‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 18 sur 291 · Définition de la simple appréhension. — A. — Le mot · texte numérisé non relu

Définition de la simple appréhension. — A. — Le mot

latin « appreliendere » aie même sens que prendre, percevoir, prendre au dedans, tenir pi'ès de soi une' chose. C'est cette action qu'aujourd'hui on nomme également intuition, perception intellectuelle, et qu'on oppose à la perception sensible, parce

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que le sens ne perçoit qiH> lo singulier, tandis que rintclligence seule perçoit l'universel.

R. — L'appréhension elle-même m définit: L'acte de l'intellifjence percevant l'essence idéale d'une chose en soi.

\° C'est un acte de l' intellect : elle en est le concept interne, le verbe, le terme mental.

2° C'est la connaissance de l'essence idéale d'une chose. C'est, en effet, le propre de l'intelligence de saisir les notions universelles, les essences des choses, p. ex.^ l'essence d'un triangle.

3° C'est la connaissance A' une chose en soi; c'est-à-dire qu'en concevant une essence, nous n'en affirmons ni ne nions rien, pas même qu'elle soit réalisée ici ou là ; ainsi je puis avoir le concept d'homme, c'est-à-dire d'animal raisonnable, sans affirmer ni nier qu'il soit savant ou ignorant ou même qu'il existe réellement.

C'est pour deux raisons qu'on appelle simple [l'appréhension. — 1. A cause de la manière dont l'intelligence perçoit son objet, sans y ajouter ni affirmation ni négation. Elle diffère donc du jugement oîi une chose est affirmée d'une autre ; c'est pourquoi le jugement est appelé notion, complexe. — 2. Relativement à la science dont elle est le plus simple et le premier élément. Il n'y a pas encore vérité, ni erreur, comme dans le jugement ou le raisonnement (n. 177).

22. L'appréhension simple ne diffère pas réellement de l'idée. — (>'est une conséquence : L'idée (îISo;, imaye) se définit : La ressemblance d'un objet reproduite dans l'intellect.

1" C'est une ressemblance, et non pas l'objet même de la connaissance, mais une simple image (en grec l'Séa, en latin forma) de cet objet réel ou idéal. On entend donc par idée la forme des objets, abstraction faite des objets eux-mêmes.

2" C'est la ressemblance d'un objet, ou de quelque chose de cet objet. On distingue, en effet, l'objet matériel et l'objet formel : l'objet matériel, c'est l'objet concret avec toutes ses notes ; ex. : Socrate ; l'objet formel, c'est le point de vue qui en réalité est considéré ; ex. : la sagesse de Socrate.

3" Cette ressemblance est reproduite dans l'intellect, c'est-àdire dans la parties pirituelle de l'âme, dans l'entendement. L'idée n'est donc pas ce fantôme, cette représentation sensible

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que produisent dans rimaginatlon ou les sens les objets matériels.

D'où il suit qu'il n'y a entre l'idée et l'acte même d'appréhension qu'une distinction de raison ; l'intellect, en efTet, ne saisit son objet qu'en l'exprimant en lui-même par un acte vital, qui est une idée essentiellement représentative.

23. Modes de l'appréhension simple. — Il y a diverses conditions préalables de l'appréhension, et diverses opérations qui lui sont concomitantes : les principales sont Vattenlion, la réflexion, V abstraction, Vnnalyse et la synihèsp.

1 . — Uattention eut une opération de l'ettjirit (jiii concentre sa force sur an objet, pour le considérer à l'exclusion de tout le reste. Il y a plusieurs modes d'attention : l'atlenfiori se retrouve, en effet, dans la réflexion, dans l'abstraction, etc.

2. — La réflexion est un retour de l'esprit sur ses propres actions . C'est une attention qui ne considère plus les choses elles-mêmes, mais la connaissance (ju'on en a. On distingué la réllexion logique : l'esprit, gré'ice à la réllexion, accorde à ses propres idées diverses propriétés logiques (g-enre, espéfce, prédicat) ; — la réflexion psychologique : les idées y sont considérées en tant que modiflcations du sujet pensant ; — la réflexion ontologique : celle-ci s'a])plique aux objets représentés par les idées, etc.

H. — L'abstraction est un acte de l'esprit qui, entre plusieurs parties ou points de vue de l'objet, considère et saisit l'un indépendamment de l'autre : jiar exemple, le sujet sans ses propriétés ou telle propriété sans son sujet. Le mot abstrahere a le même sens que le mot prœscindere, c'està-dire séparer une chose, la diviser mentalement.

4. — L'analyse est une opération par laquelle l'esprit résout en concepts simples un concept composé. L'opération opposée est la synthèse, qui en réunit plusieurs en un seul. Par l'analyse, l'idée d'homme se résout en celles d'animalité et de rationabililé ; grâce à la synthèse, l'animalité et In rationabililé s'unissent pour former l'idée d'homme. Ces données aideront à comprendre les diverses espèces d'idées.

ARTICLE II

Espèces d'idées.

Les espèces d'idées sont très nombreuses. Les principales divisions se tirent de leur origine, de leur perfeclion, de leur compréhension et de leur extension ; enfin de leurs relations mutuelles.

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