‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 160 sur 291 · Opinions principales. — Il y en a six · texte numérisé non relu

Opinions principales. — Il y en a six

1» Certains philosophes font consister l'individuation de la substance dans la collection de ses accidents. — Mais, les acridents, au contraire, supposent déjà l'individuation ; ils ne sauraient donc en être le principe, car « ils .sont eux-mêmes individualisés par le fait même de leur liaison à tels ou tels sujets particuliers ». Autrement dit, ce sont des notes individuantes, mais rien de plus.

2" Pour d'autres, l'individuafion tient au fait même de l'existence (Leibnitz, Fénelon, Rosmini). — Cependant le caractère essentiellement commun de l'existence ne s'oppose-t-il pas à ce qu'elle puisse être un principe de distinction entre telle ou telle existence ?

3° Une troisième catégorie d'auteurs fait dériver l'individuation de la forme (Zarabella). — Mais ils oublient que la forme, donnant aux objets un caractère spécifique, ne peut leur donner aussi l'individuation.

4" Scot, pour résoudre le problème, proposa Vheccéilé, c'est-à-dire une certaine entité, en vertu de laquelle l'être est ce/w?'-C! plutôt que ce/îtj-/à. — Mais une telle entité, qui chez Pierre, par ex., serait /a Pélréité, n'a jamais pu être définie. Aussi demeure-t-elle inintelligible.

5" Les modernes défenseurs de l'école Suarézienne font du principe d'individuation quelque chose qu'on doit trouver dans tous les objets individuels, qu'ils soient de nature substantielle (corps, âmes, anges, Dieu) ou de nature accidentelle (accidents relatifs et absolus), ou enfin j)urenient possible. Or, dans tous ces êtres considérés comme individuels, on ne peut rien trouver de semblable, si ce n'est l'être lui-même en tant qu'il est doué d'unité transcendentale. Que si tout être est un, c'est-à-dire indivis en lui-même, il doit conséquemment être distinct de tout autre. Tout être reçoit donc de lui-même son individuation, par le fait qu'il est un (n. .'îO). L'unité est donc inséparable de l'être ; et l'individuation découle nécessairement de son unité.

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