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La causalité des créatures est-elle contradictoire

Thèse

Ce qui répugnerait chez les créatures, ce n'est point la

causalité, mais bien plutôt T absence de causalité.

I. La causalité des créatures n'offre rien qui répugne. — Pour qu'il en fût autrement, il faudrait que par causalité on désignât une puissance créatrice ou infinie : or l'activité des créatures : 1° n'est pas créatrice, car elle se borne à déterminer des passages de la puissance à l'acte, sans jamais i-ien tirer du néant ; 2° elle n'est point infinie, car de tous côtés elle se montre bornée. Ses limites lui viennent, et du sujet auquel elle appartient, car la capacité de toute créature est mesurée ; — et de l'aptitude de la matière sur laquelle elle s'exerce, car celle-ci n'est pas infinie ; — et de son exercice, car il est impossible sans le concours divin ; — et de son èti^e enfin dont l'existence et la conservation ont Dieu pour principe. La causalité des créatures ne répugne donc en aucune manière.

II. Cest bien plutôt l'absence de causalité chez les créatures qui serait une anomalie. — On ne comprendrait ni une copie qui ne reproduirait rien de son modèle ; — ni un être sans une fin ou sans aptitude à la réaliser ; — ni une nature en qui l'on ne découvrirait le principe d'aucune action et d'aucune passion. Mais toute créature est une image de sa cause première, c'està-dire de l'activité toute puissante ; — chacune est créée en vue d'une fin, surtout si cette créature est douée de liberté et capable de mérites ; — chacune enfin constitue une nature. Il n'y a donc pas de créature qui ne soit comme un reflet de la causalité de Dieu ; il n'y en a pas qui soit sans aptitude à atteindre sa fin, ou incapable d'action et de passion.

Telle est aussi la pensée de S. Thomas : « supprimer la causalité mutuelle des créatures, ce serait accuser le créateur dimpuissance, car c'est une preuve de puissance dans l'agent de pouvoir communiquer ;ï son effet la faculté d'agir. » « Ce n'est donc pas par défaut de puis-

d. Maleliranclie. De la recherche de la vérité, L. V, p. II, <-. III.

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