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Farges, Théorie fond., cli. vi, ix, x, xi

Bon gré, mal gré, il faut donc admettre ces faits évidents, a.vant de chercher à les expliquer. Et la difficulté qu'on éprouve à en rendre compte ne saurait justifier les négations de ceux qui se refusent à les reconnaître. II. — Au reste, l'action transitive n'a rien en soi de contradictoire.

A. — Explication. Outre les accidents absolus et incommunicables, tels que la quantité, il est un accident relatif, qui, sans passer d'un objet à l'autre, est commun à ces deux objets à la fois, parce qu'il résulte du concours simultané des deux. Telle est l'action qui, donnée d'un côté, reçue de l'autre, devient ainsi le produit commun de l'agent et du patient. — En d'autres termes, on conçoit sans difficulté que l'agent et le patient puissent par contact s'unir dans une même action : en sorte que deux corps, impuissants à se compénélrer matériellement, se trouvent pénétrés et informés par une même force ou une même action. Si une même âme peut animer plusieurs membres, pourquoi une force unique ne pourrait-elle pas informer plusieurs molécules ?

B. — Solution des objections. L'action transitive, de l'aveu même de Leibnitz, ne répugnerait que dans la mesure où elle impliquerait une action à distance ou l'émigration d'une qualité de l'agent dans le patient. Or notre théorie n'implique ni l'une ni l'autre. — 1. Elle ne suppose aucune action a. distance, puisque l'agent et le patient doivent être unis par contact, de façon à ne constituer qu'un seul tout formel. — 2. Elle n'impli([ue pas davantage une émigration d'accidents, car, nous l'avons fait observer avec soin, l'action n'émigre pas puisqu'elle est commune à l'agent et au patient : elle est simultanée et n'a aucune priorité de temps sur la passion, mais seulement une priorité logique ou d'origine ; — et d'autre part, l'effet produit dans le patient n'est pas une entité détachée de l'agent, mais un élément nouveau tiré de la puissance du patient par l'action de l'agent, S. Thomas l'avait bien remarqué : « Dire qu'un corps échauffe, ce n'est pas prétendre que la chaleur incluse dans ce corps se transporte dans la substance échauffée ; c'est dire que, par l'effet de la chaleur du premier élément, le calorique du second passe de la puissance à l'acte. » L'action transitive ne suppose donc aucune émigration de qualités de l'agent dans le patient. Elle consiste seulement dans la génération de qualités nouvelles dans le patient, en vertu d'une action commune aux deux principes actif et passif.

G. — Les conséquences absurdes delà doctrine opposée fournissent à la nôtre une confirmation. Nier l'action transitive et la communication des substances, c'est : — a) rendre illusoire la causalité ou l'action mutuelle des créatures, qui ne s'explique plus alors sans un « Deus ex machina » ; — 6) supprimer la possibilité de toute science objective, les actions des objets ne pourront plus agir sur nos sens ; — c) et rendre

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iinpossil)Ie la révélation ellc-in(>ine. C'est bien la triple erreur que uuus trouvons à la base du subjectivisme contemporain, et elle a sa source dans la né{,'alion de l'action transitive.

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