TROISIÈME PARTIE, LES CATÉGORIES DE l"ÊTRE
elle-iiiùmu dépend de la ijersonue. Or ce serait impossible si la personne ne dilTcrait de la nature d'une distinction réelle au moins modale.
3. La nature, si on la prend au sens général, est chose indéterminée et susceptible de convenir à plusieurs objets: par ex., l'humanité; la personne, au contraire, est un être déterminé et complet.
4. Prise au »ens particulier, une nature est encore perfectible, car elle est assimilable par une substance d'unlre supérieur, sans pour cela cesser il'e.Kister : par e.\., Ihumanilé de N.-S. ; la personne au contraire est seulement individuelle, mais incommunicable.
Donc, personne et nature ont des caractères opposés qui les distinguent d'une manière réelle et objective.
Cette thèse s'éclaire surtout à la lumière de la théologie : soit par le mystère de l'Incarnation, où ncms voyons « la personne divine priver la nature humaine de sa pmpre personnalité » ; soit par le mystère de la S. Trinitf', ([iii nous présente comme réellement distinctes entre elles trois subsistances ou iicrsoniies divines en une seule et même naliire.
112. La subsistance n'est qu'un mode substantiel, non un accident. — Ceux qui admettent une distinction réelle entre la personne et la nature, discutent sur la nature de cette distinction : est-elle simplement modale ou est-ce une distinction plus importante ? — Plusieurs soutiennent que la personne et sa nature diffèrent entre elles comme l'accident et la substance. Nous sommes d'un avis contraire.
T. La subsistance it est qu'un mode substantiel. Il y a, en eiïel, trois sortes de distinctions réelles : la distinction substantielle, accidentelle et modale. Or, la subsistance ne diffère de la nature, ni comme une substance d'une autre substance, ni comme un accident d'avec une substance. D'une part, la subsistance ne surajoute à la nature aucune substance nouvelle ; d'autre part, elle est plus intimement unie à la substance que ne saurait l'être un accident surajouté. Il faut donc voir en elle un mode même de la substance, c.-à-d., une perfection qui lui est intrinsèque.
« Par où l'on voit que la nature se distingue de la subsistance, non en ce que la nature est une chose et la subsistance une autre ; mais elles se distinguent comme le mode se distingue de la chose nmdifiée i. »
II. Que si la subsistance n'est pas un accident, c'est à tort que certains philosophes font consister la personnalité dans une opération purement accidentelle^