TROISIÈME PARTIE, LES CATÉGORIE DE l'ÈTRE
d" « laihilude » {V^ espèce) ; — ou bien elle donne à la substance le simple pouvoir d'agir, et elle se nomme alors « puissance active » (2*^ espèce). — Dans la seconde hypothèse, elle affecte le sujet lui-même par une altératicju sensible ; elle se désigne alors sous l'appellation de « rjua/ité de passivité » (3'' espèce) ; — ou h\en elle range seulement dans un ftrdre déterminé les éléments étendus, ce qui lui fait prendre le titre de « figure »(4® espèce).
l.a première espèce de qualité est celte qui prédispose la substance il at/ir d'une manière convenable ou défectueuse. C'est une liabitude ou une disposition, suivant que la qualité est d'une acquisition difflcile ou facile ; ainsi, la vertu et la science sont des habitudes ; les dons naturels sont plutôt des dispositions. L'habitude et la disposition difTèient entre elles « comme le parrait et l'imparfait », ou comme les diverses espèces d'un même g-enre, car tantôt simple la disposition se transforme en habitude, comme l'enfant devient un homme, tantôt elle est incapable de subir ce changement.
La seconde espèce de qualité est celle qui donne à la substance la simple puissance d'agir. Telles, la volonté, l'intelligence, la sensibilité et les autres puissances ou facultés des êtres.
La troisième espèce de qualité se définit brièvement : « l'altération d'un corps sensible ». On en trouve des exemples dans la chaleur, le froid, la couleur. On l'appelle : — a) une altération, pour la distinguer de la passion qui la produit : ainsi la crainte produit la pâleur ; — b) c'est une altération sensible ; elle n'affecte que les corps, car les substances spirituelles, étant des formes incorruptibles, ne sont aucunement capables de modifications purement passives.
Enfin la quatrième espèce de qualités, exclusivement propre aux olijets mali-riels, n'est autre chose « qu'une disposition ou une délimitation des parties de la quantité». Dans les objets qui ont reçu leur disposition de la nature, elle prend le nom de figure, telle la flgrure de rhomme. Mais dans les objets confectionnés par l'industrie humaine, elle est plus souvent désignée sous le nom de forme, comme on dit : la forme d'une maison.
^ III. — La Relation.
128. Nature de la relation. — k. — .\u sens étymologique, le mot relatif s'applique aux objets qui ne peuvent ni exister ni être pensés, sans qu'en même temps un autre objet existe ou soit pensé ; par exemple, le père et le fils. Au relatif s'oppose l'absolu qui existe et est pensé sans aucun autre objet: par exemple, la pierre, l'arbre, l'homme. B. — En soi, la relation est un acclrlenfrêel en vertu duquel
une subslance se trouve en rapport avec une autre. Telles sont la paternité et la filiation.
1° C'est un accident, c'est-à-dire un élément ajouté à la substance. Sa suppression fait cesser la relation, mais ne supprime pas le sujet lui-même. Voilà comment cet accident se distingue des trois relations transcendanta/es : l'unité, la vérité ot la bonté, et aussi des relations essentielles, par ex., celle de tout objet avec sa fin : relations qu'on ne peut faire disparaître sans supprimer le sujet lui-même.
2° Il faut aussi remarquer que la relation dont nous parlons est un accident réel, ce qui empêche de la confondre avec la relation logique, établie par la seule raison, soit entre des concepts, soit entre des objets qui n'offrent aucun fondement à un tel rapport, par ex., entre l'olivier et la paix.
3" La relation désigne cette manière d'être, par laquelle une substance se trouve en rapport avec une autre. Elle diffère donc de la quantité et de la qualité, en ce que, au lieu de perfectionner la substance dans son être propre, elle la rapporte à une autre réalité distincte d'elle-même.
G. — La relation réelle implique un ^/7/j/e t'/e^men^ : sujet, terme et fondement. Par sujet on entend la chose qui est rapportée à une autre chose. Cet objet auquel est rapporté le sujet, est le terme. Quant au fondement, il n'est autre que le principe même de la relation. Sujet et terme constituent ce que l'on appelle les extrêmes de la relation.
Les extrêmes doivent ne pas s'identifier ; leur distinction est donc une condition de la relation. Sans elle, la relation est non seulement impossible , mais encore inintelligible. La similitude nécessite, par ex., la présence de deux objets blancs, dont l'un est sujet, l'autre terme ; ainsi la ressemblance delà blancheur de Socrate avec celle de Platon a pour fondement la blancheur de Socrate et pour terme celle de Platon.
129. Espèces de relations réelles. — A. — Au point de vue de leur fondement, on distinguo : a) les relations de dépendance, c'est le cas de l'effet et de la cause, du mesuré et de sa mesure. Ainsi l'enfant dépend de son père, le serviteur de son maître ; b) les relations de ressemblance, soit en quantité (égalité), soit en qualité.
B. — Au point de vue du sujet où elle réside, la dépendance