La Dialectique ou Logique mineure et formelle
I. Le mot diali'A-tique [^ic/:liyûULy.t, discuter, disputer) désio-iie l'art de la discussion que les anciens pratiquaient de préférence, dans des entretiens, par demandes (^t réponses. Ainsi Socrate procédait surtout par définitions, Platon par divisions, Arist(->te par la discussion des probabilités pour et contre, les Stoïciens par la démonstration directe de la thèse soutenue.
Quant à la Dialectique même, l'usage a prévalu de faire signifier à ce mot /a scietice du raisonnement ou l'art de discuter et de démontrer. La Logique d'Aristote rentre seule et tout entière dans cette définition.
II. Prise en ce sens, la Dialectique fut appelée par les anciens logique mineure. La Logique mineure d'alors, comme la Dialectique d'aujourd'hui, était cette partie de la Logique qui traite des règles les plus simples pour guider notre raison dans la recherche de la vérité. Telles sont les règles des termes, du syllogisme, du jugement et du raisonnement.
III. La Dialectique a encore été nommée par les modernes logique formelle, subjective, pure. Formelle, parce qu'elle expose les formes vraies de la pensée ; pure et subjective, parce qu'elle expose les règles générales, communes à tout sujet pensant, et non pas la manière spéciale de connaître tel ou tel objet.
Nous allons donc étudier les opérations de l'esprit, soit dans leurs actes les plus élémentaires ; soit dans les signes élémentaires qui les expriment ; soit enfin dans les manifestations complètes du savoir humain. Le premier livre de la Dialectique traitera donc des trois opérations de t esprit; le second, des trois signes de ces opérations ; le dernier, des trois manifestations du savoir.