Sanseverino, OnloL, n
[° On ne saurait donc identifier la personne avec la conscience de soi, comme l'ont l'ait Zuci-ige et plusieurs modernes, surtout parmi les Allemands. En effet, la conscience est un acte ou un état de la personne ; elle suppose donc cette dernière. — L'enfant est inconscient, de même que l'homme endormi ; ce qui ne les empêche pas d'être des personnes. — D'autre part, la théologie n'admet qu'une personne dans le Christ, un seul conscient, un seul Moi, quoiqu'il eut deux natures, deux intelligences, deux consciences. — Il faut reconnaître cependant que c'est la conscience qui perçoit l'existence et l'unité de la personne ou du Moi.
2° Il ne faut pas davantage identifier la personnalité avec /a liberté ou la volonté, comme l'a fait Maine de Biran : « Le moi, dit-il, est ce qui veut et ce qui agit. » — Fabre écrit de même : « La personne est fille de la volonté *. » — Cousin exprime le même avis, lorsqu'il dit : « La volonté est l'être de la personne.... on ne peut trouver l'élément de la personnalité, ailleurs que dans la volonté 2. »
.3** On trouve encore sur la personnalité d'autres erreurs qui reflètent le système philosophique de leurs auteurs : ainsi Descartes la définit : « le sujet pensant ». — Condillac la place dans le « sujet qui sent » . — Locke n'est pas plus heureux lorsqu'il écrit : « Le moi est la mémoire du passé ; c'est aussi en cela seul que consiste l'identité personnelle ^ »