral, et l'ordre artificiel. L'ordre naturel est le produit de la nature ; l'ordre logique règle les opération;^ intellectuelles ; l'ordre moral, les actes de la volonté ; l'ordre artificiel, les œuvres d'art.

2° Au point de vue de la disposition, il y a autant d'ordres que de modes, suivant lesquels un être peut jouir de la priorité par rapport à un autre. S'il s'agit d'une priorité de temps, on a l'ordre chronologique ; de même, en variant le point de vue, on obtient l'ordre local, l'ordre final, Tordre causal, etc.

71. Cause de l'ordre : qui peut le connaître ? Thèse En lui-même, tordre procède de l'intellect, et ne peut être connu que de lui seul.

I. — V ordre ne procède que de t intellect. — Pour disposer avec ordre plusieurs objets, il faut faire une triple comparaison : comparer entre eux les divers éléments à ordonner ; comparer ces mêmes éléments avec la règle qui doit présider à leur classement ; enfin comparer cette règle elle-même, qui n'est qu'un moyen, avec le but final que l'on se propose. Mais de tels rapports ne peuvent être établis que par l'esprit. Lui seul, en effet, est capable d'apprécier les relations des choses entre elles et avec leur fin Idéale. Ainsi, par ex., dans Tordre politique, les lois et les décrets doivent tendre à la réalisation du bien social, que l'intellect du législateur peut seul déterminer.

II. — L'ordre n'est connu que par t intellect. — Les sens des animaux, et même ceux de l'homme, ne sont susceptibles d'aucune idée universelle. De là leur impuissance à percevoir les notions indiquées ci-dessus. La connaissance des rapports mutuels de plusieurs objets est donc le propre de l'intellect.

Il ne s'agit toutefois que de la notion formelle de l'ordre, cousidéré comme tel. Les animaux, en effet, peuvent acquérir, par la sensation, une connaissance toute concrète de l'ordre matériel, et même produire des effets où l'ordre ne fait point défaut. Ce dont ils sont incapables, c'est de comprendre ce (]ue c'est que l'ordre et de le réaliser avec préméditation. — Ajoutons que l'ordre universel ne saurait jamais s'expliquer par le hasard, ni par des causes inintelligentes., comme on le développera plus au long en traitant de la finalité (n. 178).

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