‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 150 sur 291 · Cousin, Jouffroy. Bitrke, P. André, ouvT.ciïif · texte numérisé non relu

Cousin, Jouffroy. Bitrke, P. André, ouvT.ciïif

Certains l'affirment, et admettent Texistence d'un sens spécial, qui seul sei-ait capable d'atteindre le beau. Plusieurs de ces auteurs vont même jusqu'à compter « l'enthousiasme » au nombre des facultés esthétiques. Mais la majorité des philosophes se prononce avec raison pour la négative, car une faculté spéciale serait inutile et contradictoire.

1. Elle serait inutile. — Les éléments de la beauté sont de l'ordre sensible ou de l'ordre intellectuel : dans le premier cas, ils sont à la portée des sens, par ex., la variété, les couleurs et les images des objets matériels ; dans le second, ils sont saisis par l'intellect : tel est, entre autres, le concept idéal ou la conformité de la forme sensible avec l'idéal. Il ne reste donc rien qui puisse nécessiter l'exercice d'une faculté esthétique particulière.

2. Elle serait contradicloire. — On ne peut, en effet, rapporter à une même faculté la perception d'objets formellement différents : ou bien la faculté esthétique serait spirituelle, et dès lors incapable d'atteindre la beauté sensible ; ou bien elle serait sensible, et le pouvoir de saisir le beau suprasensible ne saurait lui être dévolu. Une faculté ne suffit donc pas ; il en faut plusieurs.

Page 1