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Farges, Vidée de Dieu, p. 313, noie

SECONDE PARTIE, PROPRIKTÉS DE l'AtRE 307

iK' iiii^iiu' d'une progrossion géométriqiio indéfiniment croissante ; — c) la limite idéale de cette progression, c'est-à-dire une quantité plus grande ([ue toute quantit('' donnée, fournit aussi un tvpe d'indéiini, auquel on a coutume de donner le n(mi à'infitii mathématique. Un tel nombre, en effet, est sans limites, mais seulement en vertu d'une abstraction vt d'une fiction de l'esprit.

3° L'infini diffère également du fini et de l'indéfini. En v(;rtu même de sa perfection et de la plénitude de son être, if n'est limité ni en acte, ni en puissance. Partant, la distinction qui le sépare des autres êtres n'est pas négative, comme celles ((ue l'on remarque entre les réalités finies, mais elle est positive et unique en son genre ; elle tient, en effet, à la plénitude même et à la nature de l'être infini, dont tous les autres êtres ne sont que des imitations et des participations imparfaites.

92. Quel est le sujet de la perfection infinie ? TnksK L'infinie perfection ne peut se trouver que dans un être absolument simple.

Pretive. — L'être infini est simple ou composé. Or cette seconde hypothèse, sous quelque forme qu'on la soutienne, ne saurait être admise. Nombre infini, multitude infinie, grandeur infinie, sont choses contradictoires. En effet :

1" Il y a répugnance à admetti-e un nombre actuellement infini. Qu'est-ce qu'un nombre, sinon une addition d'unités (|ue l'on peut augmenter indéfiniment ? Cependant ce nombre doit nécessairement demeurer pair ou impair : il n'est donc pas infini, d'où l'axiome : « le fini ajouté au fini ne peut jamais donner l'infini ». — Du reste, comme les Mathématiques le démontrent, le concept d'un nombre infini enveloppe une multitude de contradictions.

2° Il est impossible de concevoir une multitude actuellement infinie. Une telle réunion serait, en effet, simultanée ou successive. Dans le premier cas, il est clair qu'on aboutirait au nombre infini ; dans le second, il en serait de même, car Dieu pourrait rendre immortels ou faire subsister ensemble les divers êtres successivement produits.

3" Il n'est pas moins contradictoire de supposer une gran-

deur ou une masse actuellement infinie ; la masse n'est-elle pas un agrégat de parties, dont le nombre ne saurait être infini ? — En outre l'infinité ne peut appartenir à des éléments susceptibles d'augmentation et de diminution.

C'est donc à tort que des philosophes grecs, des nominalistes et Vasqucz ont soutenu In possibilité d'un nombre actuellement infini.

ARTICLE II

Concept du parfait et de /'infini.

93. Origine de ce concept. — Quatre Ihèses l'expliqueront. TiiiosE I La connaissance du ■parfait peut naître de celle de l'imparfait.

Cette thèse répond à une difficulté soulevée par les Cartésiens et les Ontologistes : l'infini n'est pas contenu dans le fini, ni le parfait dans l'imparfait ; il est donc impossible à lintellig-ence de les en tirer.

jo Preuve yènérale. — La eonnaissance du parfait j)eut naître de celle de l'imparfait, si, entre l'un et l'autre, il existe un passage susceptible d'être découvert par l'esprit humain. Or, entre le parfait et l'imparfait, il y a le même rapport qu'entre l'affirmation et la négation des mêmes attributs ; d'autre part, la raison peut découvrir ce rapport et transposer en notion positive une notion négative. Si donc il est vrai que l'imparfait ne contient point le parfait, pas plus que le négatif ne contient le positif, il n'est pas moins certain qu'un lien de dépendance les unit, et que l'intelligence a, pour ce motif, la possibilité de s'élever de l'un à l'autre.

20 Preuve pour chaque espèce de perfection. — Le monde sensible contient manifestement des propriétés qui permettent de concevoir divers ordres de perfection. — 1° Il y a des êtres dérivés : ainsi les enfants naissent de leurs parents ; niez cette imperfection, vous arrivez à la notion ^aséilé. — 2° Il y a des êtres dont la non-existence est possible et qui sont contingents : or la négation de la contingence n'est autre chose que la nécessité. — .3° Les êtres matériels sont composés ; la simplicité c'est l'absence de toute composition. — i*' La nature physique est sujette à de nombreux changements : supposer le contraire, c'est concevoir Y immutabilité. — On pourrait mul-

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